I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Juridiction andorrane, — (ATSJAD 90/2020)
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (ATSJAD 90/2020, 12 mai 2020, ECLI:AD:TSJADAD:2020:90A, recours A035/20) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par un aute du 3 janvier 2019, rendu dans le cadre de la procédure d'extradition n° 6000224/2018, le Tribunal de Corts a accordé l'extradition de M. Jover, réclamé par le Regne de xxx (désigné ainsi dans la décision). Les faits reprochés à l'intéressé relèvent du code pénal de cet État : vol aggravé, tentative de vol aggravé et association de malfaiteurs (articles 51, 52, 66, 80, 81, 322, 326, 461, 467, 484 à 487), infractions punies de cinq à dix ans d'emprisonnement. M. Jover ayant accepté la demande d'extradition sur le fondement de l'article 16 de la Llei qualificada d'extradició de 1996, l'aute est devenu ferme le 25 janvier 2019. Il a été ordonné que la remise soit suspendue jusqu'à l'exécution de la peine prononcée dans une procédure pénale pendante au Principat.
Le 10 mars 2020, l'intéressé a achevé la peine privative de liberté prononcée dans la cause n° 6000129/2018. Le même jour, le tribunal a ordonné sa détention provisoire au titre de la procédure d'extradition. Cette décision a été notifiée aux autorités requérantes le 17 mars 2020. Le 15 avril 2020, le Gouvernement a approuvé, sur proposition du ministre de la Justice et de l'Intérieur, la demande de l'État requérant tendant à fixer une nouvelle date de remise, en application de l'article 18.5 de la Convention européenne d'extradition.
Par un aute du 16 avril 2020, le Tribunal de Corts a prolongé de trente jours la détention provisoire de l'extradable. Le conseil de M. Jover a formé appel, soutenant que le délai de trente jours initialement fixé était expiré : selon lui, il s'était écoulé trente et un jours entre la notification de la détention au 17 mars et celle de la prolongation. Le Ministère public s'est opposé au recours. Il a fait valoir que le 16 avril constituait le dernier jour du délai imparti à l'État requérant pour réclamer la personne, de sorte que la prolongation, décidée et notifiée le jour même, était intervenue dans le délai légal. Il a également soutenu que l'article 18 ne impose la libération qu'
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Núm. de Rotlle: TSJP 00000035/2020 Núm. de Causa: Ext 6000224/2018 »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 12 de maig del 2020 - ROJ: ATSJAD 90/2020 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 16 d'abril de 2020, dictat pel Tribunal de Corts en la causa de referència, seguit pel presumpte delicte de robatori. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent el Sr. Yves Picod. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 12 mai 2020 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
Núm. de Rotlle: TSJP 00000035/2020 Núm. de Causa: Ext 6000224/2018
AUTE 65-2020
PARTS:
Apel·lant : Sr. Jover
Advocat: Sra. Farré
Apel·lat: MINISTERI FISCAL
Magistrades: Sra. Marie Conte
Sra. Fátima Ramírez Souto
Andorra la Vella, dotze de maig de dos mil vint.
En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 16 d'abril de 2020, dictat pel Tribunal de Corts en la causa de referència, seguit pel presumpte delicte de robatori. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent el Sr. Yves Picod.
ANTECEDENTS DE FET
I.-RESULTANT: que per aute de data 3 de gener del 2019, dictat en el marc del procediment d'extradició número 6000224/2018 i notificat el mateix dia a Jover, a la seva advocada Sra. Farré i al Ministeri Fiscal, s'acordà atorgar l'extradició d'Jover, sol·licitada pel Regne de xxx, en el marc de la causa seguida contra el mateix per haver comès presumptament les infraccions de robatori amb circumstàncies agreujants, temptativa de robatori amb circumstàncies agreujants i associació de malfactors tipificades als articles 51, 52, 66, 80, 81, 322, 326, 461, 467 apartats 1 i 2, 484, 485, 486 i 487 del codi penal belga, amb una pena d'entre 5 i 10 anys de presó.