ATSJAD ANDORRA, a 15 de juliol del 2021 - ROJ: ATSJAD 154/2021
Confirmation
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé15 juillet 2021
NuméroA0047/21
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# ATSJAD 154/2021 (ECLI:AD:TSJADAD:2021:154A)
> Décision commentée : ATSJAD 154/2021 (ECLI:AD:TSJADAD:2021:154A) ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
## Faits et procédure
Par ordonnance pénale du 14 septembre 2019, devenue ferme et exécutoire faute d'opposition, M. Izquierdo a été déclaré coupable d'un délit mineur de mauvais traitements au sein du foyer domestique commis en présence d'un mineur, et d'un délit mineur de menaces non conditionnelles, avec la circonstance aggravante de l'article 143 bis du Code pénal. Il a été condamné à une peine unique de quatorze mois d'emprisonnement avec sursis, assortie d'un délai d'épreuve de quatre ans, et d'une interdiction d'entrer en contact avec son ex-compagne pendant quatre ans, sur le fondement des articles 62.1 g) et 51 du Code pénal. Il a également été condamné, pour une contravention de coups et blessures volontaires (article 476.2 du Code pénal), à vingt jours d'arrêt nocturne avec sursis.
Le 16 juillet 2020, le condamné et la victime ont chacun sollicité la levée de l'interdiction de contact. Par décision (*aute*) du 8 février 2021, la Batlle instructrice a refusé d'y faire droit. M. Izquierdo a interjeté appel. Il faisait valoir que la victime elle-même avait demandé la levée de la mesure, que le père n'avait plus importuné celle-ci, que le condamné témoignait de sa volonté de réorienter sa vie et qu'il suivait volontairement un programme de promotion des relations non violentes organisé par le Gouvernement d'Andorre. Le ministère public s'est opposé au recours, en soulignant la gravité des faits et le fait que l'absence de réitération des violences était liée à l'interdiction de contact.
La Sala Penal du Tribunal superior de justícia d'Andorre (formation composée des magistrats Marie Conte, rapporteure, Yves Picod, président, et Fátima Ramírez Souto) a statué le 15 juillet 2021.
## Question de droit
La question posée était de savoir si, au titre de l'article 63 du Code de procédure pénale, le juge peut modifier les obligations imposées à un condamné ou réduire leur durée, et si, en l'espèce, les conditions de cette modification étaient réunies. Ce texte subordonne la modification à une décision motivée, prise en considération « le degré d'exécution des mesures accordées » et « celui de la réinsertion sociale ». La difficulté tenait à l'articulation entre ces critères légaux et la demande concordante de la victime, dont l'appelant se prévalait.
## Solution et dispositif
La Cour rejette l'appel et confirme l'*aute* attaqué. Elle juge que la levée de la mesure serait, à la date de la décision, inopportune. Le dispositif, rédigé en catalan, se traduit comme suit (traduction de notre fait) :
> « REJETTE le recours d'appel formé par la représentation de M. Izquierdo contre l'*aute* rendu le 8 février 2021.
>
> Confirme intégralement l'*aute* faisant l'objet du recours.
>
> Condamne la partie requérante au paiement des dépens.
>
> Le présent *Aute* est ferme et exécutoire. »
Le raisonnement de la Cour s'articule en trois temps.
*En premier lieu*, elle affirme la primauté de la finalité de protection de la mesure : l'interdiction de contact vise à garantir l'intégrité physique et psychique de la
Korpus — Jurisprudence
ATSJAD ANDORRA, a 15 de juliol del 2021 - ROJ: ATSJAD 154/2021
Par ordonnance pénale du 14 septembre 2019, devenue ferme et exécutoire faute d'opposition, M. Izquierdo a été déclaré coupable d'un délit mineur de mauvais traitements au sein du foyer domestique commis en présence d'un mineur, et d'un délit mineur de menaces non conditionnelles, avec la circonstance aggravante de l'article 143 bis du Code pénal. Il a été condamné à une peine unique de quatorze mois d'emprisonnement avec sursis, assortie d'un délai d'épreuve de quatre ans, et d'une interdiction d'entrer en contact avec son ex-compagne pendant quatre ans, sur le fondement des articles 62.1 g) et 51 du Code pénal. Il a également été condamné, pour une contravention de coups et blessures volontaires (article 476.2 du Code pénal), à vingt jours d'arrêt nocturne avec sursis.
Le 16 juillet 2020, le condamné et la victime ont chacun sollicité la levée de l'interdiction de contact. Par décision (aute) du 8 février 2021, la Batlle instructrice a refusé d'y faire droit. M. Izquierdo a interjeté appel. Il faisait valoir que la victime elle-même avait demandé la levée de la mesure, que le père n'avait plus importuné celle-ci, que le condamné témoignait de sa volonté de réorienter sa vie et qu'il suivait volontairement un programme de promotion des relations non violentes organisé par le Gouvernement d'Andorre. Le ministère public s'est opposé au recours, en soulignant la gravité des faits et le fait que l'absence de réitération des violences était liée à l'interdiction de contact.
La Sala Penal du Tribunal superior de justícia d'Andorre (formation composée des magistrats Marie Conte, rapporteure, Yves Picod, président, et Fátima Ramírez Souto) a statué le 15 juillet 2021.
Question de droit
La question posée était de savoir si, au titre de l'article 63 du Code de procédure pénale, le juge peut modifier les obligations imposées à un condamné ou réduire leur durée, et si, en l'espèce, les conditions de cette modification étaient réunies. Ce texte subordonne la modification à une décision motivée, prise en considération « le degré d'exécution des mesures accordées » et « celui de la réinsertion sociale ». La difficulté tenait à l'articulation entre ces critères légaux et la demande concordante de la victime, dont l'appelant se prévalait.
Solution et dispositif
La Cour rejette l'appel et confirme l'aute attaqué. Elle juge que la levée de la mesure serait, à la date de la décision, inopportune. Le dispositif, rédigé en catalan, se traduit comme suit (traduction de notre fait) :
Reproduction verbatim
« REJETTE le recours d'appel formé par la représentation de M. Izquierdo contre l'aute rendu le 8 février 2021.
Confirme intégralement l'aute faisant l'objet du recours.
Condamne la partie requérante au paiement des dépens.
Le présent Aute est ferme et exécutoire. »
Le raisonnement de la Cour s'articule en trois temps.
En premier lieu, elle affirme la primauté de la finalité de protection de la mesure : l'interdiction de contact vise à garantir l'intégrité physique et psychique de la
Aute
Núm. de Rotlle: TSJP 0000035/2021
Núm. de Causa: Executòria 1080196/2019
AUTE 47-2021
PARTS:
Apel·lant : Sr. Izquierdo
Advocada: Sra. Álvarez
Apel·lat: MINISTERI FISCAL
Magistrades: Sra. Marie Conte
Sra. Fátima Ramírez Souto
Andorra la Vella, a quinze de juliol de dos mil vint-i-ú.
En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 8 de febrer de 2021 dictat per la Batlle instructora en la causa de referència, seguida per uns delictes menors de maltractament en l'àmbit domèstic realitzat davant de menor d'edat i d'amenaces no condicionals. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent la Sra. Marie Conte.
I.- RESULTANT: que per Ordenança Penal de data 14-9-2019 es decideix:
"- Condemnar a Izquierdo, com autor responsable d'un delicte menor de maltractaments en l'àmbit domèstic realitzat davant de menor d'edat i d'un delicte menor d'amenaces no condicionals, concorrent l'agreujant de l'article 143 bis del Codi Penal, a una pena única de catorze (14) mesos de presó condicional amb un termini de suspensió de quatre (4) anys, qualificada a no entrar en contacte amb Tejera durant un període de quatre (4) anys, en aplicació dels articles 62.1 g) i 51 del Codi Penal.
Condemnar a Izquierdo, com autor responsable d'una contravenció penal de lesions doloses, de l'article 476.2 del Codi Penal, a una pena de vint (20) dies d'arrest nocturn condicional, amb un termini de suspensió de la condemna de vint (20) diez"
Dita resolució va esdevenir ferma el dia que es va dictar i notificar, en no formular les parts oposició a la mateixa.
II.- RESULTANT: que mitjançant aute de data 8-2-2021, la Batlle acorda no donar lloc a l'aixecament de la mesura d'entrar en contacte, sol·licitada pel condemnat Izquierdo per demanda formulada el dia 16-7-2020 i per la perjudicada Tejera a la mateixa data.
III.-RESULTANT: que contra l'esmentat Aute formula recurs d'apel·lació la representació lletrada de Izquierdo sol·licitant l'aixecament de la prohibició d'entrar en contacte amb Tejera.
Manifesta que:
La pròpia víctima la Sra. H va sol·licitar davant el Batlle i va declarar anteriorment davant del Servei de policia, que se li fos aixecada a l'avui recurrent, la prohibició d'entrar en contacte amb ella. El motiu fonamental era el bé de la seva filla i per no haver de recorre a la mediació de terceres persones. Destacava que el pare de la nena no l'havia tornat a molestar.
Izquierdo va comparèixer expressant la seva bona voluntat de reconduir la seva vida i mantenir una relació continuada amb la menor.
Izquierdo seguirà voluntàriament el programa per la promoció de relacions no violentes que imparteix el GOVERN D'ANDORRA.
IV.- RESULTANT: que el Ministeri Fiscal s'oposa al recurs formulat.
Posa de relleu la gravetat dels fets pels quals l'avui recurrent fou condemnat, que l'absència de reiteració dels fets de violència envers la víctima està relacionada amb la prohibició d'entrar en contacte amb la mateixa.
FONAMENTS DE DRET
I.- CONSIDERANT: que segons el que disposa l'article 63 del Codi de Procediment Penal "El tribunal, d'ofici o a instància de part, pot modificar, mitjançant resolució raonada, les obligacions imposades o bé disminuir el termini durant el qual seran aplicables, tenint en compte el grau de compliment de les mesures acordades i el de reinserció social".
II.-CONSIDERANT: que com l'ha rellevat amb bon criteri la decisió impugnada, la mesura de prohibició d'entrar en contacte té la finalitat superior de garantir la integritat física i psíquica de la víctima, la qual disposa sempre de tots els mecanismes per fer front a aquest tipus de violència. Per tant, la suspensió de dita mesura no pot dependre únicament de les manifestacions d'aquesta darrera.
Pel que fa al grau de compliment de les mesures acordades durant un període de 4 anys, aquest era de 7 mesos al moment de la demanda d'aixecament de la prohibició d'entrar en contacte, i de 18 mesos al moment de la vista de la sala penal.
Pel que fa al grau de reinserció del condemnat, convé en primer lloc rellevar que, segons els fets provats enunciats en l'Ordenança penal ferma i executòria del 14-9-2019, Izquierdo després d'haver insultat i amenaçat la Sra. H. que la mataria davant la seva filla "se li va llençar a sobre, la va agredir, li va tapar el nas i la boca mentre l'agafava pel coll i l'escopia, tirant-la, seguidament a terra on li va proferir cops de peu al cos". Aquestes violències i agressions corresponen a diversos ferides descrites en l'informe medicoforense.
Es desprèn de les declaracions de la Sra. H. davant del servei de policia, que aquesta va tenir amb Izquierdo una relació durant 5 anys aproximadament, la qual "va ser dolenta patint violència física i mental", precisa la víctima que "l'insultava, l'amenaçava, la manipulava i l'agredia donant-li empentes".
El recurrent que ha estat condemnat per Ordenança penal de data 13-3- 2018 per un delicte major de lesions utilitzant objectes o mitjans amb perill de causar la mort o lesions més greus a la víctima, ha negat els fets de violència física davant del servei de policia, com ha negat també a la vista de la sala penal, haver exercitat violència envers la seva ex-parella. Se'n pot deduir que no manifesta un real penediment i que no ha entès la finalitat de la condemna imposada.
L'absència de tota agressió envers la Sra. H. des de la data dels fets d'autes es pot precisament explicar per la prohibició d'entrar en contacte amb la mateixa.
No es discuteix que el recurrent no està privat de relacions amb la seva filla, que pot mantenir recorrent a la mediació de terceres persones.
En fi, si Izquierdo proposa de seguir voluntàriament el programa per a la promoció de relacions no violentes, organitzat a iniciativa del GOVERN. Convé observar que segons precisions aportades per la seva defensa, ha iniciat dita sessió des de només 2 mesos, participant a les sessions. Aquesta iniciativa apareix com a positiva però encara molt recent per poder descartar tot risc de reincidència.
Per tant, la mesura d'aixecament apareix en aquest sentit a la data d'avui, inoportuna, havent de demostrar el recurrent en el futur la seva reinserció social per pretendre una modificació de la mesura.
III.-CONSIDERANT: que convé en conseqüència, desestimar el recurs amb imposició a al part recurrent de les costes processals.
Decisio
Vistes la Constitució, El Codi Penal, el Codi de Procediment Penal, la jurisprudència d'aplicació, i altres fonts del Dret del Principat d'Andorra,
DECISIÓ
La Sala Penal del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, en nom del poble andorrà, decideix:
DESESTIMAR el recurs d'apel·lació interposat per la representació lletrada de Izquierdo contra l'aute dictat en data 8 de febrer de 2021.
Confirmar íntegrament l'aute objecte de recurs.
Imposar a la part recurrent el pagament de les despeses processals causades.
Aquest Aute és ferm i executiu.
Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem.