I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 142/2022 (ECLI:AD:TSJADAD:2022:142A)
Décision commentée : ATSJAD 142/2022 (ECLI:AD:TSJADAD:2022:142A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par une sentence du Tribunal de Corts du 19 décembre 2017, devenue ferme le 29 janvier 2018, M. Manzano, de nationalité colombienne, a été condamné en qualité d'auteur à deux délits majeurs de lésions dolosives : l'un commis en profitant de la concurrence d'autres personnes qui en ont facilité l'exécution, l'autre requérant un traitement médical postérieur à la première assistance. Aucune circonstance modificative de responsabilité n'a été retenue. La peine prononcée est de quinze mois de prison, avec sursis de trois ans, outre le paiement de la responsabilité civile et des dépens.
Le 10 mai 2022, le conseil du condamné a sollicité l'application du bénéfice de réduction de peine prévu à l'article 209 du Code de procédure pénale, ainsi que l'accès au régime de la liberté conditionnelle. Le Ministère public, par un rapport du 17 mai 2022, ne s'est pas opposé à la réduction de peine de 2,5 jours par mois, mais a contesté la liberté conditionnelle. Il relevait que le seuil arithmétique des cinq sixièmes de la peine serait atteint le 8 juin 2022, mais que la défense n'avait produit aucun élément démontrant les possibilités de réinsertion sociale et professionnelle, et que le condamné présentait une multi-récidive.
Par un aute du 18 mai 2022, le Tribunal de Corts a accordé la réduction de peine et refusé la liberté conditionnelle. Le condamné a formé appel, en soutenant que la décision n'était pas motivée, en ce qu'elle n'expliquait pas pourquoi la possibilité de réinsertion sociale n'avait pas été établie. Le Ministère public s'est opposé à l'appel. La Sala Penal du Tribunal supérieur de justice d'Andorre (TSJA) était saisie en appel (rôle TSJP 0000049/2022).
Question de droit
La question posée était de savoir si le seul respect du critère arithmétique de la liberté conditionnelle suffit à en ouvrir le bénéfice, ou si le juge doit, en outre, vérifier l'existence d'éléments établissant les possibilités de réinsertion sociale du condamné, et si l'aute qui refuse ce bénéfice est suffisamment motivé au regard de cette exigence.
Le cadre normatif tient à trois dispositions du Code de procédure pénale. L'article 209.1 autorise une réduction de peine pour bonne conduite et collaboration, plafonnée à 2,5 jours par mois de peine ferme. L'article 230 perm
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 18 de maig de 2022 dictat pel Tribunal de Corts en la causa de referència, seguida per un delicte major de lesions doloses causades aprofitant la concurrència d'altres persones que en facilitin l'execució i d'un delicte major de lesions doloses que requereixin tractament mèdic posterior a la primera assistència. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent el Sr. Yves Picod.… »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 15 de juliol del 2022 - ROJ: ATSJAD 142/2022 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- RESULTANT: Per Sentència dictada pel Tribunal de Corts en data 19 de desembre del 2017, esdevinguda ferma en data 29 de gener del 2018, recaiguda en el marc de la causa 6000160/2015, »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 15 juillet 2022 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
Núm. de Rotlle: TSJP 0000049/2022
Núm. de Causa: Executòria 0000027/2018
AUTE 55-2022
PARTS:
Apel·lant: Sr. Manzano
Advocat: Sra. Ferrer
Apel·lat : MINISTERI FISCAL
Magistrades: Sra. Marie Conte
Sra. Fátima Ramírez Souto
Andorra la Vella, el dia 15 de juliol de 2022..
En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 18 de maig de 2022 dictat pel Tribunal de Corts en la causa de referència, seguida per un delicte major de lesions doloses causades aprofitant la concurrència d'altres persones que en facilitin l'execució i d'un delicte major de lesions doloses que requereixin tractament mèdic posterior a la primera assistència. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent el Sr. Yves Picod.