I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 206/2022 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 19 décembre 2022, ECLI:AD:TSJADAD:2022:206A)
Décision commentée : ATSJAD 206/2022 (ECLI:AD:TSJADAD:2022:206A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par ordonnance pénale rendue à l'encontre de M. Amorós (désigné dans le corps de la décision par l'initiale « S. »), celui-ci a été reconnu coupable d'un délit mineur de conduite d'un véhicule automobile avec un taux d'alcoolémie supérieur à 0,8 g/l. Il a été condamné à un mois d'arrêts nocturnes avec sursis et à huit mois de retrait du permis de conduire. La date de cette ordonnance est diversement indiquée dans le texte : le 2 mars 2019 (antécédent I) ou le 2 mars 2020 (antécédent II et fondement I). Le sursis était assorti d'une période d'épreuve de deux ans, qui expirait le 2 mars 2022. L'ordonnance est devenue définitive faute d'opposition des parties.
Le ministère public a sollicité, par écrits des 8 juillet 2020 et 12 janvier 2021, la révocation du bénéfice du sursis. Par ordonnance (aute) du 4 mai 2022, la juge d'instruction a fait droit à cette demande de manière totale. Elle a ordonné l'exécution de trente jours d'arrêts nocturnes fermes, à accomplir par tranches de dix heures consécutives, de 21 heures à 7 heures, au centre pénitentiaire, afin de rendre compatible l'exécution de la peine avec le maintien de l'activité professionnelle du condamné.
Le condamné a interjeté appel. Il demandait la réformation de l'ordonnance et, à titre subsidiaire, l'exécution d'une peine maximale de cinq jours d'arrêts nocturnes au domicile, puis au centre pénitentiaire. Il soutenait que la décision était tardive, dès lors qu'elle était intervenue après l'expiration du délai d'épreuve. Il invoquait en outre une atteinte aux droits de la défense : la révocation était intervenue après un délai qui avait permis la découverte d'un nouveau manquement, et il n'avait pas pu répondre à la seconde demande de révocation du ministère public, qui ne lui aurait pas été notifiée. Le ministère public concluait à la confirmation.
La chambre pénale du Tribunal supérieur de justice a rejeté l'appel dans son intégralité.
Question de droit
La décision soulève trois questions.
1) Le moment de la révocation. La révocation peut-elle être prononcée après l'expiration du délai d'épreuve, lorsque le manquement a été commis pendant ce délai ?
2) Les droits de la défense. Le retard dans la décision de révocation, combiné à l'absence de possibilité, pour le condamné, de répondre à la seconde demande de révocation, constitue-t-il une irrégularité de nature à entraîner l'annulation de la décision ?
3) La proportionnalité. La révocation totale du sursis est-el
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 4 de maig de 2022 dictat per la Batlle Instructora en la causa de referència, seguida per un delicte menor de conducció de vehicle automòbil amb un grau d'alcoholèmia superior a 0,8 g/l/s. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent la Sra. Fátima Ramírez Souto. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 19 de desembre del 2022 - ROJ: ATSJAD 206/2022 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- RESULTANT: que per Ordenança Penal de data 2 de març de 2019 es condemna a Amorós com autor responsable d'un delicte menor de conducció de vehicle automòbil amb un grau d'alcoholèmia superior a 0,8 g/l/s, a la pena d'un (1) mes d'arrest nocturn condicional i 8 mesos de privació del permís de conduir. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 19 décembre 2022 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
Núm. de Rotlle: TSJP 0000063/2022
Núm. de Causa: Executòria 4080045/2020
AUTE 77-2022
PARTS:
Apel·lant: Sr. Amorós
Advocat: Sr. Talavera
Apel·lat : MINISTERI FISCAL
Magistrades: Sra. Marie Conte
Sra. Fátima Ramírez Souto
Andorra la Vella, el dinou de desembre de dos mil vint-i-dos.
En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 4 de maig de 2022 dictat per la Batlle Instructora en la causa de referència, seguida per un delicte menor de conducció de vehicle automòbil amb un grau d'alcoholèmia superior a 0,8 g/l/s. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent la Sra. Fátima Ramírez Souto.