I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Décision commentée : ATSJAD 108/2022, aute n° 32-2022 du 27 mai 2022
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, aute n° 32-2022 du 27 mai 2022, recours A022/22, ROJ ATSJAD 108/2022 (ECLI:AD:TSJADAD:2022:108A) (Lire sur source officielle)
Note : le champ « Référence canonique » fourni était incomplet (« Juridiction andorrane, — »). La référence ci-dessus est reprise du texte de la décision.
Faits et procédure
Par ordonnance pénale du 17 décembre 2019, M. Alvarado a été déclaré auteur responsable d'un délit mineur de trafic de cannabis ou de drogue de toxicité similaire, prévu et puni par l'article 282.2 du Code pénal. Il a été condamné à quatre mois de prison conditionnelle, avec un délai de suspension de deux ans, assorti d'obligations : justifier d'une activité professionnelle ou d'études suivies avec profit pendant deux ans, et se soumettre à une évaluation et à un suivi médical auprès de l'UCA (unité de conduites addictives) jusqu'à la sortie médicale ou dans un délai maximal de deux ans. Une amende de 400 euros a également été prononcée. L'ordonnance est devenue ferme et exécutoire, aucune partie n'ayant formé opposition.
Postérieurement à cette condamnation, l'intéressé a fait l'objet de plusieurs autres ordonnances pénales, dont les dates sont mentionnées par la décision : 1er janvier 2019, 16 mai 2020, 4 septembre 2021, 25 septembre 2021 et 17 novembre 2021. Ces décisions concernent des infractions diverses : détention de cocaïne et d'amphétamines pour usage personnel, consommation en lieu public, cession de cocaïne, conduite en état alcoolique, refus de se soumettre à un contrôle d'alcoolémie, outrage à agents de l'autorité, et bris de peine d'interdiction de conduire. Le texte fait état, de manière récapitulative, de sept condamnations supplémentaires, puis de six. Le point est examiné plus loin.
Par aute du 17 février 2022, la Batlle instructrice a révoqué totalement la suspension de la condamne de quatre mois de prison conditionnelle. La peine devait être exécutée en totalité sous le régime de la semi-liberté, permettant au condamné de sortir du centre pénitentiaire pour travailler et d'y revenir chaque jour, et d'y demeurer les jours fériés et les jours où l'activité professionnelle ne pouvait avoir lieu.
La défense a interjeté appel. Elle demandait que la peine de prison soit remplacée par un arrêt nocturne ou un arrêt en temps de fête, afin de permettre au condamné de conserver son emploi auprès d'une menuiserie et de continuer à s'occuper de sa mère gravement malade. Le Ministère public s'est opposé au recours et a conclu à la confirmation de la révocation.
Question de droit
La Sala Penal devait trancher deux questions :
- La révocation de la suspension de la condamnation, fondée sur l'article 64.3 du Code pénal, était-elle juridiquement fondée, alors que le condamné avait commis de nouvelles infractions pendant le délai de suspension ?
- La peine révoquée pouvait-elle être remplacée par une modalité d'exécution moins sévère (arrêt nocturne ou arrêt en temps de fête), au regard de la situation
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 17 de febrer de 2022 dictat per la Batlle Instructora en la causa de referència, seguida per un delicte menor de tràfic de cànnabis o droga de toxicitat similar. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent el Sr. Yves Picod. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 27 de maig del 2022 - ROJ: ATSJAD 108/2022 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- RESULTANT: Que per ordenança penal de data 17.12.2019 recaiguda en la present causa es va condemnar a Alvarado com autor responsable d'un delicte menor de tràfic de cànnabis o droga de toxicitat similar previst i penat a l'article 282.2 del Codi penal a una pena de quatre (4) mesos de presó condicional amb un termini de suspensió de la condemna per un període de dos anys, i qualificats a: »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 27 mai 2022 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
Núm. de Rotlle: TSJP 0000022/2022
Núm. de Causa: Executòria 9080001/2019
AUTE 32-2022
PARTS:
Apel·lant: Sr. Alvarado
Advocada: Sra. Galván
Apel·lat : MINISTERI FISCAL
Magistrades: Sra. Marie Conte
Sra. Fátima Ramírez Souto
Andorra la Vella, a vint-i-set de maig de dos mil vint-i-dos.
En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 17 de febrer de 2022 dictat per la Batlle Instructora en la causa de referència, seguida per un delicte menor de tràfic de cànnabis o droga de toxicitat similar. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent el Sr. Yves Picod.
ANTECEDENTS DE FET
I.- RESULTANT: Que per ordenança penal de data 17.12.2019 recaiguda en la present causa es va condemnar a Alvarado com autor responsable d'un delicte menor de tràfic de cànnabis o droga de toxicitat similar previst i penat a l'article 282.2 del Codi penal a una pena de quatre (4) mesos de presó condicional amb un termini de suspensió de la condemna per un període de dos anys, i qualificats a: