STC 52/2009, Tribunal de Corts, 23 novembre 2009 (ROJ : STCOR 52/2009 ; ECLI:AD:TCORAD:2009:52)
Décision commentée : STCOR 52/2009, Tribunal de Corts (Andorre), 23 novembre 2009, recours n° TC-102-2/07 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Les faits retenus par le Tribunal de Corts remontent à la fin de l'année 2004. M. Tejera, désireux d'effectuer un investissement immobilier, entre en contact avec M. Viñas, gérant et représentant légal de la société immobilière « Finques Tres Cases », établie à Escaldes-Engordany. Les parties entretenaient des relations antérieures de confiance. La société proposait un appartement situé dans un immeuble déterminé, au prix de 239.804 euros, dont la disponibilité était annoncée pour février 2005.
Sans avoir visité le bien, M. Tejera signe un contrat de mandat avec la société, qui stipule les conditions de la vente. Il verse un acompte de 3.000 euros le 28 décembre 2004, puis 78.737,64 euros le 5 janvier 2005, soit 81.737,64 euros au total. Selon la décision, environ 12.000 euros correspondent à la commission de l'intermédiaire, le solde ayant été remis au premier acquéreur de l'appartement.
La décision relève que la parcelle était concernée par un projet d'élargissement de la route porté par le Gouvernement, ce qui avait retardé les travaux. À la fin du mois de janvier 2005, M. Tejera se rend sur le chantier et constate l'absence de fondations. Il prend alors contact directement avec l'entreprise de construction afin d'obtenir des modifications des plans. À la date du jugement, il ne dispose toujours pas du bien.
La procédure est engagée devant le Tribunal de Corts, juridiction pénale, sous le numéro TC-102-2/07, pour un présumé délit majeur d'escroquerie qualifiée imputé à M. Viñas. Le Ministère public est partie accusatrice, et M. Tejera se constitue partie civile par l'intermédiaire d'un avocat. Le jugement est rendu à l'issue d'un procès oral et public, la magistrate Concepció Baron Mora ayant assuré la rédaction de la sentence. Le dossier ne précise pas les réquisitions précises du Ministère public (non précisé dans la décision).
Question de droit
La question posée est de savoir si le manquement d'un vendeur immobilier à ses engagements contractuels, en particulier la non-livraison d'un bien à la date convenue et l'absence de passage à l'acte authentique, peut constituer le délit majeur d'escroquerie prévu à l'article 209 du Code pénal andorran. Plus précisément, le juge doit déterminer si les éléments constitutifs de la tromperie (engany) sont réunis, c'est-à-dire si la manœuvre trompeuse est suffisante et antérieure ou concomitante à l'acte préjudiciable.
Le raisonnement suppose en outre d'articuler deux questions connexes : la distinction entre l'engagement contractuel et la tromperie pénale, et la place de la juridiction pénale face à des différends de nature civile.
Solution et dispositif
Le Tribunal écarte la qualification d'escroquerie et prononce l'acquittement. Il énonce que l'escroquerie suppose l'obtention d'un gain économique causant un préjudice patrimonial à autrui, obtenu par tromperie. Cette tromperie doit être suffisante et antérieure ou concomitante à l'acte dommageable. Il convient de distinguer, d'une part, la tromperie qui surgit au cours de l'exécution d'un rapport juridique et, d'autre part, celle qui est conçue comme instrument de constitution de ce rapport afin d'en tirer un bénéfice au détriment d'autrui. Seule cette dernière présente une portée pénale.
Le Tribunal rappelle la distinction entre le dol civil, qui vicie le consentement par une « vis atractiva » de la manœuvre, et le dol pénal, qui suppose que l'agent organise ses manœuvres de manière à annihiler ou exclure virtuellement toute possibilité de les déjouer.
Sur le fond, la juridiction relève que tout manquement contractuel n'est pas punissable. Il faut établir une volonté initiale de ne pas exécuter, ce qui n'est pas démontré en l'espèce. Elle estime en outre que les moyens trompeurs ou malveillants allégués ne sont pas établis, dès lors que la partie civile avait connaissance de la situation réelle de l
Sentència
S E N T È N C I A
Magistrats Srs. Concepció Baron Mora Jacques RICHIARDI Elisenda FRANQUET FONT
A la Vila d'Andorra la Vella, vint-i-tres de novembre del dos mil nou.
VIST en judici oral i públic pel Molt Il·lustre Tribunal de Corts, la causa núm. TC-102-2/07 seguida pel presumpte delicte major d'estafa qualificada, contra Viñas, nascut el dia 10 de juny de 1973 a XXXX, de nacionalitat andorrana, domiciliat a XXXX, i defensat per la Lletrada Sra. Pina, sent part acusadora el Ministeri Fiscal representat pel Sr. Barba i acusació particular el Lletrat Sr. Toll, en representació del perjudicat Tejera, actuant de ponent i redactor de la sentència, la Magistrada Sra. Concepció Baron Mora.
RESULTANT:
són fets provats i així es declara que, a finals de l'any 2004 Tejera, interessat en fer una inversió contactà amb el processat Viñas, nascut el 10 de juny de 1973, de nacionalitat andorrana i sense antecedents penals, amb el que tenia coneixement previ i relacions de confiança, gerent i legal representant de la immobiliària "Finques Tres Cases" de la vila d'Escaldes- Engordany, oferint-li aquest un apartament radicat a XXXX, pel preu de 239.804 EUR que estaria disponible al febrer de 2005.
A tal efecte i sense haver visitat l'apartament Tejera signà un contracte de mandat amb la immobiliària on s'estipulaven les condicions de venda, i va fer entrega en data 28 de desembre de 2004 i 5 de gener de 2005, respectivament, de les quantitats de 3.000 EUR i 78.737,64 EUR en concepte d'acompte.