Résumé éditorial
# OTBAT 1419/2024
> Décision commentée : OTBAT 1419/2024, Batllia d'Andorra-la-Vieille, ordonnance pénale du 30 mai 2024 (ECLI:AD:TBATAD:2024:1419) ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
*Note : la référence canonique fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence ci-dessus est reprise de l'en-tête et des identifiants figurant dans le texte intégral.*
## Faits et procédure
La présente ordonnance pénale, rendue par la Batllia (tribunal de première instance) d'Andorra-la-Vieille, est signée par la Batlle en fonctions de garde. Elle s'inscrit dans une procédure simplifiée, la décision étant qualifiée d'« ordonnance pénale » (*Ordenança penal*).
Les faits, tels qu'exposés dans les antécédents, sont les suivants. En octobre ou novembre 2023, la plaignante, Arcos, engage M. Bueno pour des travaux de peinture à son domicile. Elle lui remet des acomptes de 200 euros pour la peinture et la main-d'œuvre, ainsi que 400 euros destinés à l'achat d'un miroir, somme que le prévenu ne consacre pas à cet achat. Elle lui confie par ailleurs 500 euros, qu'il devait lui restituer par virement le 3 janvier 2024 (le texte mentionne au même passage un prêt, sans clarifier l'identité exacte des parties concernées).
Pendant l'absence de la plaignante, partie en vacances à l'étranger à compter du 29 décembre 2023, le prévenu, qui s'était installé dans le logement, utilise la carte de crédit trouvée dans un tiroir avec le code d'accès. Il effectue cinq retraits les 23 et 25 décembre 2023, pour un total de 640 euros. Enfin, la plaignante ayant sous-loué son appartement à des tiers pour 400 euros, le prévenu encaisse cette somme sans la remettre à la plaignante.
La plainte est déposée le 24 janvier 2024 auprès du Service de police. Le casier judiciaire fait apparaître une condamnation antérieure pour des faits d'appropriation indue, computable au titre de la récidive. Le montant du préjudice total est arrêté à 1 940 euros. La détention du prévenu est ensuite levée (premier point du dispositif).
## Question de droit
La décision pose, en substance, trois questions.
La première porte sur la **qualification pénale** des faits. Le juge retient trois infractions : une appropriation indue constitutive d'un délit majeur (article 213 du Code pénal), un usage frauduleux de carte de crédit d'un montant inférieur à 3 000 euros constitutif d'un délit mineur (article 243.2), et une escroquerie qualifiée de contravention pénale (article 482.1).
La deuxième question concerne l'**incidence de la récidive**. Le juge applique la circonstance aggravante de récidive de l'article 30.7 du Code pénal, mais uniquement à l'infraction d'appropriation indue.
La troisième question est relative à la **responsabilité civile** et aux conséquences procédurales : l'application de l'article 94 du Code pénal, et la mise en œuvre des dispositions de procédure (articles 163 à 166 ter du Code de procédure pénale) pour l'ordonnance pénale et sa communication au casier judiciaire.
## Solution et dispositif
Le juge déclare le prévenu coupable des trois infractions et prononce les sanctions suivantes.
Au titre du délit majeur d'appropriation indue et du délit mineur d'usage frauduleux de carte, il prononce une peine unique. Le dispositif est ainsi rédigé :
> « Condemnar a Bueno, com autor responsable d'un delicte major d'apropiació indeguda i d'un delicte menor d'ús fraud