I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Tribunal Superior de Justícia d'Andorre, Sala civil, Aute n° 000044/2025, 11 mars 2025 (ATSJAD 105/2025)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorre (Sala civil), aute n° 000044/2025 du 11 mars 2025, ATSJAD 105/2025, ECLI:AD:TSJADAD:2025:105A, recours n° 248/2024 (Lire sur source officielle)
Note éditoriale : la référence canonique fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence ci-dessus est reconstituée à partir des indications figurant dans le texte intégral (ROJ, ECLI, numéro de recours). La traduction du dispositif et des passages cités est une traduction libre du catalan.
Faits et procédure
Par aute du 16 juillet 2024, la Batllia (juridiction de première instance) a décidé la suspension des présentes actions « jusqu'à la clôture de la procédure concursale » de la société B, SAU, en cessation de paiements et en faillite. L'Agència Estatal de Resolució d'Entitats Bancàries (AREB), agissant en qualité d'administrateur judiciaire de la société B SA, a interjeté appel de cette décision. Elle demandait sa révocation et la continuation de la procédure, sans condamnation aux dépens.
Le litige sous-jacent, tel que décrit par la Cour, oppose l'AREB à un salarié, M. Pérez, et au défendeur à l'instance (M. Galván). L'objet de la demande n'est pas l'exécution forcée d'un titre exécutoire : l'AREB sollicite la déclaration que le salarié « ne détient aucun droit de créance » à l'encontre de la société B, SAU en faillite. La procédure est donc de nature déclarative.
Le pourvoi s'appuie sur une évolution jurisprudentielle récente. Le Tribunal constitutionnel, saisi d'un recours en amparo (causa 2024-59-RE), a jugé le 20 janvier 2025 que la suspension sine die d'une procédure d'appel dans un litige du travail portait atteinte au droit d'accès à la juridiction. La Sala civil avait, le 11 février 2025 (rotlle TSJC-277/2024), rappelé sa doctrine traditionnelle, qui impose la suspension de l'ensemble des actions individuelles, y compris déclaratives, à l'encontre d'un débiteur concursé. Le présent aute constitue la première application de cette évolution.
Question de droit
La Cour devait trancher la question suivante : la suspension, jusqu'à la clôture de la procédure collective, d'une action déclarative dirigée contre une société en faillite, fondée sur les articles 14 et 32 du décret du 4 octobre 1969 relatif à la cessation de paiements et à la faillite, est-elle conforme au droit à la juridiction, compte tenu des exigences de proportionnalité et d'égalité entre créanciers ?
Le débat se déplace ainsi entre deux principes que la jurisprudence andorrane avait jusqu'alors traités comme hiérarchiquement ordonnés : d'une part, le caractère universel de la procédure concursale, l'unité du concours et la par conditio creditorum ; d'autre part, le droit à la protection juridictionnelle effective, dont la dimension d'accès au juge a été renforcée par le Tribunal constitutionnel.
La Cour rappelle que sa jurisprudence antérieure (notamment les autos du 25 février 2013, rotlle 175/12, et du 29 octobre 2013, rotlle 93/13) appliquait la suspension « à toutes les actions individuelles, qu'elles soient en phase déclarative ou exécutive », au motif que « la reconnaissance du droit de créance doit avoir lieu dans la procédure concursale ». Elle en tire la conséquence que la suspension pouvait être prononcée à tout moment (aute du 3 septembre 2015, rotlle 134/2015) et s'imposait même aux actions reconventionnelles, prud'homales et
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Apel·lant: AGÈNCIA ESTATAL DE RESOLUCIÓ D'ENTITATS BANCÀRIES en tant que administradora judicial de la cessació de pagaments i fallida de la societat B SA »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 11 de març del 2025 - ROJ: ATSJAD 105/2025 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions més amunt referenciades. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquest nostre aute, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 11 mars 2025 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
PARTS:
Apel·lant: AGÈNCIA ESTATAL DE RESOLUCIÓ D'ENTITATS BANCÀRIES en tant que administradora judicial de la cessació de pagaments i fallida de la societat B SA
Representant: Sr. Benítez
Advocat: Sra. PCC
Apel·lat: Sr. Galván
Representant: Sra. Araujo
Advocat: Sra. GMM
OBJECTE: Suspensió procediment per fallida.
AUTE 000044/2025
Andorra la Vella, 11 de març del 2025.
En nom del Poble Andorrà.-
Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions més amunt referenciades.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Jaume TOR PORTA, el qual expressa el parer del Tribunal.