ATSJAD ANDORRA, a 27 de febrer del 2020 - ROJ: ATSJAD 77/2020
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JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé27 février 2020
NuméroA252/19
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, aute du 27 février 2020 (ROJ : ATSJAD 77/2020)
> Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, aute n° 038-2020 du 27 février 2020, recours A252/19 (ROJ : ATSJAD 77/2020 ; ECLI:AD:TSJADAD:2020:77A) ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
*Référence canonique fournie : « Juridiction andorrane, — ». La référence complète ci-dessus est reconstituée à partir des mentions figurant dans le texte de la décision.*
## Faits et procédure
Par un aute du 3 septembre 2015 (TSJC-142/2015), la Sala Civil a étendu à M. Pulido la déclaration de faillite de la société E. SL. Par un aute du 26 juin 2019, le batlle chargé de la procédure concursale a ordonné une retenue sur salaire de 432,90 EUR sur les rémunérations mensuelles que M. Pulido perçoit, à compter du mois de juillet 2019 et jusqu'à nouvel ordre.
M. Pulido a interjeté appel et sollicité la révocation de cette mesure. Il invoquait deux moyens de droit et un moyen tiré de sa situation personnelle :
- le caractère inadéquat de la procédure de faillite, dès lors qu'il n'est pas commerçant mais salarié, et que les actifs de la société ont déjà été liquidés ;
- la mauvaise application de la loi n° 44/2014 sur la saisie (*Llei de l'embargament*), dont le champ d'application viserait les seules procédures d'exécution singulières et les mesures conservatoires ;
- la prise en compte insuffisante de sa situation familiale, son épouse nécessitant des soins médicaux coûteux, ce qui rendrait la saisie contraire à l'article 6 de la loi relatif à l'insaisissabilité des biens nécessaires à la subsistance digne du débiteur et de sa famille.
La décision ne précise pas les montants des frais médicaux ni la composition détaillée des ressources du foyer.
## Question de droit
Le litige posait trois questions :
1. Une procédure de faillite étendue à une personne physique qui n'exerce plus d'activité commerciale permet-elle de fonder une retenue sur salaire ?
2. La loi n° 44/2014 s'applique-t-elle à une retenue ordonnée dans le cadre d'une procédure de cessation de paiements et de faillite ?
3. La retenue, appliquée selon les coefficients légaux, méconnaît-elle les exigences de subsistance digne du débiteur et de sa famille ?
## Solution et dispositif
**Sur le premier moyen**, la Cour rappelle que la faillite a pour finalité d'assurer la récupération des actifs du commerçant concerné, avant la liquidation et la répartition du produit entre les créanciers selon les privilèges et règles de préférence légaux. Elle relève que, bien que M. Pulido ne exerce plus d'activité commerciale et soit désormais salarié d'un tiers, il demeure soumis à une procédure de faillite en cours. Son salaire constitue dès lors un actif que l'administrateur judiciaire doit appréhender au profit de la masse des créanciers. Le moyen est rejeté.
**Sur le deuxième moyen**, la Cour examine l'article 1er de la loi n° 44/2014, dont elle cite les trois alinéas. Elle en déduit que la loi régit de manière générale et exclusive la pratique de la saisie, sous ses formes exécutoire et conservatoire, sous réserve de la spécificité de son paragraphe 3. Elle retient que la mesure litigieuse entre dans les deux premiers alinéas. D'une part, la cessation de paiements et la faillite constituent une procédure d'exécution collective, qui requiert nécessairement l'adoption de mesures conservatoires, parmi lesquelles la saisie des salaires. D'autre part, les saisies ordonnées pour préserver les actifs du failli relèvent de la surveillance du juge chargé de « vigilar i decidir sobre les operacions i la gestió » (art. 12 du décret du 4 octobre 1969). Le moyen est rejeté.
**Sur le troisième moyen**, la Cour ne conteste pas que la retenue correspond à une application stricte des coefficients de l'article 8.2
Korpus — Jurisprudence
ATSJAD ANDORRA, a 27 de febrer del 2020 - ROJ: ATSJAD 77/2020
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, aute du 27 février 2020 (ROJ : ATSJAD 77/2020)
Reproduction verbatim
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, aute n° 038-2020 du 27 février 2020, recours A252/19 (ROJ : ATSJAD 77/2020 ; ECLI:AD:TSJADAD:2020:77A) (Lire sur source officielle)
Référence canonique fournie : « Juridiction andorrane, — ». La référence complète ci-dessus est reconstituée à partir des mentions figurant dans le texte de la décision.
Faits et procédure
Par un aute du 3 septembre 2015 (TSJC-142/2015), la Sala Civil a étendu à M. Pulido la déclaration de faillite de la société E. SL. Par un aute du 26 juin 2019, le batlle chargé de la procédure concursale a ordonné une retenue sur salaire de 432,90 EUR sur les rémunérations mensuelles que M. Pulido perçoit, à compter du mois de juillet 2019 et jusqu'à nouvel ordre.
M. Pulido a interjeté appel et sollicité la révocation de cette mesure. Il invoquait deux moyens de droit et un moyen tiré de sa situation personnelle :
le caractère inadéquat de la procédure de faillite, dès lors qu'il n'est pas commerçant mais salarié, et que les actifs de la société ont déjà été liquidés ;
la mauvaise application de la loi n° 44/2014 sur la saisie (Llei de l'embargament), dont le champ d'application viserait les seules procédures d'exécution singulières et les mesures conservatoires ;
la prise en compte insuffisante de sa situation familiale, son épouse nécessitant des soins médicaux coûteux, ce qui rendrait la saisie contraire à l'article 6 de la loi relatif à l'insaisissabilité des biens nécessaires à la subsistance digne du débiteur et de sa famille.
La décision ne précise pas les montants des frais médicaux ni la composition détaillée des ressources du foyer.
Question de droit
Le litige posait trois questions :
Une procédure de faillite étendue à une personne physique qui n'exerce plus d'activité commerciale permet-elle de fonder une retenue sur salaire ?
La loi n° 44/2014 s'applique-t-elle à une retenue ordonnée dans le cadre d'une procédure de cessation de paiements et de faillite ?
La retenue, appliquée selon les coefficients légaux, méconnaît-elle les exigences de subsistance digne du débiteur et de sa famille ?
Solution et dispositif
Sur le premier moyen, la Cour rappelle que la faillite a pour finalité d'assurer la récupération des actifs du commerçant concerné, avant la liquidation et la répartition du produit entre les créanciers selon les privilèges et règles de préférence légaux. Elle relève que, bien que M. Pulido ne exerce plus d'activité commerciale et soit désormais salarié d'un tiers, il demeure soumis à une procédure de faillite en cours. Son salaire constitue dès lors un actif que l'administrateur judiciaire doit appréhender au profit de la masse des créanciers. Le moyen est rejeté.
Sur le deuxième moyen, la Cour examine l'article 1er de la loi n° 44/2014, dont elle cite les trois alinéas. Elle en déduit que la loi régit de manière générale et exclusive la pratique de la saisie, sous ses formes exécutoire et conservatoire, sous réserve de la spécificité de son paragraphe 3. Elle retient que la mesure litigieuse entre dans les deux premiers alinéas. D'une part, la cessation de paiements et la faillite constituent une procédure d'exécution collective, qui requiert nécessairement l'adoption de mesures conservatoires, parmi lesquelles la saisie des salaires. D'autre part, les saisies ordonnées pour préserver les actifs du failli relèvent de la surveillance du juge chargé de « vigilar i decidir sobre les operacions i la gestió » (art. 12 du décret du 4 octobre 1969). Le moyen est rejeté.
Sur le troisième moyen, la Cour ne conteste pas que la retenue correspond à une application stricte des coefficients de l'article 8.2
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC.- 0000252/2019 ORIGEN: 5500005/2012 - 00
NIG: 5300542120140001775
PARTS:
Apel·lant : Sr. Pulido
Procurador : Sra. Vall
Advocat : Sr. Campillo
Apel·lat : CESSACIÓ DE PAGAMENTS I FALLIDA
DE LA SOCIETAT E. SL i del Sr. Pulido
Admi. Judicial : Anaya
AUTE 038-2020
Andorra la Vella, el 27 de febrer del 2020. En nom del Poble Andorrà.-
Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions més amunt referenciades.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Jaume Tor Porta, el qual expressa el parer del Tribunal.
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° A252/19 — Décision commentée
Primer.- Per Aute d'aquesta Sala de 3-9-2015 (TSJC-142/2015) es declarava l'extensió de la declaració de fallida de la mercantil E. SL al Sr. Pulido.
Segon.- Per Aute de 26-6-2019, el Batlle ponent del procediment concursal de referència decidia:
"Únic.- Ordenar una retenció salarial per import de 432,90 EUR sobre les nòmines mensuals que hagi de percebre el Sr. Pulido a comptar del mes de juliol del 2019 i fins a nova ordre".
Tercer.- Contra l'esmentada Resolució, la representació processal del Sr. Pulido interposa recurs d'apel·lació, i mitjançant escrit de conclusions de data 19-9-2019 interessa la revocació de la decisió dictada en la instància, deixant sense efecte la retenció salarial acordada.
FONAMENTS DE DRET
Primer.- L'objecte del present recurs passa per verificar si la decisió del Batlle ponent de procedir a retenir mensualment la suma de 432,90.- EUR de la nòmina que percep el Sr. Pulido és ajustada a dret.
La representació processal del Sr. Pulido sustenta que no ho és amb fonament als següents motius de greuge.
Segon.- En primer lloc sustenta que el procediment de fallida esdevenia inadequat per adoptar una retenció salarial del seu representat atès que el mateix no era comerciant i que una volta liquidats els seus actius, no resultava oportú que es continués amb el procediment concursal. Referia que el Sr. Pulido era un simple treballador per compte aliè i que l'embargament parcial del seu salari no es justificava.
En segon lloc considera que l'òrgan judicial d'instància incorria en una indeguda aplicació de la Llei de l'embargament atès que el seu àmbit objectiu es cenyia a procediments d'execució singulars i a l'adopció de mesures cautelars ço que però no era el cas en el supòsit que s'examinava.
En darrer lloc afirma que la Resolució recorreguda tampoc efectuaria una deguda ponderació de les circumstàncies personals i familiars que envoltaven el Sr. Pulido. Considera que el manteniment de les mesures decidides suposava deixar-lo en una situació crítica que no li permetia fins i tot fer front a les despeses mèdiques derivades de la malaltia de la seva esposa, tot i recordant que en atenció a l'art. 6 de la Llei, eren inembargables els béns i drets necessaris per la subsistència digna de la persona embargada i dels familiars que en depenguin econòmicament.
Tercer.- Quant al primer motiu del recurs, recordarem que el procediment consursal, en la modalitat de la fallida té vocació a assegurar la recuperació dels actius de la persona comerciant concernida, tot i procedint posteriorment a la seva liquidació ordenada i posterior repartiment del producte obtingut entre els creditors en funció dels privilegis i regles de prelació legalment establertes. Així i malgrat en l'actualitat el Sr. Pulido no desenvolupi cap funció inherent a l'àmbit del comerç en treballar per compte d'un tercer, el mateix continua trobant-se immers en un procediment de fallida vigent, en que el salari mensual que percep, suposa un actiu que l'administrador judicial ha de rescatar, en benefici de la massa de creditors.
En conseqüència el primer motiu del recurs ha de ser rebutjat.
Quart.- Pel que es refereix al segon motiu del recurs, aquest també ha de veure's abocat a fracassar.
En efecte, l'article 1 de la Llei 44/2014 de l'embargament relatiu al seu àmbit objectiu disposa:
"1. Aquesta Llei regula la pràctica de l'embargament en el marc dels procediments d'execució forçosa de les resolucions judicials o els actes administratius, dut a terme pel saig o per les administracions públiques que tenen la capacitat de fer-ho per si mateixes.
Aquesta Llei també és aplicable als embargaments que practiquin els òrgans jurisdicctionals.
Sense perjudici del deure de col·laboració que preveu l'article 2, s'exclouen de l'àmbit d'aplicació d'aquesta Llei els embargaments que tenen com a objecte els instruments o els productes d'activitats constitutives de delicte".
S'infereix d'aquesta disposició, que la Llei té vocació a regular l'embargament en les seves diferents modalitats (executiu o preventiu) i, llevat de l'especificitat resultant del seu apartat 3er, regula amb caràcter general i exclusiu la seva pràctica, dotant al subjecte concernit per la seva pràctica, de les garanties especialment previstes (catàleg de béns inembargables, inembargabilitat del salari mínim ···).
Afegirem que la mesura d'embargament adoptada pel Batlle ponent i avui discutida, queda inclosa en els dos primers apartats de l'article indicat. En efecte, d'una banda la cessació de pagaments i fallida correspon a un procediment d'execució col·lectiu que s'inicia amb la declaració judicial de la cessació de pagaments i fallida que requereix necessàriament de l'adopció de mesures conservatòries entre les quals l'embargament de salaris. D'altra part, els embargaments que en el mateix s'adopten en arres a preservar els actius del fallit, intervenen per part del ponent de la Secció civil del Tribunal de Batlles, òrgan encarregat de "vigilar i de decidir sobre les operacions i la gestió" (art. 12 del Decret de 4-10-1969), i en conseqüència aquests també es comprenen en el seu apartat segon.
Cinquè.- Quant al darrer motiu del recurs, no es discuteix en aquesta alçada que la retenció salarial decidida pel ponent del Tribunal de Batlles suposa una aplicació estricta dels coeficients fixats per l'art. 8.2 de la Llei de l'embargament en atenció a la situació personal i familiar del recurrent. No obstant, es defensa que malgrat les previsions de la Llei i en atenció a l'estat de salut de la seva esposa que requereix de diferents tractament atesa la malaltia que presenta, l'embargament del salari no resultaria procedent.
El Sr. Pulido es troba immers en un procediment d'execució col·lectiva per raó d'uns deutes importants que ostenta front a determinats creditors, que en mèrits del dret fonamental a la tutela judicial efectiva que ostenten, han d'obtenir no tant sols un reconeixement formal dels seus crèdits respectius sinó també que l'Estat adopti els mitjans legals necessaris per a que el deutor s'alliberi de la seva obligació àdhuc per la via forçosa en un termini raonable. Amb aquesta finalitat, la Llei de l'embargament regula la pràctica de les mesures d'embargament, establint diferents mecanismes que asseguren una deguda ponderació entre la satisfacció dels interessos dels creditors i el dret de la persona immersa en una procés d'execució i persones al seu càrrec de viure amb dignitat (inembargabilitat de diferents béns -cfr. art. 6 de la Llei- i del salari mínim segons coeficients preestablerts -cfr. art. 8-). Les indicades limitacions són però les úniques admeses pel legislador andorrà i a partir del moment en què amb les mateixes s'assegura el dret del deutor de viure amb la dignitat que li ha de permetre la satisfacció dels crèdits dels seus creditors, tampoc el recurs articulat podrà prosperar.
Sisè.- La desestimació del recurs comporta que les costes ocasionades pel mateix hagin de ser imposades a la part recurrent en mèrits de la regla del venciment objectiu. Les mateixes però no comprendran ni els honoraris d'advocat ni els de procurador de la part apel·lada atesa la seva incompareixença en aquesta alçada.
Decisio
Vistos la legislació vigent i els Usos i Costums aplicables al present cas, la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, ha pres la següent
DECISIÓ
Primer.- DESESTIMAR el recurs d'apel·lació interposat per la representació processal del Sr. Pulido contra l'Aute dictat pel Tribunal Unipersonal del Batlle en data 26-6-2019, quina part dispositiva confirmem íntegrament.
Segon.- Imposem a la part recurrent les costes ocasionades en aquesta alçada, sense que les mateixes però comprenguin ni els honoraris d'advocat ni els de procurador de la part apel·lada.
Aquesta resolució és ferma i executiva.
Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem.