I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 203/2022 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 19 décembre 2022)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, aute du 19 décembre 2022, ROJ ATSJAD 203/2022, ECLI:AD:TSJADAD:2022:203A, recours A053/22 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par ordonnance pénale du 17 juin 2020, M. Seco a été déclaré auteur responsable d'un délit mineur de mauvais traitements dans l'environnement domestique, prévu et puni par l'article 114.1 du Code pénal. Il a été condamné à trois mois de prison, avec sursis pendant deux ans. Cette ordonnance est devenue ferme faute d'opposition des parties.
Sur requête du Ministère public du 1er octobre 2021, la juge d'instruction (Batlle instructora) a rendu, le 22 avril 2022, un aute révoquant partiellement le sursis. Elle a ordonné la révocation d'un mois de prison conditionnelle, qui devient une peine de prison ferme d'un mois (premier point). Elle a refusé la substitution de cette peine par un arrêt nocturne à domicile (deuxième point). Elle a suspendu l'exécution de sa décision jusqu'à ce qu'elle devienne ferme (quatrième point).
La défense a interjeté appel. Elle demandait la substitution de la peine d'un mois de prison par un arrêt nocturne à domicile d'un mois. À titre subsidiaire, elle sollicitait le bénéfice de la semi-liberté (semillibertat). Elle invoquait la situation personnelle du condamné : la garde d'un fils de quatre ans atteint d'une maladie grave, un suivi psychiatrique volontaire depuis octobre 2018 et une activité d'électricien salarié, avec des gardes de vingt-quatre heures. Le Ministère public s'opposait à l'appel. Il relevait que la révocation n'était que partielle et que le principe de légalité, dans son interprétation stricte, ainsi que le principe de cohérence, faisaient obstacle à la substitution demandée. Il ne s'opposait pas à l'exécution en semi-liberté si l'horaire de travail était établi.
La Sala Penal était composée de Yves Picod (président), Marie Conte (rapporteure) et Fátima Ramírez Souto. Elle a statué en appel et en dernier ressort.
Question de droit
La décision soulève deux questions connexes.
La première porte sur l'applicabilité de la substitution de peine prévue à l'article 66.
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 22 d'abril de 2022 dictat per la Batlle Instructora en la causa de referència, seguida per un delicte menor de maltractaments en l'àmbit domèstic. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent la Sra. Marie Conte. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 19 de desembre del 2022 - ROJ: ATSJAD 203/2022 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_partielle), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- RESULTANT: que per Ordenança Penal de data 17 de juny de 2020 es condemna a Seco com autor responsable d'un delicte menor de maltractaments en l'àmbit domèstic, previst i penat a l'article 114.1 del Codi Penal, a la pena de 3 mesos de presó condicional amb un termini de suspensió de la condemna per un període de 2 anys. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 19 décembre 2022 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
Núm. de Rotlle: TSJP 0000053/2022
Núm. de Causa: Executòria 1080092/2020
AUTE 74-2022
PARTS:
Apel·lant: Sr. Seco
Advocat: Sr. Canals
Apel·lat : MINISTERI FISCAL
Magistrades: Sra. Marie Conte
Sra. Fátima Ramírez Souto
Andorra la Vella, el dinou de desembre de dos mil vint-i-dos.
En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 22 d'abril de 2022 dictat per la Batlle Instructora en la causa de referència, seguida per un delicte menor de maltractaments en l'àmbit domèstic. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent la Sra. Marie Conte.
ANTECEDENTS DE FET
I.- RESULTANT: que per Ordenança Penal de data 17 de juny de 2020 es condemna a Seco com autor responsable d'un delicte menor de maltractaments en l'àmbit domèstic, previst i penat a l'article 114.1 del Codi Penal, a la pena de 3 mesos de presó condicional amb un termini de suspensió de la condemna per un període de 2 anys.