I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STCOR 93/2011 (Tribunal de Corts, 26 septembre 2011)
Décision commentée : STCOR 93/2011, ECLI:AD:TCORAD:2011:93 (Lire sur source officielle)
Note méthodologique : la référence « Juridiction andorrane, — » figurant dans les métadonnées fournies n'étant pas une référence canonique, la référence retenue est celle qui apparaît dans le texte intégral (ROJ STCOR 93/2011 ; ECLI:AD:TCORAD:2011:93). Le résumé « Resum I.A. » figurant dans la décision n'est pas un élément du jugement ; il n'est pas utilisé comme source de la solution.
Faits et procédure
Le 11 avril 2010, vers 1 h 50 du matin, l'accusé, M. Coll, de nationalité chilienne, est contrôlé par deux agents de police alors qu'il sonne aux interphones d'un immeuble où il ne réside pas. Les agents le raccompagnent à son domicile, situé à Canillo.
Peu après le départ des agents, l'intéressé se rend au sixième étage du même immeuble, dans l'appartement de son ancienne compagne, Mme Sandoval, qui partage le logement avec quatre autres personnes. Profitant de l'ouverture de la porte par l'un des colocataires, M. Daza, il le repousse, pénètre dans l'appartement et y demeure malgré l'injonction de sortir. Les occupants se réfugient dans les chambres.
Selon les faits tenus pour établis, l'accusé profère des menaces (« voy a coger un cuchillo » ; « estoy loco, los voy a matar »), frappe avec force la porte d'une chambre, brandit un couteau, brise la vaisselle, jette au sol un four à micro-ondes, brise la vitre d'un four et détériore l'ordinateur portable de Mme Sandoval. Alertés par des cris de détresse, les mêmes agents reviennent sur les lieux. L'accusé, en état d'excitation, désobéit à leurs ordres, se dissimule et doit être maîtrisé et menotté. Lors de son transfert, il leur déclare « Sois unos perros » et leur offre de l'argent pour être relâché. Un couteau de cuisine (lame de 11 cm) est retrouvé dans l'escalier intérieur de l'appartement. Les dommages sont évalués à 500 euros pour l'ordinateur et à 1 489 euros pour les dégradations de l'appartement.
Sur le plan procédural, l'affaire est instruite à la suite d'une plainte de Mme Sandoval. Un représentant des sociétés A. S.A. et C. S.L. ratifie ensuite la plainte et réclame le montant des dommages. La décision relève que la qualité de la victime pour agir n'est pas un obstacle de procédibilité, dès lors que les infractions sont poursuivies d'office.
L'affaire (numéro TC-039-3/10) est jugée en audience publique et orale par le Tribunal de Corts, la magistrate Concepció Baron Mora étant rapporteure. L'accusé, cité, ne comparaît pas et est jugé par défaut (en rebel·lia processal). Le ministère public est représenté, la défense est assurée par un avocat.
Question de droit
Le Tribunal devait répondre à trois questions :
- Les faits établis sont-ils constitutifs des infractions visées à l'acte d'accusation, et quelle est leur qualification au regard du Code pénal
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal de Corts, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« VIST en judici oral i públic pel Molt Il·lustre Tribunal de Corts, la causa núm. TC-039-3/10 seguida pels presumptes delictes major de violació de domicili amb violència, delicte menor d'amenaces no condicionals de mort i amb arma, delicte menor de resistència greu a l'autoritat administrativa en l'exercici de les seves funcions, delicte menor d'injúries als funcionaris i delicte menor de danys dolosos i una contravenció penal de lesions doloses, contra Coll, nascut el dia 28 de maig de 1984 a Valparaiso, Los Andes… »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal de Corts devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STCOR ANDORRA, a 26 de setembre del 2011 - ROJ: STCOR 93/2011 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal de Corts consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (reformation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal de Corts procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« són fets provats i així es declara que, en data 11 d'abril del 2010, vers 01.50 hores de la matinada, el processat Coll, nat el 28 de maig de 1984, de nacionalitat xilena i sense antecedents penals, fou controlat per Agents de Policia -núm. PO197 i PO304-, en haver estat aquests requerits, per quant es trobava trucant als timbres d'un edifici on no vivia, sent aleshores acompanyat al seu domicili radicat a l'XXXX a la parròquia de Canillo. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal de Corts à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal de Corts en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal de Corts avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 26 septembre 2011 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
S E N T È N C I A
Magistrats Srs.
Soriano Concepció BARON MORA Jacques RICHIARDI
Andorra la Vella, vint-i-sis de setembre del dos mil onze.
VIST en judici oral i públic pel Molt Il·lustre Tribunal de Corts, la causa núm. TC-039-3/10 seguida pels presumptes delictes major de violació de domicili amb violència, delicte menor d'amenaces no condicionals de mort i amb arma, delicte menor de resistència greu a l'autoritat administrativa en l'exercici de les seves funcions, delicte menor d'injúries als funcionaris i delicte menor de danys dolosos i una contravenció penal de lesions doloses, contra Coll, nascut el dia 28 de maig de 1984 a Valparaiso, Los Andes, Xile, fill d'Olivio i de Teresa, de nacionalitat xilena, solter, de professió empleat, jutjat en rebel·lia processal per no haver comparegut malgrat haver estat degudament citat; defensat pel Lletrat Sr. Castrillo, sent part acusadora el Ministeri Fiscal representat per la Sra. Galván i actuant de ponent i redactora de la sentència, la Magistrada Sra. Concepció Baron Mora.
RESULTANT:
són fets provats i així es declara que, en data 11 d'abril del 2010, vers 01.50 hores de la matinada, el processat Coll, nat el 28 de maig de 1984, de nacionalitat xilena i sense antecedents penals, fou controlat per Agents de Policia -núm. PO197 i PO304-, en haver estat aquests requerits, per quant es trobava trucant als timbres d'un edifici on no vivia, sent aleshores acompanyat al seu domicili radicat a l'XXXX a la parròquia de Canillo.