ATSJAD ANDORRA, a 22 de desembre del 2022 - ROJ: ATSJAD 212/2022
cassation_totale
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé22 décembre 2022
NuméroA093/22
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# ATSJAD 212/2022 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 22 décembre 2022)
> Décision commentée : ATSJAD 212/2022 (ECLI:AD:TSJADAD:2022:212A) ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
*Note liminaire : la référence canonique fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence ROJ/ECLI figurant dans le texte intégral est retenue. Recours enregistré sous le numéro A093/22 (TSJA-0000093/2022).*
## Faits et procédure
Un administrateur sanctionné par l'Autorité financière andorrane (AFA) a saisi le Tribunal de Batlles d'une demande dirigée contre l'acord du Conseil d'administration de l'AFA du 16 juillet 2020, qui clôturait la procédure de sanction EB-XX/XX-XX/15. Le demandeur, M. Gutierrez, se voyait infliger plusieurs sanctions pécuniaires pour un montant total de 120 000 euros, ainsi qu'une interdiction professionnelle de dix ans d'exercer des fonctions d'administrateur ou de directeur général dans le système financier andorran. La demande, introduite le 1er septembre 2020, tendait à la nullité de plein droit ou, subsidiairement, à l'annulation de la décision, et, à titre plus subsidiaire encore, à la suspension de la procédure pour prejudicialitat penal (question préjudicielle pénale) jusqu'à décision définitive des procédures pénales connexes.
Par un premier aute du 12 janvier 2021, la demande de suspension n'a pas été retenue. Cette décision est devenue ferme. Par un second aute du 23 août 2022 (aute n° 13/2022), le Batlle ponent a en revanche accueilli la question préjudicielle pénale et suspendu les actuacions jusqu'à la résolution définitive des procédures pénales portant sur les liens entre plusieurs sociétés et l'entité en cause.
L'AFA a interjeté appel. Elle soutient, en substance, (i) que le Batlle ponent était incompétent, l'article 45 de la loi sur la juridiction administrative et fiscale (LJA) attribuant ce pouvoir au Tribunal de Batlles ; (ii) que le second aute méconnaît l'autorité du premier, devenu ferme, et porte atteinte au droit à la juridiction ; (iii) que les décisions pénales ne sont pas indispensables à la résolution du litige ; et (iv) que l'aute impose une obligation d'exécution impossible.
Le demandeur s'oppose à l'appel. Il soutient que l'aute n'est pas susceptible d'appel dès lors qu'il ne rend pas impossible la poursuite de la procédure, que la décision de suspension a été prise collégialement par le Tribunal de Batlles, et qu'en tout état de cause un éventuel vice serait réparable. Il invoque en outre un précédent de la Sala Civil ayant suspendu une procédure civile dans l'attente de causes pénales.
## Question de droit
La Sala Administrativa devait trancher trois questions :
1. **Recevabilité** : un aute qui accorde la suspension d'une procédure pour prejudicialitat penal est-il susceptible d'appel au sens de l'article 45 LJA ?
2. **Compétence** : le Batlle ponent seul peut-il prononcer une telle suspension, ou cette compétence relève-t-elle du Tribunal de Batlles dans sa composition collégiale ?
3. **Autorité** : le rejet antérieur de la demande de suspension par l'aute du 12 janvier 2021, devenu ferme, fait-il obstacle à une nouvelle décision sur le même point ?
Le tribunal ne statue pas, à ce stade, sur le bien-fondé de la suspension ni sur les autres moyens de
Korpus — Jurisprudence
ATSJAD ANDORRA, a 22 de desembre del 2022 - ROJ: ATSJAD 212/2022
I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 212/2022 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 22 décembre 2022)
Note liminaire : la référence canonique fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence ROJ/ECLI figurant dans le texte intégral est retenue. Recours enregistré sous le numéro A093/22 (TSJA-0000093/2022).
Faits et procédure
Un administrateur sanctionné par l'Autorité financière andorrane (AFA) a saisi le Tribunal de Batlles d'une demande dirigée contre l'acord du Conseil d'administration de l'AFA du 16 juillet 2020, qui clôturait la procédure de sanction EB-XX/XX-XX/15. Le demandeur, M. Gutierrez, se voyait infliger plusieurs sanctions pécuniaires pour un montant total de 120 000 euros, ainsi qu'une interdiction professionnelle de dix ans d'exercer des fonctions d'administrateur ou de directeur général dans le système financier andorran. La demande, introduite le 1er septembre 2020, tendait à la nullité de plein droit ou, subsidiairement, à l'annulation de la décision, et, à titre plus subsidiaire encore, à la suspension de la procédure pour prejudicialitat penal (question préjudicielle pénale) jusqu'à décision définitive des procédures pénales connexes.
Par un premier aute du 12 janvier 2021, la demande de suspension n'a pas été retenue. Cette décision est devenue ferme. Par un second aute du 23 août 2022 (aute n° 13/2022), le Batlle ponent a en revanche accueilli la question préjudicielle pénale et suspendu les actuacions jusqu'à la résolution définitive des procédures pénales portant sur les liens entre plusieurs sociétés et l'entité en cause.
L'AFA a interjeté appel. Elle soutient, en substance, (i) que le Batlle ponent était incompétent, l'article 45 de la loi sur la juridiction administrative et fiscale (LJA) attribuant ce pouvoir au Tribunal de Batlles ; (ii) que le second aute méconnaît l'autorité du premier, devenu ferme, et porte atteinte au droit à la juridiction ; (iii) que les décisions pénales ne sont pas indispensables à la résolution du litige ; et (iv) que l'aute impose une obligation d'exécution impossible.
Le demandeur s'oppose à l'appel. Il soutient que l'aute n'est pas susceptible d'appel dès lors qu'il ne rend pas impossible la poursuite de la procédure, que la décision de suspension a été prise collégialement par le Tribunal de Batlles, et qu'en tout état de cause un éventuel vice serait réparable. Il invoque en outre un précédent de la Sala Civil ayant suspendu une procédure civile dans l'attente de causes pénales.
Question de droit
La Sala Administrativa devait trancher trois questions :
Recevabilité : un aute qui accorde la suspension d'une procédure pour prejudicialitat penal est-il susceptible d'appel au sens de l'article 45 LJA ?
Compétence : le Batlle ponent seul peut-il prononcer une telle suspension, ou cette compétence relève-t-elle du Tribunal de Batlles dans sa composition collégiale ?
Autorité : le rejet antérieur de la demande de suspension par l'aute du 12 janvier 2021, devenu ferme, fait-il obstacle à une nouvelle décision sur le même point ?
Le tribunal ne statue pas, à ce stade, sur le bien-fondé de la suspension ni sur les autres moyens de
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
Reproduction verbatim
« El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número 000093/2022. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 22 de desembre del 2022 - ROJ: ATSJAD 212/2022 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
Reproduction verbatim
« En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent la magistrada Sra. Elsa Puig Muñoz, la qual expressa el parer del Tribunal. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
Reproduction verbatim
« Primer.- Estimar el recurs d'apel·lació presentat per l'AUTORITAT FINANCERA ANDORRANA (AFA) contra l'aute núm. 13/2022, del 23/08/2022, que s'anul·la, i retornar les actuacions a la Batllia. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 22 décembre 2022 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Administrativa
Núm. de Protocol: 2000047/2020 Núm. Rotlle: TSJA-0000093/2022
AUTE 29-2022
PARTS :
Apel·lant: AUTORITAT FINANCERA ANDORRANA (AFA)
Representant: Sra. Calatayud
Advocat: Sr. Viñas
Apel·lat: Sr. Gutierrez
Representant: Sra. Salamanca
Advocat: Sr. Carretero
Andorra la Vella, el 22 de desembre de 2022.
El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número 000093/2022.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent la magistrada Sra. Elsa Puig Muñoz, la qual expressa el parer del Tribunal.
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° A093/22 — Décision commentée
1.- En data 01/09/2020 el Sr. Gutierrez va presentar demanda contra l'Acord del Consell d'Administració de l'AUTORITAT FINANCERA ANDORRANA (AFA), de data 16/07/2020, que va posar fi al procediment sancionador EB-XX/XX-XX/15, i imposà la X., i vàries persones físiques -directius o membres de la direcció general de l'entitat-, entre elles l'agent, diverses sancions. Més concretament, al Sr. Gutierrez se li imposaren vàries sancions pecuniàries per un import total de 120.000 euros, així com la inhabilitació professional per a l'exercici del càrrec d'administrador o director general, de dret o de fet, en el sistema financer andorrà per un termini de deu anys.
En la demanda se sol·licitava que es declarés la nul·litat de ple dret o, subsidiàriament, que s'anul·lés la resolució per absència de comunicació de la incoació de l'expedient sancionador o per incompetència manifesta de l'òrgan que resolgué; l'arxiu de l'expedient en relació amb l'agent per prescripció i per caducitat, i, subsidiàriament, si no fos acordada la nul·litat o la anul·labilitat, que s'acordés la suspensió del procediment per prejudicialitat penal fins que es dictin sentències definitives en els processos penals esmentats al propi escrit de demanda.
2.- Per aute de data 23/08/2022 (folis 247 i següents de les actuacions) es va acordar donar lloc a la qüestió de prejudicialitat penal això com "suspendre les actuacions fins la resolució definitiva dels procediments penals en els quals s'analitzen la vinculació de les societats Y., SA i L. INC amb l'entitat X. i l'adequació legal del seu funcionament i operativa així com també els fets que es descriuen en relació al denominat "C."".
3.- L'AUTORITAT FINANCERA ANDORRANA (AFA) ha interposat recurs d'apel·lació, el qual fonamenta, en síntesi, en les al·legacions següents:
Manca de competència del Batlle ponent per acordar la suspensió del procediment, compte tingut que l'art. 45 de la Llei Administrativa preveu que les excepcions es resolguin pel Tribunal de Batlles.
Vulneració del dret a la jurisdicció i arbitrarietat, ja que la sol·licitud de suspensió per prejudicialitat ja s'havia denegat per aute de data 12/01/2021, que va esdevenir ferm, sense que el Batlle es pugui pronunciar novament sobre aquesta qüestió en la sentència, llevat de fets de nova notícia o del resultat de les proves practicades, i encara menys es podia pronunciar mitjançant un nou aute contradictori amb l'anterior.
Les resolucions penals no són imprescindibles per a la resolució del present procés.
L'aute estableix una obligació d'impossible compliment, compte tingut que es diu que, com sigui que el Sr. Gutierrez no és part en els procediments penals, l'acabament d'aquests s'haurà de comunicar per l'AUTORITAT FINANCERA ANDORRANA (AFA) al Tribunal de Batlles, quan l'AUTORITAT FINANCERA ANDORRANA (AFA) tampoc és part en aquells procediments.
4.- La representació del Sr. Gutierrez es va oposar al recurs d'apel·lació, tot al·legant que:
El fet que amb anterioritat es desestimés la sol·licitud de suspensió del procediment no és impediment perquè, un cop tramitat el recurs, es consideri que la resolució dels procediments penals ha de ser prèvia, compte tingut que la posició de l'AUTORITAT FINANCERA ANDORRANA (AFA) en el procediment sancionador es centra en que l'operativa i el funcionament de les societats L. INC i Z., SA (filial de Y., SA) no s'ajustaven a la legalitat, ço que obliga conèixer prèviament el resultat dels procediments penals que investiguen l'operativa i funcionament d'aquestes societats.
L'aute apel·lat no impossibilita la continuació del procediment, per la qual cosa no pot ser objecte de recurs d'apel·lació, en aplicació de l'art. 45 de la Llei Administrativa.
La decisió de suspendre el procediment s'ha pres pel Tribunal de Batlles, sense que sigui necessària la signatura col·legiada. En qualsevol cas, seria un defecte esmenable.
Si la part agent manté que la decisió no s'ha pres per el Tribunal de Batlles sinó només pel Batlle ponent, hauria d'haver acudit a la via de l'art. 18 de la Llei Transitòria dels procediments judicials, i no per la de l'art. 78 de la Llei de la Jurisdicció Administrativa.
Resulta raonable que, desprès de la deliberació de l'assumpte per part del Tribunal de Batlles, aquest, a la vista de la tramitació del procediment, i desprès de la discussió i valoració de la decisió a prendre, considerés que calia suspendre'l fins la resolució de les causes penals.
La Sala Civil s'ha pronunciat a favor de la suspensió d'un procediment civil -causa 2000114/2019- a l'espera de la resolució de diferents causes penals seguides per l'activitat de X.
Cal imposar les costes a la part agent.
FONAMENTS DE DRET
Primer.- Competència
La Sala Administrativa del Tribunal Superior de Justícia és competent per conèixer del present recurs, en aplicació de l'art. 77 de la Llei de la Jurisdicció Administrativa del 15 de novembre de 1989, aplicable per raons temporals (en endavant LJA).
Segon.- Impugnabilitat de l'aute que acorda la suspensió del procediment per prejudicialitat penal
L'art. 8 de la Llei Qualificada de la Justícia, disposava, en el moment de dictar-se l'aute de 12/01/2021 (pel qual no es va donar lloc a la petició de suspensió per prejudicialitat penal formulada per la part agent), que l'existència d'una qüestió prejudicial penal, sempre que la seva prèvia resolució sigui imprescindible per a la resolució d'un judici civil o administratiu, comportarà la suspensió del procediment fins que aquella no hagi estat resolta per l'òrgan penal competent.
Aquesta redacció fou substituïda per la que li va donar el Codi de Procediment Civil a partir del 30/04/2021 -i que és l'actualment vigent-: "L'existència d'una qüestió prejudicial penal comporta la suspensió del procés civil o administratiu. La prejudicialitat penal requereix que en el procés penal s'investiguin fets que fonamenten les pretensions de les parts en el procés civil o administratiu, i que la resolució que hagi de recaure en el procés penal sigui imprescindible per resoldre el procés civil o administratiu."
D'altra banda, l'art. 45 de la LJA disposava:
"Les excepcions formulades en els escrits de contestació a la demanda seran resoltes, a l'arbitri del Tribunal de Batlles, ja sigui per aute incidental, abans de la sentència, o en la sentència definitiva.
Quan les excepcions siguin resoltes per aute incidental, només hi cabrà recurs davant el Tribunal Superior de Justícia d'Andorra quan es doni lloc a l'excepció formulada i s'impossibiliti la continuació del procediment, d'acord amb el títol IV secció primera d'aquesta llei. En tots els demés casos només procedirà recurs d'apel·lació contra sentències definitives. (...)".
Doncs bé, la primera qüestió que cal resoldre és la relativa a si un aute que acorda la suspensió del procediment per prejudicialitat penal pot ser o no objecte de recurs d'apel·lació, o, dit en altres paraules, si aquest aute impossibilita la continuació del procediment. I és evident que sí. És cert que aquesta impossibilitat no és definitiva, però la suspensió pot durar un termini indeterminat que pot ser llarg, i fins i tot molt llarg. Per això, el principi de tutela judicial efectiva obliga a entendre que, en aquests casos, la decisió de suspendre el procediment per prejudicialitat penal sí és apel·lable.
Tercer.- Competència per acordar la suspensió del procediment
Com s'ha dit, l'AUTORITAT FINANCERA ANDORRANA (AFA) al·lega la manca de competència del Batlle ponent per acordar la suspensió del procediment, compte tingut que l'art. 45 de la Llei Administrativa preveu que les excepcions es resolguin pel Tribunal de Batlles. I és cert que la suspensió per prejudicialitat s'ha de decidir pel Tribunal i no només pel Batlle ponent. Així s'estableix a l'art. 45 de la Llei Administrativa, i a l'art. 16.1.e) de la Llei Qualificada de la Justícia, que disposa que correspon al batlle o el magistrat ponent "proposar els autes resolutoris d'incidents", és a dir, el Batlle ponent fa la proposta però és el Tribunal de Batlles qui ha de decidir si l'aprova o no, decisió que ha de venir refrendada per la corresponent signatura de tots els membres del Tribunal, bé sigui manual, o, com es fa actualment, electrònica.
En el cas que ens ocupa l'aute el signa -electrònicament- només el Batlle ponent, sense que hi hagi cap element que permeti entendre que la decisió es va prendre per tot el Tribunal de Batlles, per la qual cosa és nul per manca de competència de qui el dictà.
D'altra banda, la circumstància que amb anterioritat el propi Batlle ponent hagués dictat un altre aute -el de data 12/01/2021-, que no va donar lloc a la petició de suspensió del procediment per prejudicialitat penal formulada per la part agent, no impedeix que aquesta decisió no es pugui revisar mitjançant el de data 23/08/2022, compte tingut que el primer també estava signat només pel Batlle ponent, el que suposa que també aquest sigui nul. I és que, seguint la tesi de la representació de l'AUTORITAT FINANCERA ANDORRANA (AFA), l'aute del 23/08/2023 seria nul -ço que, com s'ha dit, es comparteix-, però aquesta posició resulta incongruent amb defensar alhora, com fa l'AUTORITAT FINANCERA ANDORRANA (AFA), que l'aute del 12/01/2021 contenia una decisió ferma i inatacable -la no suspensió del procediment per prejudicialitat penal- que no pot ser modificada per l'aute de 23/08/2022. En altres paraules, ambdós autes incorren en el mateix vici, és a dir, la insuficiència de la competència del Batlle ponent per prendre la decisió.
L'estimació del recurs d'apel·lació de l'AUTORITAT FINANCERA ANDORRANA (AFA) per aquest motiu obliga a la retroacció de les actuacions per tal que, si escau, el ponent proposi al Tribunal de Batlles la decisió sobre si procedeix o no la suspensió del procediment per prejudicialitat penal, sense que es pugui ara resoldre cap altre qüestió de les formulades per les parts.
DECISIÓ
En atenció a tot el que s'ha exposat, el Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, en nom del poble andorrà, decideix:
Primer.- Estimar el recurs d'apel·lació presentat per l'AUTORITAT FINANCERA ANDORRANA (AFA) contra l'aute núm. 13/2022, del 23/08/2022, que s'anul·la, i retornar les actuacions a la Batllia.