STCOR 49/2013, 26 mars 2013 (Tribunal de Corts, matière pénale)
Décision commentée : STCOR 49/2013, 26 mars 2013, ECLI:AD:TCORAD:2013:49 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Les faits, tels qu'établis par la décision, se sont déroulés le 13 avril 2012, vers 21 h 45, dans un établissement de la ville d'Andorra la Vella. Un client, Amador, assis à une table, a reçu au dos de la main droite un éclat de verre provenant d'une bouteille brisée contre une paroi voisine. La blessure a nécessité plusieurs points de suture. Le prévenu, Águila, de nationalité portugaise et sans antécédents pénaux, se trouvait dans le même établissement, après un différend verbal avec le serveur.
Le rapport médico-légal, daté du 23 août 2011 selon la décision, quantifie le préjudice esthétique à 0,25/7 et le pretium doloris à 1/7. La date de ce rapport est antérieure à celle des faits, incohérence que la décision ne relève pas (non précisé dans la décision). La caisse ORG_1 réclame 857,11 EUR au titre des prestations médicales et salariales versées à la victime, tandis que le Ministère public sollicite, pour Amador, 177,84 EUR de frais médicaux, 1 500 EUR au titre du quantum doloris et 375 EUR au titre du préjudice esthétique.
Le Ministère public retient la qualification de délit majeur de lésions dolosives ayant nécessité un traitement médical postérieur à la première assistance, prévu à l'article 113.2 du Code pénal. Il soutient que le prévenu a saisi une bouteille de bière en verre et l'a lancée contre un mur, provoquant le bris de la bouteille et l'impact d'un fragment sur la main de la victime. Il requiert une peine d'un an d'emprisonnement avec sursis, assorti d'un délai d'épreuve de quatre ans, ainsi que le paiement des dépens.
La défense conteste cette version. Elle soutient que le prévenu a reçu un coup de poing d'un client non identifié, qu'il a heurté le comptoir en reculant et que des bouteilles sont tombées accidentellement. Elle relève par ailleurs qu'aucun témoin n'a déclaré avoir vu le prévenu lancer une bouteille, et demande l'acquittement.
Il convient de noter que le texte fourni comporte un « résumé I.A. » qui ne fait pas partie de la décision et ne doit pas être tenu pour une source de la motivation. La décision a été rendue après audience orale et publique par le Tribunal de Corts, en matière pénale. Le rapporteur mentionné dans les métadonnées est M. Jean-Marie Ferrandez, tandis que le texte désigne M. Jacques Richiardi comme rédacteur de la sentence.
Question de droit
La question posée au tribunal est de nature probatoire : l'accusation établit-elle, au regard de la présomption d'innocence, que la lésion subie par la victime résulte d'un acte de violence volontaire imputable au prévenu, et notamment du jet de la bouteille de verre allégué par le Ministère public ?
Cette interrogation implique deux points. Le premier est la charge de la preuve de l'élément matériel de l'infraction, qui incombe à l'accusation. Le second est l'appréciation des éléments recueillis, lorsque les témoignages directs font défaut et que la version des faits repose sur des déclarations indirectes.
Solution et dispositif
Le tribunal prononce l'acquittement. Il retient que « no existeix en la causa, la prova segura que la ferida a la mà de Amador sigui la conseqüència d'un acte de violència voluntària de Àguila », en particulier du fait imputé d'avoir lancé une bouteille contre le mur.
Le raisonnement procède par élimination des éléments à charge :
- la victime, assise à une table et occupée à lire un journal, a perçu l'impact contre la paroi mais n'a pas vu la cause de celui-ci ;
- aucun témoin entendu lors de l'enquête de police, de l'instruction ou à l'audience n'a constaté personnellement la manière dont la lésion a été produite, ni le jet d'une bouteille par le prévenu ;
- le serveur, qui avait quitté la salle au moment des faits, n'a pas été en mesure de corroborer l'accusation ;
- le gérant, présent en cuisine, a rapporté les déclarations de clients selon lesquelles le prévenu aurait lancé une bouteille ; ces clients n'ayant pas été identifiés, le t
Sentència
S E N T È N C I A
Magistrats Srs.
Benítez
Jacques Richiardi
Anna Estragués Armengol
Andorra la Vella, vint-i-sis de març del dos mil tretze.
VIST en judici oral i públic pel Molt Il·lustre Tribunal de Corts, la causa núm. TC-029-3/12 seguida pel presumpte delicte major de lesions doloses que han requerit per a la seva curació tractament mèdic posterior a la primera assistència, contra Águila, nascut el 28 de juliol del 1974, a Sendim Felgueiras (Portugal), fill d'Antonio i de Maria, de nacionalitat portuguesa, solter, de professió perforador, i defensat per la Lletrada Sra. Romeu, sent part acusadora el Ministeri Fiscal representat pel Sr. Palmer i actuant de ponent el Magistrat Sr. Benítez, havent designat el Tribunal, ponent per la redacció de la sentència, el Magistrat Sr. Jacques Richiardi.
RESULTANT:
que són fets provats, que en data 13 d'abril del 2012, vers les 21.45 hores, a l'interior del ORG_0, de la vila d'Andorra la Vella, en el qual es trobava el processat Águila, nascut el 28 de juliol del 1974, de nacionalitat portuguesa i sense antecedents penals, que havia tingut un moment abans un altercat verbal amb el cambrer de l'establiment, un client d'aquest, Amador, que estava assegut en una taula, patí una ferida al dors de la mà dreta deguda a l'impacte d'un dels trossos de vidre d'una ampolla trencada contra una paret prop d'ell, ferida que ha requerit diversos punts de sutura.