Résumé éditorial
# STCOR 102/2010 (Tribunal de Corts, 24 septembre 2010)
> Décision commentée : STCOR 102/2010, Tribunal de Corts d'Andorre, Sentence pénale, 24 septembre 2010 (ROJ : STCOR 102/2010 ; ECLI:AD:TCORAD:2010:102) ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
## Faits et procédure
La prévenue, Mme Vélez, employée du restaurant ORG_0 à Escaldes-Engordany, est poursuivie pour un délit majeur continué de vol commis au moyen d'une clé de possession illégitime, et pour une contravention pénale de possession de haschich destiné à sa consommation personnelle. Les faits, tenus pour établis, se situent entre les 21 et 26 septembre 2009. Chaque matin, vers 9 h 30, l'intéressée se rendait dans le bureau d'administration, où son employeur, M. Codina, dissimulait la clé du coffre-fort. Elle s'emparait de la clé, ouvrait le coffre et y prélevait des sommes d'argent, avant de remettre la clé dans sa cachette.
Le plaignant avait constaté la disparition régulière de fonds dès le 21 septembre et installa une caméra de surveillance le 25 septembre. L'enregistrement du 26 septembre montre la prévenue prenant la clé, ouvrant le coffre et prélevant des billets. Lors d'un contrôle le même jour, les services de police saisirent sur elle 90 euros, dont les numéros de série correspondaient à des billets présents dans le coffre la veille. Un mandat postal de 100 euros, envoyé le 25 septembre à sa sœur, fut également retrouvé. Une perquisition à son domicile permit de saisir 6,2874 grammes de haschich, qu'elle reconnut avoir acquis pour son usage personnel.
Le ministère public retint la qualification de délit majeur continué de vol au moyen d'une clé de possession illégitime (article 199.1.a du Code pénal), ainsi que la contravention de possession de haschich pour usage personnel (article 499), avec la circonstance aggravante d'abus de confiance (article 30.3). Il requit dix-huit mois d'emprisonnement avec sursis, assortis d'un délai d'épreuve de quatre ans, une amende de 600 euros et le paiement des frais de justice.
La prévenue ne comparut pas, bien que régulièrement citée. Elle fut jugée par défaut (*en rebeldia processal*) et était défendue par un avocat. Le Tribunal de Corts statua en jugement oral et public.
## Question de droit
Le tribunal devait trancher plusieurs questions :
1. L'utilisation sans autorisation d'une clé dissimulée, pour ouvrir un coffre-fort et y prélever des fonds, relève-t-elle de la **possession illégitime** de la clé au sens de l'article 199.1.a du Code pénal, qui fonde la qualification de vol aggravé ?
2. La connaissance par l'employée de la cachette de la clé et de la pratique d'avances de salaire suffit-elle à établir une autorisation ou un consentement de l'employeur ?
3. Les prélèvements successifs constituent-ils **un seul délit continué** ou plusieurs infractions distinctes ?
4. La circonstance aggravante d'**abus de confiance** (article 30.3) est-elle caractérisée ?
5. La possession de haschich pour usage personnel relève-t-elle de la **contravention** de l'article 499, et non d'une infraction de nature délictuelle ?
## Solution et dispositif
Sur la qualification, le tribunal retient que le fait d'utiliser la clé « sans autorisation de l'amo et dans des circonstances différentes de l'usage habituel de ladite clé » constitue la possession illégitime visée à l'article 199.1.a. Il relève que la clé n'était utilisée que par l'employeur, ou par ses parents, et que les prélèvements étaient réalisés en l'absence de l'employeur. Il écarte l'argument selon lequel la prévenue aurait pu croire à un prêt ou à une avance sur salaire. Il retient à cet égard que de telles avances étaient consenties par l'employeur contre signature d'un reçu, ce qui n'avait pas été fait, et que les employés n'accédaient pas seuls au bureau administratif, lieu réservé.
Sur la continuation, le tribunal retient l'unité du délit. Il relève l'identité du sujet actif et du sujet passif, l'unité du bien juridique protégé et un plan criminel identique, mû par un seul mobile de l