ATSJAD ANDORRA, a 30 d'abril del 2021 - ROJ: ATSJAD 111/2021
Cassation partielle
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé30 avril 2021
NuméroA265/20
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# ATSJAD 111/2021 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 30 avril 2021)
> Décision commentée : Juridiction andorrane, ATSJAD 111/2021, ECLI:AD:TSJADAD:2021:111A (référence complétée à partir de l'en-tête de la décision) ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
## Faits et procédure
Des unités immobilières appartenant à la société B, SL, et intégrées dans un immeuble, ont fait l'objet d'un embargo ordonné le 14 mai 2014 dans le cadre d'une procédure pénale (*Diligències Prèvies* 3102384/2012). Une communauté de propriétaires de l'immeuble, créancière de la société, a engagé une procédure d'exécution forcée à l'encontre de celle-ci.
Le Batlle saisi de l'exécution a autorisé la vente aux enchères publiques des biens, à la demande du Saig, mais seulement sous condition que le produit intégral de la vente, sans déduction ni réduction, soit déposé à disposition de la procédure pénale. Le même juge a ensuite prononcé l'archivage provisoire de l'exécution, par un *Aute* du 13 novembre 2019.
La communauté de propriétaires a interjeté appel par conclusions du 26 octobre 2020. Elle demandait la révocation de l'archivage et la poursuite de l'exécution sur les biens immobiliers, y compris ceux saisis au pénal. Elle soutenait qu'aucune question de préjudicialité pénale ne pouvait se présenter, dès lors que sa créance était constatée par un jugement définitif et que le titre exécutoire n'était pas affecté par une autre procédure. Elle invoquait en outre le droit à un procès équitable, au motif que les jugements civils deviendraient un « papier mouillé ».
La Sala Civil relève que les pièces pénales ne figurent pas au dossier, mais que l'*Aute* du juge d'instruction du 4 avril 2019 et l'*Aute* de la Tribunal de Corts du 4 septembre 2019 fournissent les éléments utiles. Il en ressort qu'une interdiction pénale de disposer portant sur ces biens existait depuis 2011, en raison de soupçons selon lesquels le patrimoine de la personne concernée provenait d'une infraction. Les biens pourraient être confisqués en application de l'article 70 du Code pénal.
## Question de droit
La décision pose deux questions connexes :
1. **Question de l'archivage** : l'archivage provisoire de l'exécution forcée est-il justifié lorsque les biens du débiteur sont frappés d'une mesure conservatoire prononcée par la juridiction pénale ?
2. **Question de l'exécution sur les biens saisis** : une exécution forcée peut-elle être poursuivie sur des immeubles faisant l'objet d'une mesure pénale maintenue, et selon quelles modalités ?
La question de la préjudicialité pénale, visée par l'article 8 de la LQJ, est évoquée par la partie appelante. La Sala considère toutefois qu'elle ne se pose pas dans les termes où l'appelante la présente.
## Solution et dispositif
La Sala tranche en deux temps.
**Sur l'exécution sur les immeubles saisis.** Le juge d'instance avait implicitement estimé l'exécution forcée sur ces
Korpus — Jurisprudence
ATSJAD ANDORRA, a 30 d'abril del 2021 - ROJ: ATSJAD 111/2021
ATSJAD 111/2021 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 30 avril 2021)
Reproduction verbatim
Décision commentée : Juridiction andorrane, ATSJAD 111/2021, ECLI:AD:TSJADAD:2021:111A (référence complétée à partir de l'en-tête de la décision) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Des unités immobilières appartenant à la société B, SL, et intégrées dans un immeuble, ont fait l'objet d'un embargo ordonné le 14 mai 2014 dans le cadre d'une procédure pénale (Diligències Prèvies 3102384/2012). Une communauté de propriétaires de l'immeuble, créancière de la société, a engagé une procédure d'exécution forcée à l'encontre de celle-ci.
Le Batlle saisi de l'exécution a autorisé la vente aux enchères publiques des biens, à la demande du Saig, mais seulement sous condition que le produit intégral de la vente, sans déduction ni réduction, soit déposé à disposition de la procédure pénale. Le même juge a ensuite prononcé l'archivage provisoire de l'exécution, par un Aute du 13 novembre 2019.
La communauté de propriétaires a interjeté appel par conclusions du 26 octobre 2020. Elle demandait la révocation de l'archivage et la poursuite de l'exécution sur les biens immobiliers, y compris ceux saisis au pénal. Elle soutenait qu'aucune question de préjudicialité pénale ne pouvait se présenter, dès lors que sa créance était constatée par un jugement définitif et que le titre exécutoire n'était pas affecté par une autre procédure. Elle invoquait en outre le droit à un procès équitable, au motif que les jugements civils deviendraient un « papier mouillé ».
La Sala Civil relève que les pièces pénales ne figurent pas au dossier, mais que l'Aute du juge d'instruction du 4 avril 2019 et l'Aute de la Tribunal de Corts du 4 septembre 2019 fournissent les éléments utiles. Il en ressort qu'une interdiction pénale de disposer portant sur ces biens existait depuis 2011, en raison de soupçons selon lesquels le patrimoine de la personne concernée provenait d'une infraction. Les biens pourraient être confisqués en application de l'article 70 du Code pénal.
Question de droit
La décision pose deux questions connexes :
Question de l'archivage : l'archivage provisoire de l'exécution forcée est-il justifié lorsque les biens du débiteur sont frappés d'une mesure conservatoire prononcée par la juridiction pénale ?
Question de l'exécution sur les biens saisis : une exécution forcée peut-elle être poursuivie sur des immeubles faisant l'objet d'une mesure pénale maintenue, et selon quelles modalités ?
La question de la préjudicialité pénale, visée par l'article 8 de la LQJ, est évoquée par la partie appelante. La Sala considère toutefois qu'elle ne se pose pas dans les termes où l'appelante la présente.
Solution et dispositif
La Sala tranche en deux temps.
Sur l'exécution sur les immeubles saisis. Le juge d'instance avait implicitement estimé l'exécution forcée sur ces
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC.- 0000265/2020 ORIGEN: 5000543/2013 - 00
NIG: 5300542120140001398
PARTS:
Apel·lant : Manso
Procurador : Sra. Blasco
Advocat : Sr. Garzón
Apel·lat : Marti
Adm. Judicial: Sra. Martin
AUTE 109-2021
Andorra la Vella, el
En nom del Poble Andorrà.-
Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions més amunt referenciades.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Jaume Tor Porta, el qual expressa el parer del Tribunal.
"Únic.- Procedir a l'arxiu provisional de les presents actuacions".
Segon.- Contra aquesta resolució, la comunitat de propietaris de l'edifici l'AP formula recurs d'apel·lació i mitjançant escrit de conclusions presentat en data 26-10-2020 interessa la seva revocació i en el seu lloc es disposi la continuació de l'execució al respecte dels béns immobles titularitat de la societat B, SL que integren la comunitat, àdhuc aquells que es troben embargats en seu penal, i sense fer especial condemna en costes.
FONAMENTS DE DRET
Primer.- La resolució dictada pel Batlle coneixedor del procediment d'execució en disposa el seu arxiu provisional, en haver estat les unitats immobiliàries que integren la comunitat de propietaris que promou el procediment, embargades per la jurisdicció penal, i la seva venda per la Saig autoritzada per aquesta darrera exclusivament en l'eventualitat que aquest diposités la quantitat íntegra de l'import obtingut per la subhasta, sense deducció ni rebaixa per cap concepte, prop de les actuacions penals en curs.
I és contra la decisió d'arxiu provisional adoptada que s'alça la comunitat de propietaris argüint que en el present supòsit no podia concórrer cap qüestió de prejudicialitat penal en trobar-se el crèdit de la seva representada reconegut per Sentència ferma, sense que cap qüestió que pogués ser objecte d'altre procediment pogués afectar el títol executiu que ostenta la comunitat, especialment a la vista de l'afecció legal que segons la LPH els immobles ostenten al pagament de les despeses comunitàries. Afegia que la decisió del Batlle vulnerava el dret al procés degut de la seva representada atès que en definitiva comportava que les Sentències dictades pels Tribunals civils esdevinguessin un "paper mullat" que no podia ser executat.
Segon.- Antecedents d'interès
Revisades les actuacions elevades a aquesta Sala s'aprecia com les unitats immobiliàries titularitat de la societat executada que integren la comunitat de propietaris que promou l'execució havien estat objecte d'un embargament adoptat el 14-5-2014 en el marc del procediment de naturalesa penal Diligències Prèvies 3102384/2012. En aquesta eventualitat, la Saig coneixedora del procés executori, sol·licitava prop de la Batlle instructora corresponent, autorització per a procedir a la venda en pública subhasta de les diferents unitats immobiliàries titularitat de B, SL petició aquesta que resultava parcialment acollida, en el sentit que si bé s'autoritzava la venda sol·licitada, la Saig havia de dipositar la quantitat íntegre de l'import obtingut arrel de la subhasta, sense deducció ni rebaixa per cap concepte, prop del procediment penal en curs. Malgrat que les actuacions penals no es trobin incorporades a la causa, de l'Aute dictat per la Batlle instructora el 4 d'abril del 2019 i del posterior Aute del Tribunal de Corts de 4-9-2019 s'obté diferents informacions rellevant per a la resolució de la pretensió articulada per la part executant i recurrent. Aquesta resolució en analitzar la petició de la Saig, destaca que al respecte dels béns quina execució aquí s'interessa, existia ja d'ençà el 2011, una prohibició de disposar penal sobre els mateixos "perquè en aquella data van aparèixer elements per a sospitar que el patrimoni de J era realment producte d'un delicte. En cas de resultar provat aquest fet, els béns haurien de ser comissats i no podrien ser béns dels quals el delinqüent pugui beneficiar-se compensant els seus deutes civils" (foli 211).
Aquesta resolució resultava confirmada per Aute del Tribunal de Corts de 4-9- 2019.
Tercer.- Preferència de la mesura cautelar adoptada per la Batlle instructora sobre els immobles titularitat de la societat B, SL.
De manera tàcita a la decisió d'arxiu que adopta, l'òrgan judicial d'instància determina la improcedència de l'execució forçosa sobre els immobles embargats, i aquesta solució ha de ser ratificada en aquesta alçada. En efecte, no ens trobem davant de la qüestió de prejudicialitat penal a que la part recurrent fa referència amb remissió per això a les previsions de l'art. 8 de la LQJ, ens trobem en realitat davant dos decisions adoptades per òrgans jurisdiccionals d'ordres diferents (civil i penal) que incideixen sobre unes mateixes unitats immobiliàries, en mèrits d'unes mesures executives i cautelars respectivament que tutelen finalitats diverses i que, pel que respecta al seu destí, resulten incompatibles entre elles, atès que en definitiva la mesura adoptada en l'esfera penal, segons destaca la Batlle instructora, té vocació a garantir l'eventual comís (segons el Tribunal de Corts també la responsabilitat civil derivada del delicte) que el Tribunal pugui ordenar a l'empara de les previsions de l'art. 70 del Codi Penal, i amb aquesta finalitat l'abast de la mesura cautelar adoptada prohibiria qualsevol acte de disposició sobre els immobles embargats en el marc del present procediment.
Quart.- improcedència de la decisió d'arxiu provisional de l'execució
Malgrat que en el present expedient, no resulti procedent promoure l'execució forçosa sobre els immobles embargats, tampoc la decisió d'arxiu provisional adoptada esdevé oportuna atès que el procés d'execució només finalitza amb la completa satisfacció del creditor que executa. En aquest sentit, és doctrina reiterada de la Sala que "la suspensió de l'execució es pot produir en els supòsits en els que el recurs d'apel·lació interposat suspengui en dos efectes (suspensiu i devolutiu) (art. 1.2 del Decret de 4-02-1986 modificat per la Llei 43/2014, del Saig), quan es formula una questió de prejudicialitat penal i aquesta es admesa, en el supòsit de revisió d'una sentencia ferma o quan es decreta la situació concursal del deutor (vegeu Aute del TSJA de 25-02-2013, quan exposa que "III.- Quant als motius o greuges del recurs, s'ha d'indicar que els articles 14, 32 i 39 del Decret de data 4-10-1969 disposen el que segueix. L'article 14 estableix, en la part que aqui interessa que "pel sol fet d'haver-se decretat qualsevol dels dos procediments d'arranjament judicial o de fallida, i una vegada nomenat l'administrador, els creditors no podran exigir l'efectivitat de llurs credits individuals quins credits formaran una massa representada per l'administrador" (art 14 del Decret de data 04-10-1969), mentre que l'article 32 determina que "la resolució constatant la cessació de pagaments suspen totes les accions individuals, sobre els bens mobles com els immobles, per part dels creditors, exceptuant aquells que gaudeixin d'un privilegi especial, d'una fianca o d'una hipoteca sobre els mateixos bens".
Però fora d'aquests supòsits, l'execució ha de continuar fins que el creditor vegi satisfet el seu dret subjectiu de credit". (Aute de 30/10/2018 -TSJC199- 2018-)
Cinquè.- Per tot l'exposat, escaurà estimar parcialment el recurs d'apel·lació articulat per la comunitat de propietaris recurrent, revocant la decisió d'arxiu provisional adoptada tot i disposant la continuació del procés executori iniciat. Pel que es refereix però a l'execució forçosa interessada sobre els immobles que integren la comunitat executant, i sempre i quan la part executant ho interessi, s'haurà de desenvolupar seguint escrupolosament les pautes establertes per la jurisdicció penal en les resolucions dictades en el procediment abans indicat.
Sisè.- No ha de fer-se pronunciament en relació a les costes ocasionades en aquesta alçada a la vista de l'èxit parcial del recurs articulat.
Decisio
Vistos la legislació vigent i els Usos i Costums aplicables al present cas, la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, ha pres la següent
DECISIÓ
ESTIMAR parcialment el recurs d'apel·lació articulat per la representació processal de la comunitat de propietaris de l'edifici l'AP contra l'Aute de data 13-11-2019, revocant la decisió d'arxiu provisional adoptada tot i disposant la continuació del procés executori iniciat. Pel que es refereix a l'execució forçosa interessada sobre els immobles que integren la comunitat executant, i sempre i quan la part executant ho interessi, s'haurà de desenvolupar seguint escrupolosament les pautes establertes per la jurisdicció penal en els Autes de dates 4 d'abril del 2019 i 4-9-2019 dictats per la Batlle i el Tribunal de Corts en el procediment Diligències Prèvies 3102384/2012.
I sense fer pronunciament en relació a les costes ocasionades
Aquesta resolució és ferma i executiva.
Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem.-