I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, ATSJAD 104/2022 (ECLI:AD:TSJADAD:2022:104A)
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (ATSJAD 104/2022) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par ordonnance pénale (Ordenança Penal) du 21 août 2020, M. Rius a été déclaré coupable d'un délit mineur de conduite d'un véhicule automobile avec un taux d'alcoolémie supérieur à 0,8 g/l, prévu et puni par l'article 268.1 du Code pénal. Il a été condamné à un mois d'arrêt nocturne avec sursis, assorti d'un délai d'épreuve de deux ans, et à une peine complémentaire de privation du permis de conduire de onze mois. Par une décision (aute) du 7 octobre 2020, il a été autorisé à conduire dans une plage horaire quotidienne déterminée pour des motifs professionnels.
Une nouvelle ordonnance pénale du 22 juin 2021 l'a condamné pour un délit mineur de bris de condamnation (crebantament de condemna) commis le 21 juin 2021. La peine prononcée est un mois d'arrêt nocturne avec sursis, assorti d'un délai de deux ans, et une privation du permis de conduire de sept mois.
Sur réquisitions du ministère public du 27 août 2021, la juge instructrice (Batlle) a, par décision du 10 janvier 2022, révoqué totalement le sursis et ordonné l'exécution effective de trente jours d'arrêt nocturne ferme, à raison de dix heures consécutives par jour au centre pénitentiaire. La décision indique la date de l'ordonnance pénale comme étant le « 25/12/2020 », alors que l'ordonnance mentionnée précédemment est datée du 21 août 2020 ; il s'agit d'une incohérence matérielle du texte, que la chambre ne relève pas.
M. Rius a interjeté appel. Il sollicitait une révocation partielle, à hauteur de sept jours d'arrêt nocturne ferme à exécuter à son domicile, et, à titre subsidiaire, l'exécution à domicile de la totalité de la peine si la révocation partielle excédait sept jours. Il faisait valoir qu'il exploitait depuis près de trois ans un établissement de restauration et un service d'appartements touristiques, dont il était le seul salarié, et que l'exécution nocturne en détention rendrait impossible la poursuite de cette activité. Le ministère public s'est opposé au recours, en contestant la vraisemblance des horaires allégués et en relevant que le condamné avait accepté la peine lors de l'ordonnance pénale et connaissait les conséquences d'une nouvelle infraction pendant le délai d'épreuve.
La Chambre pénale du Tribunal supérieur de justice (Sala Penal), composée de MM. Yves Picod (président) et de Mmes Marie Conte (rapporteure) et Fátima Ramírez Sou
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En el recurs d’apel·lació interposat contra l’aute de data 10 de gener de 2022 dictat per la Batlle Instructora en la causa de referència, seguida per un delicte menor de conducció de vehicle automòbil amb un grau d’alcoholèmia superior a 0,8 g/l/s. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s’han constituït per a la vista i decisió, és ponent la Sra. Marie Conte. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 27 de maig del 2022 - ROJ: ATSJAD 104/2022 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- RESULTANT: que per Ordenança Penal de data 21-08-2020, es condemnà a Rius com autor responsable d’un delicte menor de conducció de vehicle automòbil amb un grau d’alcoholèmia superior a 0,8 g/l/s previst i penat a l’article 268.1 del Codi Penal, a la pena d’un mes d’arrest nocturn condicional amb un termini de suspensió de la condemna de 2 anys, així com a una pena de privació del permís de conduir per un període d’11 mesos. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 27 mai 2022 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
Núm. de Rotlle: TSJP 0000017/2022
Núm. de Causa: Executòria 4080109/2020
AUTE 37-2022
PARTS:
Apel·lant: Sr. Rius
Advocat: Sr. Amorós
Apel·lat : MINISTERI FISCAL
Magistrades: Sra. Marie Conte
Sra. Fátima Ramírez Souto
Andorra la Vella, a vint-i-set de maig de dos mil vint-i-dos.
En el recurs d’apel·lació interposat contra l’aute de data 10 de gener de 2022 dictat per la Batlle Instructora en la causa de referència, seguida per un delicte menor de conducció de vehicle automòbil amb un grau d’alcoholèmia superior a 0,8 g/l/s. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s’han constituït per a la vista i decisió, és ponent la Sra. Marie Conte.