I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (Sala competent), aute n° 25/2020, 5 février 2020 (ROJ ATSJAD 40/2020 ; ECLI:AD:TSJADAD:2020:40A)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (Sala competent), aute n° 25/2020, 5 février 2020, recours A133/19, ROJ ATSJAD 40/2020, ECLI:AD:TSJADAD:2020:40A (Lire sur source officielle)
Note : la référence canonique fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, elle a été complétée à partir des mentions figurant dans le texte intégral de la décision.
Faits et procédure
Dans le cadre d'une procédure « urgente i preferent » (n° 0000039/18, causa Urgent i Preferent 41.1 CA 0000039/18), M. Serra a saisi la justice andorrane afin d'obtenir le retrait du dossier des interceptions de ses communications téléphoniques. Ces interceptions avaient été ordonnées dans le cadre d'une commission rogatoire internationale sollicitée par le Juzgado Central de Instrucción n° 6 de l'Audiencia Nacional d'Espagne, puis versées à la cause du Tribunal de Corts n° 6000173/16.
Le Tribunal constitutionnel, saisi par M. Serra, a estimé que l'incorporation du résultat de ces interceptions à une procédure distincte de celle qui les avait ordonnées portait atteinte au secret des communications et à l'intimité. Il a ordonné le retrait, de la procédure menée en Andorre, des interceptions téléphoniques en cause.
En exécution de cette décision, le Batlle a réclamé aux parties les copies des enregistrements et de leurs transcriptions. MM. Badía, Peña et Morales, représentés par un avocat, ont formé un incident de nullité contre trois résolutions : la providence du 26 juillet 2018 et les autos des 16 et 19 septembre 2019. Ils invoquaient la violation de leur droit à une décision motivée, de leurs droits de la défense et de leur droit à un procès équitable, au motif qu'ils n'avaient pas été considérés comme parties à la procédure tout en étant tenus de restituer les copies.
Par aute du 15 octobre 2019, le Batlle n'a pas admis l'incident. Il a retenu, d'une part, que les requérants ne pouvaient être parties défenderesses à la procédure urgente et préférente, la violation alléguée ne pouvant résulter que de décisions ou d'omissions judiciaires ; d'autre part, que les arrêts du Tribunal constitutionnel produisent des effets erga omnes et peuvent donc affecter des tiers non parties.
Les intéressés ont interjeté appel devant la Sala competent du Tribunal Superior de Justícia, qui statue ici sur la recevabilité de ce recours. Le texte ne précise pas la qualité exacte des appelants dans la procédure pénale d'origine (non précisé dans la décision).
Question de droit
La question posée à la Sala était double.
En premier lieu, il s'agissait de savoir si l'appel formé contre l'aute d'irrecevabilité d'un incident de nullité pouvait être écarté au stade de la recevabilité. L'article 18 quater, paragraphe 4, de la Llei transitòria de procediments judicials, cité dans la décision, permet à la juridiction d'appel de ne pas admettre le recours lorsqu'elle considère, de manière motivée, qu'il n
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala competent del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del magistrat Sr. Castrillo, i les magistrades Sra. Marie Conte i la Sra. Fátima Ramírez Souto, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 05 de febrer del 2020 - ROJ: ATSJAD 40/2020 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.-RESULTANT: Que per Aute de data 15 d'octubre del 2019 el Batlle va decidir: "no admetre les peticions contingudes en l'escrit presentat pel lletrat Sr. Catalá, advocat exercint la defensa dels Srs. Badía, Peña i Morales, en data 8 d'octubre proppassat, i això sense fer especial imposició en quant a costes processals", contra la providència de 26 de juliol del 2018, l'aute de 16 de setembre del 2019 i l'aute de 19 de setembre del 2019 per considerar que aquestes resolucions han vulnerat el seu dret a obtenir una resolució motivada, el dret a la defensa i al procés degut.… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem.- »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 05 février 2020 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
Rotlle núm. TSJP 0000133/2019
Causa: Urgent i Preferent 41.1 CA 0000039/18
AUTE 25-2020
Magistrades: Sra. Marie Conte (Ponent)
Sra. Fátima Ramírez Souto
Andorra la Vella, a cinc de febrer del dos mil vint.
Reunida la Sala competent del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del magistrat Sr. Castrillo, i les magistrades Sra. Marie Conte i la Sra. Fátima Ramírez Souto, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.-RESULTANT: Que per Aute de data 15 d'octubre del 2019 el Batlle va decidir: "no admetre les peticions contingudes en l'escrit presentat pel lletrat Sr. Catalá, advocat exercint la defensa dels Srs. Badía, Peña i Morales, en data 8 d'octubre proppassat, i això sense fer especial imposició en quant a costes processals", contra la providència de 26 de juliol del 2018, l'aute de 16 de setembre del 2019 i l'aute de 19 de setembre del 2019 per considerar que aquestes resolucions han vulnerat el seu dret a obtenir una resolució motivada, el dret a la defensa i al procés degut.
Considerava la part apel·lant que aquestes vulneracions s'havien produït des del moment en què no se la va considerar part en el procediment en el què estava demandada i tampoc se la considera part en un procediment en què s'està procedint a l'execució, sense que se l'hagi donat còpia de les resolucions que l'afecten, però sí se l'ha requerit per a que aporti "les còpies corresponents a aquells folis indicats a les diligències esteses en la mencionada causa" tot en relació a la causa del Tribunal de Corts-6000173/16 i de les intervencions telefòniques del Sr. Serra.