I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 154/2020 : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 15 juillet 2020
Décision commentée : ATSJAD 154/2020 (ECLI:AD:TSJADAD:2020:154A) (Lire sur source officielle)
Note de référence : la référence canonique fournie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence retenue est celle figurant dans l'en-tête du texte (ROJ ATSJAD 154/2020, recours n° A0113/19, numéro de cause 2080279/2018). Il s'agit d'un aute (ordonnance) rendu par la Sala Penal du Tribunal Superior de Justícia, dont le texte est rédigé en catalan.
Faits et procédure
Une ordonnance pénale du 4 décembre 2018 a condamné M. Coll, pour un délit majeur de lésions dolosives commises avec des objets susceptibles de causer des lésions plus graves, et pour un délit mineur de conduite d'un véhicule automobile avec un taux d'alcoolémie supérieur à 0,8 gramme par litre de sang. La peine prononcée était de sept mois d'emprisonnement conditionnel qualifié, assortis d'une obligation de suivi thérapeutique (évaluation auprès de l'Unité de conduites addictives, traitement de désintoxication éventuel), d'un délai d'épreuve de deux ans et d'une privation du permis de conduire de quinze mois. Cette décision est devenue ferme le jour même, faute d'opposition des parties.
Au stade de l'exécution, le Ministère public a demandé la révocation de la suspension. Par aute du 4 juillet 2019, rendu par le juge instructeur (Batlle) à la suite de cette demande, la peine a été partiellement révoquée et son exécution fixée à deux mois d'emprisonnement sous le régime de la semi-liberté. Le juge a en outre refusé de révoquer l'autorisation de conduire pendant les horaires de travail, accordée antérieurement.
Le Ministère public et le condamné ont interjeté appel. Par aute du 24 janvier 2020, la Sala Penal a rejeté les deux recours. Le conseil de M. Coll a alors formé un incident de nullité d'actuations, fondé sur la violation du droit à la juridiction, dans son volet du droit à une décision motivée en droit, du droit à un procès équitable et du droit à la défense. Selon lui, la juridiction n'aurait pas répondu à sa demande tendant à exécuter la peine en semi-liberté avec retour au domicile, et non au centre pénitentiaire. Le Ministère public s'est opposé à l'incident, estimant qu'aucune atteinte aux droits fondamentaux n'était établie.
Question de droit
La question posée à la Sala Penal était double. Il s'agissait, d'une part, de savoir si le rejet de l'appel par l'aute du 24 janvier 2020 était entaché d'une omission de statuer, en ce que la juridiction n'aurait pas répondu à la demande d'exécution de la semi-liberté au domicile. Il s'agissait, d'autre part, de déterminer si cette omission, à la supposer établie, constituait une violation des droits fondamentaux justifiant la nullité des actes.
Le texte ne précise pas les dispositions légales ou conventionnelles précises invoquées au soutien de l'incident (articles de la Constitution andorrane, de la loi de procédure pénale ou de la Convention européenne des droits de l'homme). Il ne permet donc pas d'identifier avec certitude
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En l'incident de nul·litat d'actuacions interposat per la representació lletrada del Sr. Coll contra l'aute número 17-2020 de data 24 de gener de 2020, dictat per la Sala Penal del Tribunal Superior de Justícia, és ponent el magistrat Sr. Yves Picod, el qual expressa el parer del Tribunal. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 15 de juliol del 2020 - ROJ: ATSJAD 154/2020 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- RESULTANT: que en data 4-12-2018 es va dictar Ordenança Penal en la causa de referència, per la qual es condemnà Coll com a autor responsable d'un delicte major de lesions doloses produïdes utilitzant objectes que poden produir lesions més greus a la víctima, i d'un delicte menor de conducció de vehicle automòbil amb un grau d'alcoholèmia superior a 0,8 grams d'alcohol per litre de sang, a una pena de set mesos de presó condicional qualificada a una primera avaluació prop de la Unitat de Conductes Addictives i a seguir tractament mèdic de deshabituació a l'alcohol, en c… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 15 juillet 2020 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
Núm. de Rotlle: TSJP-0000113/2019 Núm. de Causa: 2080279/2018
AUTE 83-2020
PARTS:
Demandant incidental: Sr. Coll
Advocat: Sr. Toll
Demandat incidental: MINISTERI FISCAL
Magistrades: Sra. Marie Conte
Sra. Fátima Ramírez Souto
A la vila d'Andorra la Vella, quinze de juliol de dos mil vint.
En l'incident de nul·litat d'actuacions interposat per la representació lletrada del Sr. Coll contra l'aute número 17-2020 de data 24 de gener de 2020, dictat per la Sala Penal del Tribunal Superior de Justícia, és ponent el magistrat Sr. Yves Picod, el qual expressa el parer del Tribunal.
ANTECEDENTS DE FET
I.- RESULTANT: que en data 4-12-2018 es va dictar Ordenança Penal en la causa de referència, per la qual es condemnà Coll com a autor responsable d'un delicte major de lesions doloses produïdes utilitzant objectes que poden produir lesions més greus a la víctima, i d'un delicte menor de conducció de vehicle automòbil amb un grau d'alcoholèmia superior a 0,8 grams d'alcohol per litre de sang, a una pena de set mesos de presó condicional qualificada a una primera avaluació prop de la Unitat de Conductes Addictives i a seguir tractament mèdic de deshabituació a l'alcohol, en cas que sigui necessari fins l'alta mèdica, amb un termini de suspensió de la condemna de dos anys, i a la privació del permís de conduir per un període de quinze mesos, així com al pagament de les despeses processals, declarant-se la responsabilitat civil de Coll a favor del perjudicat i de la C.A.S.S., fixant-la en període d'execució.