ATSJAD ANDORRA, a 18 d'abril del 2023 - ROJ: ATSJAD 93/2023
Confirmation
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé18 avril 2023
NuméroA268/22
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# ATSJAD ANDORRA, a 18 d'abril del 2023 - ROJ: ATSJAD 93/2023
> Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 18 avril 2023, Aute 057-2023, n° de recours A268/22, ROJ : ATSJAD 93/2023 ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
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## I. Le contexte factuel et procédural
### A. Les faits à l'origine du litige
L'affaire soumise au Tribunal Superior de Justícia d'Andorra s'insère dans un schéma contractuel et sociétaire complexe portant sur l'exploitation et la propriété d'un établissement hôtelier dénommé « Hôtel H ».
Le 1er janvier 2012, un contrat de bail d'immeuble à usage commercial (*contracte d'arrendament de local de negoci*) portant sur l'Hôtel H est conclu pour une durée de sept ans entre la société C, SL, alors propriétaire de l'immeuble, et la société B, SL, en qualité de preneuse. L'organisation du capital de la société preneuse B, SL révèle des liens étroits avec la bailleresse : le capital de B, SL est détenu à hauteur de 40 % par M. Benítez et à hauteur de 60 % par la société D, SL. Les associés de cette dernière société sont MM. Tejera et Sarabia. Or, ces deux personnes physiques étaient également associées de la société propriétaire C, SL, conjointement avec deux autres personnes morales (les sociétés E, SL et F, SL) dont ils étaient pareillement les associés.
Le 30 mai 2019, la société preneuse B, SL conclut avec une tierce société, la société A, SLU (dénommée au dossier A, ORG_0), un contrat de cession de l'exploitation de l'Hôtel H (*contracte de cessió de l'explotació de l'Hotel H*) pour une durée de sept années. Cette convention d'exploitation intervient avec le consentement exprès de la société propriétaire de l'immeuble, C, SL, par l'entremise de ses représentants communs.
L'assiette immobilière fait ensuite l'objet de mutations de propriété successives. Le 4 mars 2020, l'Hôtel H est acquis par l'établissement bancaire G, SA dans le cadre d'une dation en paiement judiciaire de biens (*cessió judicial de béns en pagament*). Quelques mois plus tard, le 29 octobre 2020, l'établissement de crédit revend l'immeuble à M. Romeu. À l'occasion de cette vente, M. Romeu se subroge de plein droit dans la position juridique de bailleur au titre du contrat de bail commercial en cours. En outre, l'acte de vente notarié comporte une cession expresse au profit de l'acquéreur de l'ensemble des actions et créances nées du bail commercial impayées depuis l'acquisition initiale de la banque le 4 mars 2020.
Le 6 novembre 2020, le nouveau propriétaire, M. Romeu, notifie formellement à la société locataire B, SL la vente de l'immeuble et sa subrogation en qualité de bailleur. Parallèlement, des échanges informels par messagerie électronique instantanée interviennent entre M. Romeu et le directeur commercial de la société exploitante A, SLU au sujet de la gestion de l'hôtel, M. Romeu signalant dès le mois de novembre 2020 sa volonté de poursuivre la résiliation du contrat liant la propriété à B, SL en raison d'arriérés locatifs.
### B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
Faisant valoir un défaut de paiement des loyers, le bailleur subrogé, M. Romeu, engage devant la juridiction de première instance (*Batllia d'Andorra*) une action en résiliation du contrat de bail de local commercial et en expulsion (*desnonament*) dirigée exclusivement contre sa cocontractante directe, la société locataire B, SL.
Au cours de cette instance principale de première instance, la juridiction adresse à la société exploitante A, SLU une commission ou réquisition judiciaire (*ofici judicial*) lui enjoignant de verser diverses pièces au dossier, document qui mentionne explicitement l'identité du demandeur (M. Romeu), de la défenderesse (B, SL) et le numéro de la cause. Toutefois, A, SLU ne sollicite pas son intervention à l'instance.
Par un jugement sur le fond rendu le 4 avril 2022, la Batllia prononce la résiliation du bail commercial liant le propriétaire M. Romeu à la société B, SL, condamne cette dernière au paiement des loyers échus et impayés, et lui ordonne de libérer immédiatement les lieux et d'en restituer la possession libre et vacante à la propriété.
Le 9 juin 2022, M. Romeu notifie ce jugement d'expulsion à la société exploitante A, SLU, en lui précisant que la société preneuse B, SL a l'obligation judiciaire de vider l'hôtel et d'en rendre la possession au 14 juin 2022.
Le 28 juin 2022, la société A, SLU saisit la Batllia d'un incident de nullité des actes de procédure (*incident de nul·litat d'actuacions*) dirigé contre le jugement du 4 avril 2022. Elle soutient que le jugement lui est inopposable et entaché d'une nullité radicale pour violation de ses droits fondamentaux, faute d'avoir été appelée à l'instance alors que le demandeur connaissait son statut d'exploitante en vertu du contrat de cession du 30 mai 2019. Dans le cadre de cet incident, la société B, SL intervient et sollicite la production de mesures d'instruction documentaires par voie de réquisition afin de prouver la consistance des meubles et l'exploitation continue et paisible des lieux par A, SLU.
Par ordonnance (*Aute*) du 20 septembre 2022, la Batllia rejette les demandes de réquisitions documentaires formulées par B, SL, déboute la société A, SLU de son incident de nullité d'actuacions contre le jugement du 4 avril 2022, ordonne la transmission des mémoires et condamne A, SLU aux dépens exposés par M. Romeu.
Le 12 octobre 2022, les sociétés A, SLU et B, SL interjettent appel de cette ordonnance devant la Chambre civile du Tribunal Superior de Justícia d'Andorra :
- La société A, SLU fonde son appel sur la violation de l'article 10 de la Constitution de la Principauté d'Andorre, plus spécifiquement en ce qui concerne le droit à la défense (*dret a la defensa*), ainsi que sur la méconnaissance des principes d'audience, de contradiction, d'égalité des armes et de bonne foi procédurale. Elle soutient que M. Romeu, en se portant acquéreur de l'Hôtel H, s'est également subrogé dans les obligations du contrat de cession d'exploitation hôtelière du 30 mai 2019 consenti à son profit. Par conséquent, M. Romeu avait l'obligation juridique de former sa demande d'expulsion conjointement contre elle, en vertu d'un litisconsortium passif nécessaire (*litisconsorci passiu necessari*). Elle requiert la rétroaction des actes de procédure au stade initial du dépôt de la demande en justice, sa mise en cause régulière, et la condamnation du bailleur aux dépens de l'incident.
- La société B, SL fonde son recours sur l'article 10 de la Constitution, sous l'angle du droit d'obtenir une décision motivée en droit (*dret a obtenir una decisió fonamentada en dret*). Elle soutient que le bailleur devait attraire A, SLU en la cause, justifie son abstention d'avoir provoqué cette intervention en première instance par le souci d'éviter des dépens superflus, fait valoir que le premier juge a statué *extra petita* sur l'extinction des effets de la cession d'exploitation, et conteste le rejet de ses offres de preuve documentaire.
- L'intimé, M. Romeu, dépose son mémoire le 1er décembre 2022, concluant à la confirmation intégrale de l'ordonnance attaquée et à la condamnation solidaire des appelantes aux dépens d'appel, comprenant les honoraires d'avocat et de mandataire ad litem (*procurador*).
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## II. La question de droit et la solution de la juridiction
### A. Le problème juridique posé
Le litige porte sur l'opposabilité d'un jugement de résiliation de bail commercial et d'expulsion à l'égard d'un tiers exploitant du fonds, non appelé à la cause par le propriétaire bailleur. Plusieurs questions de droit interdépendantes étaient posées au Tribunal Superior de Justícia d'Andorra :
1. L'acquéreur d'un immeuble donné à bail commercial, qui se subroge légalement dans les droits du bailleur initial, est-il lié par la convention de cession d'exploitation commerciale conclue entre son locataire et un tiers exploitant, même lorsque le précédent propriétaire avait donné son accord à cette mise à disposition ?
2. L'existence de ce contrat d'exploitation et la connaissance de sa conclusion par le propriétaire imposent-elles à ce dernier, lorsqu'il intente une action en résolution du bail principal pour défaut de paiement des loyers, d'assigner conjointement l'exploitant du fonds sous peine de vicier la procédure par défaut de litisconsortium passif nécessaire (*litisconsorci passiu necessari*) ?
3. Le tiers exploitant qui dispose d'un intérêt direct et légitime à l'instance, qui a été informé matériellement de l'existence du litige et requis judiciairement d'y produire des pièces, peut-il se prévaloir d'une atteinte constitutionnelle à son droit à la défense (article 10 de la Constitution andorrane) par le biais
Korpus — Jurisprudence
ATSJAD ANDORRA, a 18 d'abril del 2023 - ROJ: ATSJAD 93/2023
ATSJAD ANDORRA, a 18 d'abril del 2023 - ROJ: ATSJAD 93/2023
Reproduction verbatim
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 18 avril 2023, Aute 057-2023, n° de recours A268/22, ROJ : ATSJAD 93/2023 (Lire sur source officielle)
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I. Le contexte factuel et procédural
A. Les faits à l'origine du litige
L'affaire soumise au Tribunal Superior de Justícia d'Andorra s'insère dans un schéma contractuel et sociétaire complexe portant sur l'exploitation et la propriété d'un établissement hôtelier dénommé « Hôtel H ».
Le 1er janvier 2012, un contrat de bail d'immeuble à usage commercial (contracte d'arrendament de local de negoci) portant sur l'Hôtel H est conclu pour une durée de sept ans entre la société C, SL, alors propriétaire de l'immeuble, et la société B, SL, en qualité de preneuse. L'organisation du capital de la société preneuse B, SL révèle des liens étroits avec la bailleresse : le capital de B, SL est détenu à hauteur de 40 % par M. Benítez et à hauteur de 60 % par la société D, SL. Les associés de cette dernière société sont MM. Tejera et Sarabia. Or, ces deux personnes physiques étaient également associées de la société propriétaire C, SL, conjointement avec deux autres personnes morales (les sociétés E, SL et F, SL) dont ils étaient pareillement les associés.
Le 30 mai 2019, la société preneuse B, SL conclut avec une tierce société, la société A, SLU (dénommée au dossier A, ORG_0), un contrat de cession de l'exploitation de l'Hôtel H (contracte de cessió de l'explotació de l'Hotel H) pour une durée de sept années. Cette convention d'exploitation intervient avec le consentement exprès de la société propriétaire de l'immeuble, C, SL, par l'entremise de ses représentants communs.
L'assiette immobilière fait ensuite l'objet de mutations de propriété successives. Le 4 mars 2020, l'Hôtel H est acquis par l'établissement bancaire G, SA dans le cadre d'une dation en paiement judiciaire de biens (cessió judicial de béns en pagament). Quelques mois plus tard, le 29 octobre 2020, l'établissement de crédit revend l'immeuble à M. Romeu. À l'occasion de cette vente, M. Romeu se subroge de plein droit dans la position juridique de bailleur au titre du contrat de bail commercial en cours. En outre, l'acte de vente notarié comporte une cession expresse au profit de l'acquéreur de l'ensemble des actions et créances nées du bail commercial impayées depuis l'acquisition initiale de la banque le 4 mars 2020.
Le 6 novembre 2020, le nouveau propriétaire, M. Romeu, notifie formellement à la société locataire B, SL la vente de l'immeuble et sa subrogation en qualité de bailleur. Parallèlement, des échanges informels par messagerie électronique instantanée interviennent entre M. Romeu et le directeur commercial de la société exploitante A, SLU au sujet de la gestion de l'hôtel, M. Romeu signalant dès le mois de novembre 2020 sa volonté de poursuivre la résiliation du contrat liant la propriété à B, SL en raison d'arriérés locatifs.
B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
Faisant valoir un défaut de paiement des loyers, le bailleur subrogé, M. Romeu, engage devant la juridiction de première instance (Batllia d'Andorra) une action en résiliation du contrat de bail de local commercial et en expulsion (desnonament) dirigée exclusivement contre sa cocontractante directe, la société locataire B, SL.
Au cours de cette instance principale de première instance, la juridiction adresse à la société exploitante A, SLU une commission ou réquisition judiciaire (ofici judicial) lui enjoignant de verser diverses pièces au dossier, document qui mentionne explicitement l'identité du demandeur (M. Romeu), de la défenderesse (B, SL) et le numéro de la cause. Toutefois, A, SLU ne sollicite pas son intervention à l'instance.
Par un jugement sur le fond rendu le 4 avril 2022, la Batllia prononce la résiliation du bail commercial liant le propriétaire M. Romeu à la société B, SL, condamne cette dernière au paiement des loyers échus et impayés, et lui ordonne de libérer immédiatement les lieux et d'en restituer la possession libre et vacante à la propriété.
Le 9 juin 2022, M. Romeu notifie ce jugement d'expulsion à la société exploitante A, SLU, en lui précisant que la société preneuse B, SL a l'obligation judiciaire de vider l'hôtel et d'en rendre la possession au 14 juin 2022.
Le 28 juin 2022, la société A, SLU saisit la Batllia d'un incident de nullité des actes de procédure (incident de nul·litat d'actuacions) dirigé contre le jugement du 4 avril 2022. Elle soutient que le jugement lui est inopposable et entaché d'une nullité radicale pour violation de ses droits fondamentaux, faute d'avoir été appelée à l'instance alors que le demandeur connaissait son statut d'exploitante en vertu du contrat de cession du 30 mai 2019. Dans le cadre de cet incident, la société B, SL intervient et sollicite la production de mesures d'instruction documentaires par voie de réquisition afin de prouver la consistance des meubles et l'exploitation continue et paisible des lieux par A, SLU.
Par ordonnance (Aute) du 20 septembre 2022, la Batllia rejette les demandes de réquisitions documentaires formulées par B, SL, déboute la société A, SLU de son incident de nullité d'actuacions contre le jugement du 4 avril 2022, ordonne la transmission des mémoires et condamne A, SLU aux dépens exposés par M. Romeu.
Le 12 octobre 2022, les sociétés A, SLU et B, SL interjettent appel de cette ordonnance devant la Chambre civile du Tribunal Superior de Justícia d'Andorra :
La société A, SLU fonde son appel sur la violation de l'article 10 de la Constitution de la Principauté d'Andorre, plus spécifiquement en ce qui concerne le droit à la défense (dret a la defensa), ainsi que sur la méconnaissance des principes d'audience, de contradiction, d'égalité des armes et de bonne foi procédurale. Elle soutient que M. Romeu, en se portant acquéreur de l'Hôtel H, s'est également subrogé dans les obligations du contrat de cession d'exploitation hôtelière du 30 mai 2019 consenti à son profit. Par conséquent, M. Romeu avait l'obligation juridique de former sa demande d'expulsion conjointement contre elle, en vertu d'un litisconsortium passif nécessaire (litisconsorci passiu necessari). Elle requiert la rétroaction des actes de procédure au stade initial du dépôt de la demande en justice, sa mise en cause régulière, et la condamnation du bailleur aux dépens de l'incident.
La société B, SL fonde son recours sur l'article 10 de la Constitution, sous l'angle du droit d'obtenir une décision motivée en droit (dret a obtenir una decisió fonamentada en dret). Elle soutient que le bailleur devait attraire A, SLU en la cause, justifie son abstention d'avoir provoqué cette intervention en première instance par le souci d'éviter des dépens superflus, fait valoir que le premier juge a statué extra petita sur l'extinction des effets de la cession d'exploitation, et conteste le rejet de ses offres de preuve documentaire.
L'intimé, M. Romeu, dépose son mémoire le 1er décembre 2022, concluant à la confirmation intégrale de l'ordonnance attaquée et à la condamnation solidaire des appelantes aux dépens d'appel, comprenant les honoraires d'avocat et de mandataire ad litem (procurador).
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II. La question de droit et la solution de la juridiction
A. Le problème juridique posé
Le litige porte sur l'opposabilité d'un jugement de résiliation de bail commercial et d'expulsion à l'égard d'un tiers exploitant du fonds, non appelé à la cause par le propriétaire bailleur. Plusieurs questions de droit interdépendantes étaient posées au Tribunal Superior de Justícia d'Andorra :
L'acquéreur d'un immeuble donné à bail commercial, qui se subroge légalement dans les droits du bailleur initial, est-il lié par la convention de cession d'exploitation commerciale conclue entre son locataire et un tiers exploitant, même lorsque le précédent propriétaire avait donné son accord à cette mise à disposition ?
L'existence de ce contrat d'exploitation et la connaissance de sa conclusion par le propriétaire imposent-elles à ce dernier, lorsqu'il intente une action en résolution du bail principal pour défaut de paiement des loyers, d'assigner conjointement l'exploitant du fonds sous peine de vicier la procédure par défaut de litisconsortium passif nécessaire (litisconsorci passiu necessari) ?
Le tiers exploitant qui dispose d'un intérêt direct et légitime à l'instance, qui a été informé matériellement de l'existence du litige et requis judiciairement d'y produire des pièces, peut-il se prévaloir d'une atteinte constitutionnelle à son droit à la défense (article 10 de la Constitution andorrane) par le biais
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC.- 0000268/2022 ORIGEN: 3000382/2021 - 01
NIG: 5300542120210001895
PARTS:
Apel·lant: A, ORG_0
Representant: Sr. Puig
Advocat: Sr. Gaya
Apel·lant: B, SL
Representant: Sra. Vaquero
Advocat: Sr. Vara
Apel·lat: Sr. Romeu
Representant: Sra. Calatayud
Advocat: Sr. Corbacho
OBJECTE: Recurs contra Aute desestimant incident de nul·litat d'actuacions
AUTE 057-2023
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° A268/22 — Décision commentée
Andorra la Vella, el 18 d'abril del 2023. En nom del Poble Andorrà.-
Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions més amunt referenciades.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent la magistrada Sra. Alexandra Cornella Sola, la qual expressa el parer del Tribunal.
ANTECEDENTS DE FET
1.- En data 20 de setembre de 2022, va recaure Aute amb la següent part dispositiva:
"DECIDEIX
Primer.- Inadmetre les proves "1.- Documental per requeriment" i "2.- Documental per requeriment" proposades per la representació processal de la societat "B, S.L." i admetre la resta de mitjans probatoris proposats.
Segon.- No declarar la nul·litat de la Sentència dictada als 4 d'abril d'enguany, desestimant la petició formulada per la societat "A, S.L.U." per escrit presentat el dia 28 de juny proppassat.
Tercer.- Donar trasllat a les parts de l'incident dels escrits presentats en seguiment a la Interlocutòria de data 6 de juliol d'enguany.
Quart.- Imposar a la societat "A, S.L.U." les costes processals causades al Sr. Romeu."
2.- En data 12 d'octubre de 2022, les representacions processals de les societats A, ORG_0 i B, SL han formulat recurs d'apel·lació contra la resolució anteriorment referida. La primera, per violació de l'article 10 de la Constitució en la seva vessant del dret a la defensa i per vulneració dels principis processals d'audiència, contradicció, igualtat i bona fe processal, tot interessant la retroacció de les actuacions al moment de la presentació de la demanda, i l'emplaçament de les societats B, SL i A, ORG_0 al tràmit de contesta a la demanda, i la condemna del senyor Romeu al pagament de les costes processals que la tramitació de l'incident d'actuacions hagi generat a la societat promotora de l'incident. I la segona de les esmentades societats, en base també a la vulneració de l'article 10 de la Constitució en la seva vessant d'obtenir una decisió fonamentada en dret, interessant que s'estimi l'incident de nul·litat interposat per la societat A ORG_0, al que ella s'havia adherit, i es revoqui la resolució apel·lada, amb expressa imposició de les costes al senyor Romeu.
3.- Mitjançant escrit de data 1 de desembre de 2022, la representació processal del senyor Romeu s'oposa als recursos d'apel·lació interposats tot sol·licitant la seva desestimació i la confirmació de l'Aute de data 20 de setembre de 2022, amb la condemna en costes de les parts recurrents, inclosos els honoraris d'advocat i procurador.
FONAMENTS DE DRET
Primer.- S'alcen les parts recurrents contra la decisió de la instància, de data 20 de setembre de 2022, per la que s'inadmetia la pretensió probatòria de la societat B SL, es desestimava l'incident de nul·litat de la Sentència d'instància dictada en data 4 d'abril de 2022 i s'imposaven les costes processals ocasionades al senyor Romeu a la societat promotora de l'incident.
Segon.- Prèviament a entrar sobre el fons dels recursos d'apel·lació interposats i als efectes d'obtenir un millor enteniment dels fets sotmesos a discussió, procedeix efectuar una breu referència als antecedents dels que es deriva la relació entre les persones físiques i jurídiques objecte d'aquesta causa:
1.- En data 1 de gener de 2012, les societats C, SL -propietària de l'Hotel H- i B, SL signen un contracte d'arrendament de local de negoci sobre el referit Hotel H per una durada de 7 anys.
2.- La societat B, SL es troba participada pel senyor Benítez (40%) i la societat D, SL, a raó del 60%.
Al seu torn, els socis d'aquesta darrera societat són els senyors ENTITY_12-Tejera i Sarabia.
Els senyors ENTITY_12-Tejera i Sarabia també eren socis de la societat C, SL, junt amb dues societats anomenades E SL i F, SL de les que a més, també n'eren els socis.
3.- En data 30 de maig de 2019 les societat B, SL i A, ORG_0 atorguen un contracte de cessió de l'explotació de l'Hotel H amb el consentiment de la societat C SL, propietària del mateix (foli 391 i ss.), per una durada de 7 anys.
4.- En data 4 de març de 2020, l'Hotel H és adquirit per l'entitat bancària G SA, mitjançat cessió judicial de béns en pagament que, al seu torn, el ven al senyor Romeu en data 29 d'octubre de 2020, subrogant-se en aquest moment el senyor Romeu en la posició de part arrendadora (foli 55, incloent el seu revers). A més, l'entitat bancària li feu cessió expressa de les accions derivades del contracte d'arrendament existent, per reclamar el que no havia percebut des de la seva adquisició en data 4 de març de 2020.
5.- En data 6 de novembre de 2020, el senyor Romeu comunica la compra de l'establiment hoteler i la seva subrogació en la posició d'arrendador a la societat B, SL.
6.- Per Sentència d'instància de data 4 d'abril de 2022, es declara resolt el contracte d'arrendament de local de negoci de l'Hotel H entre la propietat i la societat B SL.
7.- En data 9 de juny de 2022 el senyor Romeu comunica la Sentència esmentada a la societat A ORG_0, tot posant-li de relleu l'obligació de la societat B, SL de desocupar l'hotel i retornar-li la possessió el dia 14 de juny de 2022, segons decisió judicial.
8.- En data 28 de juny de 2022 la societat A ORG_0 interposa incident de nul·litat contra la Sentència d'instància, essent contra la seva resolució que s'interposen els presents recursos d'apel·lació.
Tercer.- Pel que fa al recurs d'apel·lació interposat per la societat A, ORG_0
El recurs es fonamenta en què el recurrent considera que, en haver adquirit l'Hotel H, el senyor Romeu es va subrogar també en la posició del seu arrendatari (B, SL) en el contracte de data 30 de maig de 2019 ( de cessió d'explotació hotelera, atorgat entre B, SL i A, SLU). A més, també considera que la seva representada no tenia coneixement absolut (sic) de les actuacions relatives a la demanda formulada pel senyor Romeu contra B, SL -en la que considera que havia d'intervenir-, reconeixent no obstant que en el marc d'aquella causa se li va remetre un ofici judicial pel que se la requeria d'aportar documentació (tot i que afirma que desconeixia l'objecte de la demanda). Entén que, en tot cas, com sigui que el senyor Romeu en interposar la demanda contra la societat B SL sí que coneixia l'existència del contracte de cessió de l'explotació del dit hotel a favor de la seva representada, aquest havia de dirigir la seva demanda també contra la societat A ORG_0. Conclou que és el senyor Romeu que amb la seva actuació i en no haver-la informat de l'existència del litigi, li ha ocasionat indefensió.
Quart.- En haver adquirit el senyor Romeu l'Hotel H en va passar a ser propietari, subrogant-se en la posició de la societat C en el contracte d'arrendament que aquesta havia atorgat amb la societat B SL sobre el local de negoci. Així es deriva de l'escriptura de compra que obra als folis 55 i ss.
En canvi, pel fet d'haver adquirit el dit establiment hoteler, al senyor Romeu no se li pot exigir cap obligació en relació al contracte de cessió d'explotació hotelera que va atorgar la seva arrendatària -B- amb una tercera societat - A SLU-, ja que per ell es tracta d'una res inter alios acta. I això sense perjudici de què l'antiga propietària de l'Hotel, la societat C, SL, consentís l'esmentada cessió d'explotació, ja que el fet de què tant la societat propietària de l'Hotel com l'arrendatària del mateix tinguessin bàsicament el mateix accionariat (noti's que fins i tot el senyor Calatayud hi intervé tant per compte de la societat propietària, C, com de l'arrendatària, B) i sense perjudici de la singularitat d'aquest extrem, només evitaria que constituís causa de resolució per sí mateixa -com si d'un sotsarrendament es tractés- però no converteix al cessionari en arrendatari, modificant la natura del contracte atorgat. En tot cas, a l'igual que preveu l'article 35.3 de la LAFU en relació als sots arrendaments, els drets del cessionari s'han d'entendre extingits amb els de l'arrendatari, ja que altrament aquell no podria retornar el local lliure i vacu en finalitzar el termini o declarar-se resolt el contracte, com és el cas.
Cinquè.- A més el fet de conèixer l'existència del contracte de cessió de l'explotació hotelera abans d'interposar la demanda, de cap manera no comporta l'existència d'un litisconsorci passiu necessari que l'obligués a demandar a la societat promotora de l'incident.
I és que el litisconsorci passiu necessari es produeix quan per raó de l'objecte del procés les pretensions exercides només es puguin fer efectives davant de diverses persones considerades conjuntament, havent de ser totes demandades com a litisconsorts, no podent-se dictar Sentència sense que intervinguin tots els que havien de ser demandats.
Evidentment aquest no és el cas d'autes, ja que en aquest supòsit només existia vincle contractual entre la propietat i la societat B, SL, afectant l'objecte del procés: desnonament, només a les mateixes.
El senyor Romeu no podia ocasionar indefensió a la societat A ORG_0 per no haver-la informat ni demandat, d'una banda, perquè no tenia cap obligació legal de demandar-la i, d'altra banda, perquè la societat recurrent ja coneixia de la pendència del judici, ja fos pel requeriment d'informació que li fou efectuat des de la Batllia, ja fos pel contingut dels whatsapp que obren en autes (folis 29 i ss.) i quin contingut no és discutit per cap de les parts litigants.
Sisè-II.- Quant al recurs d'apel·lació interposat per la societat B SL
Aquesta el fonamenta en què era el senyor Romeu qui havia d'haver sol·licitat la intervenció de la societat A SL en el litigi que l'oposava a la societat B SL ja que coneixia l'existència del contracte que l'afectava, tot excusant no haver estat ella mateixa qui provoqués la seva intervenció per evitar el pagament de les costes que aquesta petició li hagués pogut ocasionar. Considera també que, en no haver intervingut en el judici, la Batllia no pot decidir sobre l'extinció dels efectes d'aquell contracte sense que el senyor Romeu ho hagi sol·licitat ja que la resolució incorreria en extra petita. Critica també la inadmissió de les proves per ell interessades per la resolució d'instància.
Ja hem dit anteriorment que en aquest cas no existeix litisconsorci passiu necessari de B SL amb la societat A ORG_0. En canvi, el que sí que podia procedir en aquest supòsit és la intervenció voluntària de la societat promotora de l'incident per quant es pot considerar que la mateixa podia tenir un interès directe i legítim en el resultat del procés.
El cas és però que tot i que la mateixa societat A ORG_0 coneixia la litispendència del procés, ja que té reconegut que se li va enviar un ofici judicial demanant-li l'aportació de diferent documentació (foli 380), mercès a la qual la societat promotora de l'incident coneixia la identitat de la part agent (senyor ENTITY_8) i defenent -B, al mateix temps arrendatari de la propietat i cedent de l'explotació del negoci a la societat instant de l'incident de nul·litat - i el número de causa, aquesta va optar per no intervenir-hi. I això sense perjudici encara de què fou el mateix director comercial de la societat A, ORG_0, senyor Cañellas, qui consta que justament havia estat contactat per whatsapp pel senyor Romeu per parlar de la gestió de l'Hotel, com a mínim el 6 de novembre de 2020 (f. 31), dient-li encara el 17 de novembre de 2020 que estaven tractant d'anul·lar el contracte amb B, SL. Per tant, la societat promotora de l'incident estava informada tant de la problemàtica existent entre la propietat i la societat B, SL com de l'existència d'un procediment en curs. En conseqüència, a ella corresponia interessar-se per l'objecte i evolució del mateix, donat que la seva resolució afectava o podia afectar indirectament als seus interessos.
Al respecte, El Tribunal Constitucional té establert, entre altres en la Sentència de data 16 d'octubre de 2017, Causa 2017-19-RE, que "com vam dir en la sentència del 21 de desembre de 2009, recaiguda en la causa 2009-19- RE: "qualsevol infracció de les regles processals que regulen el dret a la defensa no provoca una vulneració del dret constitucional a no patir indefensió. Per tal que es produeixi aquesta vulneració, segons hem declarat en nombroses ocasions, cal que la indefensió sigui real i efectiva i que, a més, no sigui fruit de la negligència d'aquell que denuncia aquesta vulneració." O en la sentència del 7 d'octubre de 2013, recaiguda en la causa 2013-9 i 13-RE, quan es deia: "des de la perspectiva constitucional, allò que es vol preservar és la possibilitat real dels justiciables de defensar els seus drets i els seus interessos. Si el justiciable ha pogut posar en pràctica aquesta possibilitat, no es produeixi cap vulneració constitucional".
Setè.- Una vegada resolt el contracte d'arrendament, l'arrendatari ha de procedir al retorn de la possessió lliure de forma immediata, ja que s'ha de produir en les mateixes condicions que s'ha rebut (article 26.8 de la LAFU). No només no existeix cap vincle contractual entre el propietari i el cessionari de l'explotació, sinó que, a més, el cedent no pot continuar en la seva posició quan ja ha deixat de ser arrendatari. I això és el que fa la Sentència de data 4 d'abril de 2022, en declarar resolt el contracte d'arrendament de local de negoci i condemnant a l'arrendatària a deixar immediatament l'immoble descrit lliure, vacu i expedita disposició de la propietat, a banda del pagament de les rendes impagades i que van motivar el seu desnonament.
Sarabiamna, doncs, a l'arrendatari a retornar la possessió del local, essent la seva obligació i responsabilitat fer-ho, sense que es pugui oposar a la propietat l'existència de contractes de sotsarrendament o de cessió de l'explotació del local, com és el cas, encara que es coneguessin o s'hagués consentint la seva existència, per ser res inter alios acta.
Vuitè.- Pel que fa a la inadmissió de les proves proposades per la representació processal de la societat B, SL, dues documentals per requeriment, consistents en què es requerís a la societat A, ORG_0 per a què aportés als autes inventari per acreditar la titularitat dels béns mobles dipositats a l'Hotel H i per a què la mateixa acredités que es trobava explotat actualment i de forma pacífica i ininterrompuda l'Hotel H, tot indicant la data en què el va començar a explotar, per no ser útils, d'interès i necessàries per la resolució de l'incident, aquest pronunciament també ha de ser confirmat.
Al respecte, poc més es pot afegir a la seva motivació perquè ningú no ha posat en dubte l'existència del contracte de cessió d'explotació hotelera de l'Hotel H ni la seva execució per part de la societat promotora de l'incident, i el fet d'arribar-se a acreditar la titularitat dels béns mobles que pretén o els anys d'execució de l'explotació hotelera no afectaran a la resolució de l'incident fonamentat en la manca d'intervenció d'aquesta societat en el plet principal de desnonament entre el senyor Romeu i la societat B, SL per manca de pagament de la renda.
Novè.- En no haver-se acreditat cap vulneració dels drets fonamentals invocats per les parts recurrents, procedeix la íntegra desestimació dels seus recursos d'apel·lació.
Desè.- La desestimació dels recursos d'apel·lació comporta la imposició de les costes derivades d'aquesta alçada a les parts apel·lants.
En atenció a tot el que s'ha exposat, el Tribunal Superior de Justícia, Sala Civil,
Decisio
DECIDEIX
Primer.- DESESTIMAR els recursos d'apel·lació articulats per les representacions processal de les societat B, SL i A, ORG_0 contra l'Aute dictat per la Batllia data 20 de setembre de 2022, que es confirma íntegrament.
Segon.- Imposar a les parts recurrents el pagament de les costes ocasionades en aquesta alçada.
Aquest aute és ferm i executiu.
Així, per aquest nostre aute, definitivament jutjant, ho manem i signem.