I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STCOR 3/2023 (Tribunal de Corts, 20 décembre 2023)
Décision commentée : STCOR 3/2023, Tribunal de Corts d'Andorre, 20 décembre 2023 (ECLI:AD:TCORAD:2023:3) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le litige oppose le Ministère public à Plana, poursuivi pour plusieurs infractions commises dans le cadre de sa relation avec Palomo, avec laquelle il a contracté mariage le 3 mars 2001 et dont sont issus trois enfants. Les faits qualifiés par le Ministère public et relatés dans son acte de qualification provisoire concernent principalement des épisodes survenus au Principat, à savoir : le jet d'une chaussure au visage de la victime le 27 février 2016, en présence d'un enfant mineur ; un coup de poing à l'œil gauche le 15 novembre 2016, ayant causé un hématome périorbitaire et un torticolis nécessitant le port d'une minerve ; enfin, le 14 juin 2017, l'intéressé se serait dirigé vers la victime, un couteau à la main, en lui disant « de aquí no sales viva ». Le relevé mentionne également un traitement dénigrant répété et un trouble adaptatif ayant requis un suivi psychologique et psychiatrique.
Le texte précise toutefois, immédiatement après le relevé, que « aquests fets no han estat provats » (ces faits n'ont pas été prouvés). Cette mention ne fait l'objet d'aucun développement dans la décision.
Le Ministère public avait qualifié ces faits d'infractions majeures de menaces non conditionnelles avec arme (article 143.2 du Code pénal), de maltraitance habituelle dans le cadre domestique en présence d'un mineur (article 114.2 et 113.2), de lésions nécessitant un suivi médical postérieur à la première assistance (article 476.2), ainsi que d'une contravention de lésions dolosives. Il sollicitait une peine unique de trois ans et six mois de prison conditionnelle, assortie d'un programme de relations non violentes et d'une interdiction de contact pendant quatre ans, ainsi qu'un mois d'arrêts nocturnes pour la contravention.
Lors de l'audience, le Ministère public a retiré l'accusation. La défense a déclaré son accord avec ce retrait, rappelant que le prévenu avait toujours nié les faits et que les divergences entre les parties avaient une portée économique, comme l'attestait un accord signé versé au dossier. La défense a sollicité l'acquittement. La victime a renoncé à toute réclamation civile.
Question de droit
La question posée au tribunal était de déterminer les conséquences du retrait de l'accusation par le Ministère public, en l'absence d'accusation particulière, sur l'issue de la procédure pénale. Plus précisément, il s'agissait de savoir si le juge devait prononcer l'absolution du prévenu, ou s'il devait poursuivre l'examen au fond des
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal de Corts, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« VIST en judici oral i públic pel Tribunal de Corts, la causa núm. 6000146/2022, seguida per un presumpte delicte major d'amenaces no condicionals amb arma, major continuat de maltractament en l'àmbit domèstic davant de menor, major de lesions que per la seva curació requereixi el seguiment d'un tractament mèdic posterior a la primera assistència i per una presumpta contravenció penal de lesions doloses. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal de Corts devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STCOR ANDORRA, a 20 de desembre del 2023 - ROJ: STCOR 3/2023 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal de Corts consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (rejet), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal de Corts procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« Plana, sense antecedents penals. Defensat per la lletrada Sra. Caro. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Acte seguit i mitjançant diligència de compareixença es notifica la precedent sentència al Ministeri Fiscal i a les demés parts compareixents. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal de Corts à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal de Corts en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal de Corts avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 20 décembre 2023 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
Magistrats Srs.
Enric Anglada Fors
Concepció Baron Mora (ponent)
Canòlic Mingorance Cairat
Andorra la Vella, 20 de desembre del 2023
VIST en judici oral i públic pel Tribunal de Corts, la causa núm. 6000146/2022, seguida per un presumpte delicte major d'amenaces no condicionals amb arma, major continuat de maltractament en l'àmbit domèstic davant de menor, major de lesions que per la seva curació requereixi el seguiment d'un tractament mèdic posterior a la primera assistència i per una presumpta contravenció penal de lesions doloses.
Acusat:
Plana, sense antecedents penals. Defensat per la lletrada Sra. Caro.
És part acusadora, el Ministeri Fiscal representat per la Sra. Julián i el Sr. Cañete.
És ponent la magistrada Sra. Concepció Baron Mora.
Antecedents de fet
RESULTANT PRIMER.- L'escrit de qualificació provisional del Ministeri Fiscal recull el següent relat de fets: