Résumé éditorial
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (OTBAT 533/2025, ECLI:AD:TBATAD:2025:533) ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
# Juridiction andorrane, — (OTBAT 533/2025)
> Décision commentée : Batllia d'Andorre-la-Vieille, ordonnance pénale du 17 juillet 2025, recours n° 379/2025, rapporteur M. Manuel Santolària Besolí, rendue par le batlle de garde. Titre officiel : « Condemnació de l'acusat per creació mediata de document fals i negació d'entrada al Principat ».
## Faits et procédure
Un ressortissant gambien, dont le nom figure dans la décision sous le pseudonyme « Talavera », est contrôlé à la frontière du Riu Runer, à bord d'un autocar de ligne en provenance de Lleida (Espagne). Il ne présente pas de passeport ni de titre de séjour valable. Il produit seulement une photocopie d'un récépissé de demande ou de renouvellement de carte de séjour espagnole, portant le numéro NIE Y6132184-F. Le document est placé sous scellés.
Le contrôle dactyloscopique révèle que ses empreintes correspondent à une autre identité, celle de « Blasco », ressortissant sénégalais né en 2005. Cette identité fait l'objet d'une ordonnance d'expulsion gouvernementale temporaire de trois ans, publiée au BOPA le 19 février 2025 et effective du 5 mars 2025 au mois de mai 2028, notification encore en attente à la date des faits. L'intéressé avait déjà été contrôlé le 23 octobre 2024 sous cette identité, pour un vol de marchandises. Il avait également fait l'objet de deux refus d'accès au territoire, les 11 juin 2024 et 28 février 2025, faute de documents réguliers.
Interrogé, l'intéressé reconnaît spontanément les signatures figurant sur le document de refoulement et sur la notification d'ouverture d'expulsion, toutes deux datées du 23 octobre 2024. Ces signatures portent la mention « Villegas », que la décision estime « très probablement » constituer les initiales de sa véritable identité. Le casier judiciaire fait apparaître des antécédents pénaux.
La procédure est conduite selon la voie de l'ordonnance pénale rendue par le batlle de garde, après une consultation préalable du ministère public et de l'avocat de garde, conformément à l'article 164 du Code de procédure pénale. La décision vise les articles 163 et suivants de ce même code et l'article 438.1 du Code pénal.
## Question de droit
La décision pose, implicitement, deux questions.
La première porte sur la qualification pénale. Il s'agit de savoir si les faits établis (la présentation d'un document de séjour dont le titulaire n'est pas celui qui le présente, et l'usage d'une signature distincte de l'identité déclarée) relèvent du délit majeur de « creació mediata de document invera per particular », défini à l'article 438.1 du Code pénal, Llei 9/2005, qualifiée.
La seconde concerne le choix et l'aménagement de la peine. Il s'agit de déterminer si une peine d'emprisonnement ferme peut être substituée par une mesure d'expulsion pour une durée de trois ans, et quelles conséquences procédurales en découlent (levée de la détention, frais, inscription au casier judiciaire, caractère exécutoire).
La décision ne développe pas la notion de « création médiate » ni n'identifie expressément l'instrument ou l'intermédiaire par lequel le faux aurait été matérialisé (non précisé dans la décision). Elle se borne à affirmer que le résultat des diligences est « suffisant pour croire » l'intéressé pénalement responsable.
## Solution et dispositif
Le batlle retient la qual