I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 142/2020 : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 29 juin 2020
Décision commentée : ATSJAD 142/2020 (ECLI:AD:TSJADAD:2020:142A ; recours A381/19) (Lire sur source officielle)
Note : la référence canonique transmise (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, les identifiants ROJ et ECLI ont été repris du texte de la décision.
Faits et procédure
La société Vilar, établissement bancaire, a introduit une action en paiement contre la société Yuste devant la juridiction de première instance. Elle réclamait la somme de 11 707,39 euros, correspondant au solde débiteur du compte n° 95 de la défenderesse à la date de sa liquidation (13 mars 2019), ainsi que les intérêts et les dépens. Le solde résultait essentiellement d'un débit de 11 249,40 euros, daté du 7 juillet 2017, portant la mention « RES. AREB TR. VB », augmenté d'intérêts débiteurs successifs.
La défenderesse a soulevé deux exceptions de préjudicialité : l'une pénale, fondée sur la procédure n° 9000094/2018, l'autre administrative, fondée sur plusieurs procédures contentieuses (nos 1000060/2015, 1000024/2019, 1000038/2016 et 2000029/2016) portant sur des actes de l'Autorité réglementaire et de supervision financière (AREB). Ces procédures avaient été initiées, selon le texte, par les frères Ricart, actionnaires majoritaires de Yuste, et visaient notamment les membres du conseil d'administration de l'établissement bancaire.
Par un aute du 18 octobre 2019, le juge de première instance a rejeté les deux exceptions et ordonné la poursuite de la procédure. Yuste a interjeté appel. Vilar a conclu au rejet du recours. Les parties ont renoncé à la vista orale.
La Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia a rendu la décision commentée le 29 juin 2020, sous la présidence de M. Nuñez, les magistrats rapporteurs étant MM. Jaume Tor Porta et Carles Cruz Moratones.
Question de droit
La question posée était de savoir si l'action en paiement d'un solde débiteur de compte bancaire devait être suspendue, au titre de la préjudicialité, dans l'attente de l'issue de procédures pénales et de contentieux administratifs portant sur les opérations de cession de l'établissement bancaire et sur des décisions de l'AREB.
L'appelante soutenait, en premier lieu, que l'objet du litige ne relevait pas d'un manquement contractuel. Selon elle, le débit litigieux résultait d'une décision de l'AREB contestée devant le juge administratif, de sorte que la décision administrative préalable était indispensable à la solution du litige. Elle faisait valoir, en second lieu, que l'action pénale, engagée par ses actionnaires majoritaires, portait sur la légalité des opérations de cession de la banque et des actes postérieurs, dont les débits imputés aux sociétés de la famille Ricart.
La juridiction devait donc trancher un point de procédure : la solution du litige civil dépendait-elle nécessairement
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Andorra la Vella, el 29 de juny del 2020. En nom del Poble Andorrà.- »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 29 de juny del 2020 - ROJ: ATSJAD 142/2020 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions més amunt referenciades. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem.- »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 29 juin 2020 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC.- 0000381/2019 ORIGEN: 2000274/2019 - 00
NIG: 5300542120190001763
PARTS:
Apel·lant : Yuste
Procurador : Sra. Sandoval
Advocat : Sra. Ayuso
Apel·lat : Vilar
Procurador : Sra. Ayuso
Advocat : Sra. Pina
AUTE 071-2020
Andorra la Vella, el 29 de juny del 2020. En nom del Poble Andorrà.-
Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions més amunt referenciades.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Jaume Tor Porta, el qual expressa el parer del Tribunal.