I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 279/2023 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 27 novembre 2023)
Décision commentée : ATSJAD 279/2023, ECLI:AD:TSJADAD:2023:279A, recours A059/23 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par ordonnance pénale du 5 février 2019, M. Ramirez a été condamné, en qualité d'auteur responsable, pour des délits majeurs de lésions dolosives commises à l'aide d'armes, d'objets ou de moyens dangereux, pour des délits mineurs de mauvais traitements dans le cadre domestique et pour des injures à l'autorité. Il a été condamné à la peine unique de cinq mois d'emprisonnement avec sursis, assortis d'un délai de suspension de deux ans et d'une obligation de ne pas entrer en contact avec la victime pendant deux ans, sur le fondement des articles 62.1 g) et 51 du Code pénal. Cette décision est devenue définitive faute d'opposition des parties.
Par ordonnance pénale du 30 janvier 2023, M. Ramirez a ensuite été condamné pour un délit mineur de vol, commis entre décembre 2020 et janvier 2021, à trois mois d'arrêts nocturnes avec sursis, assortis d'un délai de deux ans.
Saisi d'une demande du Ministère public formulée le 16 mars 2023, le juge d'instruction (Batlle instructora) a, par aute du 16 juin 2023, révoqué totalement le sursis accordé en 2019, ce qui a rendu exécutoires les cinq mois d'emprisonnement, et refusé l'application du décret de grâce collective (indult) du 18 octobre 2019.
M. Ramirez a interjeté appel. Il sollicitait le bénéfice du régime de semi-liberté et, à titre subsidiaire, une révocation partielle de deux mois et quinze jours, convertie en arrêts nocturnes. Il invoquait sa situation personnelle, son repentir et l'atténuation qualifiée de l'article 54.3 du Code pénal, en faisant valoir qu'il était mineur de vingt et un ans à l'expiration du délai de suspension. Le Ministère public s'est opposé au recours en soutenant que les faits nouveaux étaient survenus pendant le délai de suspension, que la réinsertion sociale et professionnelle n'était pas établie, que la substitution d'une peine révoquée n'était pas prévue par le Code pénal et que l'atténuation de l'article 54.3 ne s'appliquait qu'au prononcé de la peine.
Question de droit
La Cour devait déterminer si, à la suite de la commission d'une nouvelle infraction pendant le délai de sursis
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 16 de juny de 2023 dictat per la Batlle Instructora en la causa de referència, seguida per uns delictes; major de lesions utilitzant armes, objectes o mitjans amb perill de causar la mort o lesions més greus a la víctima, menors de maltractaments en l'àmbit domèstic i injúries a l'autoritat. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent la Sra. Marie Conte. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 27 de novembre del 2023 - ROJ: ATSJAD 279/2023 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_partielle), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- RESULTANT: que per Ordenança Penal de data 05-02- 2019 es condemnà a Ramirez com autor responsable d'uns delictes major de lesions doloses utilitzant armes, objectes o mitjans amb perill de causar la mort o lesions més greus a la víctima, i menors de maltractament en l'àmbit domèstic i injúries a l'autoritat, a la pena única de 5 mesos de presó condicional amb un termini de suspensió de la condemna de 2 anys, qualificada a no entrar en contacte amb la víctima durant un període de 2 anys, en aplicació dels article 62.1g) i 51 del Codi Penal .… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 27 novembre 2023 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
Núm. de Rotlle: TSJP 0000059/2023 Núm. de Causa: 1080046/2019
AUTE 66-2023
PARTS:
Apel·lant: Sr. Ramirez
Advocada: Sra. Salcedo
Apel·lat: MINISTERI FISCAL
Magistrades: Sra. Marie Conte
Sra. Fátima Ramírez Souto
Andorra la Vella, vint-i-set de novembre de dos mil vint-i-tres.
En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 16 de juny de 2023 dictat per la Batlle Instructora en la causa de referència, seguida per uns delictes; major de lesions utilitzant armes, objectes o mitjans amb perill de causar la mort o lesions més greus a la víctima, menors de maltractaments en l'àmbit domèstic i injúries a l'autoritat. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent la Sra. Marie Conte.
ANTECEDENTS DE FET
I.- RESULTANT: que per Ordenança Penal de data 05-02- 2019 es condemnà a Ramirez com autor responsable d'uns delictes major de lesions doloses utilitzant armes, objectes o mitjans amb perill de causar la mort o lesions més greus a la víctima, i menors de maltractament en l'àmbit domèstic i injúries a l'autoritat, a la pena única de 5 mesos de presó condicional amb un termini de suspensió de la condemna de 2 anys, qualificada a no entrar en contacte amb la víctima durant un període de 2 anys, en aplicació dels article 62.1g) i 51 del Codi Penal .