I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD Andorra, Sala Civil, 17 janvier 2023 (ROJ : ATSJAD 28/2023)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 17 janvier 2023, ROJ : ATSJAD 28/2023, ECLI:AD:TSJADAD:2023:28A (Lire sur source officielle)
Note : la référence canonique fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence reprise ici est celle figurant dans le texte intégral de la décision.
Faits et procédure
Dans une instance civile engagée par la société Yuste à l'encontre de M. Machado, ce dernier a soulevé, le 16 juillet 2021, une question de prejudicialitat penal (prééminence de la juridiction pénale) au regard de diligences préalables pénales (n° 2000220/2021). Il invoquait une querella (plainte avec constitution de partie civile) pour escroquerie processuelle en tentative (articles 208 et 209.b du Code pénal) dirigée contre les frères Quesada et Azorin et contre la société Yuste. Selon lui, les querellés avaient accepté la succession de leur père plus de deux ans après le décès, alors que le délai d'acceptation prévu par le testament était échu, de sorte que les droits successoraux revenaient, selon la volonté du testateur, à une fondation privée catalane.
Par aute du 8 février 2022, le Tribunal de Batlles a rejeté la demande de suspension, a levé la suspension existante et a condamné la partie défenderesse aux dépens selon la règle victus fert expensas. Le rejet se fondait sur la décision du juge d'instruction d'archiver les diligences préalables (aute du 19 juillet 2021, la date étant mentionnée tantôt comme 19 juillet, tantôt comme 19 août 2021 dans le texte). Or cette décision n'était pas définitive, M. Machado ayant formé un recours devant le Tribunal de Corts.
M. Machado a interjeté appel en demandant la révocation de l'aute et la suspension de la procédure civile jusqu'à la résolution définitive de la procédure pénale. La société Yuste a conclu à la confirmation. Le Tribunal supérieur de justice, Sala Civil, a admis les preuves proposées par l'appelant, puis a statué.
Question de droit
La question posée était de savoir si l'existence d'une plainte pénale pendante, portant sur des faits liés à la succession et à la composition de l'actionnariat d'une société, constitue une question préjudicielle pénale justifiant la suspension obligatoire du procès civil.
Le raisonnement de la Cour s'articule autour de trois points :
-
Le fondement légal de la suspension. Le Tribunal rappelle que l'ordre juridique, pour éviter le risque de contradiction entre deux décisions sur des faits communs, prévoit que la procédure civile est suspendue jusqu'à la résolution définitive de la procédure pénale (article 8 de la Llei qualificada de la justícia, LQJ). La Cour fonde cette règle sur le principe de sécurité juridique (article 3.2 de la Constitution) et la rattache à la maxime « le pénal tient le civil en l'état », tout en relevant que cette solution a, en règle générale, été abandonnée dans les ordres juridiques voisins.
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Les critères de la prejudicialitat. Reprenant sa jurisprudence (aute du 30 ju
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Andorra la Vella, el 17 de gener del 2023. En nom del Poble Andorrà.- »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 17 de gener del 2023 - ROJ: ATSJAD 28/2023 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions més amunt referenciades. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquest nostre aute, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 17 janvier 2023 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC.- 0000065/2022 ORIGEN: 7000236/2020 - 00
NIG: 5300542120200003779
PARTS:
Apel·lant: Sr. Machado
Representant: Sra. Tur
Advocat: Sra. Gálvez
Apel·lat: Yuste
Representant: Sra. Manso
Advocat: Sr. Durán
OBJECTE: Prejudicialitat penal
AUTE 003-2023
Andorra la Vella, el 17 de gener del 2023. En nom del Poble Andorrà.-
Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions més amunt referenciades.