I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (Sala Penal), 23 octobre 2020, ATSJAD 173/2020
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Aute (Sala Penal), 23 octobre 2020, ATSJAD 173/2020 (ECLI:AD:TSJADAD:2020:173A) (Lire sur source officielle)
Note méthodologique : la référence canonique renseignée dans la fiche source (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence ci-dessus est reconstituée à partir des seules mentions figurant dans le texte intégral (ROJ, ECLI, numéro de recours A054/2020).
Faits et procédure
Par ordonnance pénale du 3 février 2017, M. Pera a été déclaré auteur responsable de délits mineurs de violence domestique et de menaces (articles 114.1 et 143 du Code pénal), ainsi que de deux contraventions pénales de lésions dolosives (article 476.2). Il a été condamné à une peine unique de sept mois de prison conditionnelle, assortie d'une interdiction de contact avec ses parents, la suspension de la condamne étant fixée à quatre ans. Cette décision est devenue ferme et exécutoire, aucune partie n'ayant formé opposition.
Le 6 octobre 2019, dans la cause n° 2080249/2019, l'intéressé a été condamné pour des faits commis le 5 octobre 2019, soit pendant le délai de suspension, à quatre mois de prison conditionnelle pour des délits mineurs de résistance grave à l'autorité, de détention illégale d'arme et de maltraitance psychique dans le cadre domestique, avec un délai de suspension de deux ans.
Saisi d'un rapport du Ministère public daté du 21 octobre 2019, le Batlle a rendu, le 10 juin 2020, un aute par lequel il : (1) révoque totalement la suspension de la condamnation de sept mois ; (2) applique le décret d'indult des coprinces du 18 octobre 2019, de sorte que le condamné n'aura à purger qu'un mois de prison ferme ; (3) suspend l'exécution de la décision jusqu'à ce qu'elle soit ferme.
La défense a formé appel, sollicitant une révocation partielle et une peine de trois mois de prison au maximum, en invoquant le trouble psychiatrique dont souffre l'intéressé et la nécessité d'un suivi thérapeutique plutôt que d'une incarcération. Le Ministère public s'est opposé au recours, en soutenant que la révocation totale était pleinement conforme au droit.
Question de droit
La question posée à la Sala Penal peut être formulée ainsi : lorsque le condamné commet une nouvelle infraction pendant le délai de suspension de sa condamne et fait l'objet d'une nouvelle peine privative de liberté, le juge est-il tenu de révoquer la suspension de manière totale, ou peut-il la révoquer partiellement, en tenant compte de l'état psychiatrique de l'intéressé ?
Le cadre normatif est l'article 64.3 du Code pénal, dont le texte cité par la juridiction dispose que « si el reu és condemnat a una altra pena de privació de llibertat per raó d'un delicte comès dins el període de suspensió, el tribunal ha d'ordenar que
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En el recurs d'apel·lació interposat contra l'Aute de data 10 de juny de 2020 dictat per la Batlle instructora, en la causa núm. 1080028/2017, seguida pels delictes menors de violència domèstica i d'amenaces, així com per dos contravencions penals de lesions doloses. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent el Sr. Yves Picod. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 23 d'octubre del 2020 - ROJ: ATSJAD 173/2020 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- RESULTANT: Que per Ordenança penal dictada en data 3 de febrer de 2017, es condemnà Pera com a autor responsable dels delictes menors de violència domèstica i d'amenaces, tipificats i penats als articles 114.1 i 143 del Codi Penal, així com de dos contravencions penals de lesions doloses, tipificades i penades a l'article 476.2 del Codi Penal, imposant-li, pel que fa als delictes menors de violència domèstica i d'amenaces, una pena única de set (7) mesos de presó condicional qualificada a no entrar en contacte amb els seus pares - Macias i ENTITY_7-, amb un termini de s… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 23 octobre 2020 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
Núm. de rotlle: TSJP-0000054/2020 Núm. de causa: 1080028/2017
AUTE 100-2020
PARTS:
Apel·lant: Sr. Pera
Advocada: Sra. Zurita
Apel·lat: MINISTERI FISCAL
Magistrades: Sra. Marie Conte
Sra. Fátima Ramírez Souto
Andorra la Vella, vint-i-tres d'octubre del dos mil vint.
En el recurs d'apel·lació interposat contra l'Aute de data 10 de juny de 2020 dictat per la Batlle instructora, en la causa núm. 1080028/2017, seguida pels delictes menors de violència domèstica i d'amenaces, així com per dos contravencions penals de lesions doloses. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent el Sr. Yves Picod.
ANTECEDENTS DE FET
I.- RESULTANT: Que per Ordenança penal dictada en data 3 de febrer de 2017, es condemnà Pera com a autor responsable dels delictes menors de violència domèstica i d'amenaces, tipificats i penats als articles 114.1 i 143 del Codi Penal, així com de dos contravencions penals de lesions doloses, tipificades i penades a l'article 476.2 del Codi Penal, imposant-li, pel que fa als delictes menors de violència domèstica i d'amenaces, una pena única de set (7) mesos de presó condicional qualificada a no entrar en contacte amb els seus pares - Macias i ENTITY_7-, amb un termini de suspensió de la condemna per un període que quatre (4) anys.