I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 165/2022 (28 octobre 2022)
Décision commentée : ATSJAD 165/2022, ECLI:AD:TSJADAD:2022:165A (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par ordonnance pénale du 1er mai 2018, M. Amorós a été reconnu coupable, en qualité d'auteur, d'un délit majeur de mauvais traitements dans le cadre domestique et d'un délit de coups et blessures volontaires ayant nécessité un traitement médical postérieur à la première assistance. Il a été condamné à douze mois d'emprisonnement avec sursis, assortis d'un délai d'épreuve de quatre ans. Cette décision est devenue définitive faute d'opposition des parties.
Dans le cadre de l'exécution de cette condamnation, le ministère public a saisi la juge d'instruction (Batlle instructora) d'une requête. Par aute (ordonnance) du 28 mars 2022, celle-ci a révoqué totalement le sursis des douze mois d'emprisonnement, les faisant passer à l'état d'emprisonnement ferme, et a refusé la substitution de la peine par un arrêt ou un travail d'intérêt général.
Le conseil de M. Amorós a interjeté appel. Il sollicitait une révocation seulement partielle, limitée à trois mois maximum, selon un régime de semi-liberté. Il faisait valoir l'absence de risque de récidive, le départ en Espagne du frère de la victime, l'absence d'incident depuis août 2021, ainsi que sa situation personnelle et économique : il exerce un emploi stable de livreur pour un salaire mensuel de 1 500 euros et loue un logement qu'il ne pourrait plus payer en cas de perte de cet emploi.
Le ministère public s'est opposé à l'appel. Il relevait que l'appelant avait été condamné à nouveau pour des faits commis pendant le délai d'épreuve, que les deux condamnations concernaient les mêmes infractions commises envers le même frère, et qu'un régime de semi-liberté ne pouvait être accordé lorsque la peine ferme était de douze mois.
Il ressort des motifs que, par ordonnance pénale du 11 août 2021, M. Amorós a été condamné pour des faits commis le 10 août 2021, pendant le délai d'épreuve. Il a été condamné à six mois d'emprisonnement avec sursis, assortis d'une évaluation par l'UCA (unité de addictologie) et d'un traitement de désintoxication pendant quatre ans ou jusqu'à la sortie médicale, ainsi qu'à quinze jours d'arrêts nocturnes avec sursis pour la contravention de coups et blessures volontaires (fundament I).
Question de droit
La Sala penal du Tribunal supérieur de justice devait déterminer si la nouvelle condamnation intervenue pendant le délai d'épreuve imposait la révocation du sursis au sens de l'article 64.3 du Code pénal (loi qualifiée n° 9/2005 du 21 février 2005), et, dans l'affirmative, si cette révocation devait être totale ou partielle. Elle devait également apprécier si le bénéfice de la semi-liberté pouvait être accordé sur le fondement de l'article 229 du Code de procédure pénale, mal
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 28 de març de 2022 dictat per la Batlle Instructora en la causa de referència, seguida per uns delictes majors de maltractament en l'àmbit domèstic i de lesions doloses que requereixen de tractament mèdic posterior a la 1ª assistència mèdica per a la seva curació. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent la Sra. Marie Conte. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 28 d'octubre del 2022 - ROJ: ATSJAD 165/2022 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_partielle), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- RESULTANT: que per Ordenança Penal de data 01-05- 2018, es condemna a Amorós com a autor responsable d'un delicte major de maltractaments en l'àmbit domèstic i d'altre de lesions doloses que requereixen tractament mèdic posterior a la primera assistència mèdica per a la seva curació, a la pena de 12 mesos de presó condicional amb un termini de suspensió de la condemna de 4 anys. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 28 octobre 2022 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
Núm. de Rotlle: TSJP 0000041/2022
Núm. de Causa: Executòria 1080085/2018
AUTE 63-2022
PARTS:
Apel·lant: Sr. Amorós
Advocada: Sra. Galván
Apel·lat : MINISTERI FISCAL
Magistrades: Sra. Marie Conte
Sra. Fátima Ramírez Souto
Andorra la Vella, el vint-i-vuit d'octubre de vint-i-dos.
En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 28 de març de 2022 dictat per la Batlle Instructora en la causa de referència, seguida per uns delictes majors de maltractament en l'àmbit domèstic i de lesions doloses que requereixen de tractament mèdic posterior a la 1ª assistència mèdica per a la seva curació. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent la Sra. Marie Conte.