I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STCOR 16/2015 : Tribunal de Corts, 28 janvier 2015
Décision commentée : STCOR 16/2015, ECLI:AD:TCORAD:2015:16 (Lire sur source officielle)
Note : la référence canonique fournie dans la requête (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence ROJ et l'identifiant ECLI ci-dessus sont extraits du texte intégral de la décision.
Faits et procédure
Le Tribunal de Corts, siégeant à Andorre-la-Vieille en formation de jugement, était saisi d'une procédure pénale (affaire n° 5400063/2013) dirigée contre un ressortissant portugais, désigné dans la décision sous le nom de Duque, pour des délits majeurs de lésions dolosives causées avec un objet susceptible de provoquer des lésions plus graves, et de mauvais traitements dans le cadre domestique.
Les faits déclarés prouvés se sont produits le 2 juin 2013, vers 15 heures, au domicile familial. Une discussion éclate entre le prévenu et son épouse. Alors qu'il est assis dans le canapé avec une boisson, le prévenu se lève, se dirige vers son épouse, assise dans un autre canapé en face de lui, et laisse tomber son verre au-dessus de l'assiette de celle-ci. Le verre heurte le front de la victime, qui doit recevoir des soins d'urgence puis un traitement ultérieur.
Le ministère public qualifie les faits de délit majeur de lésions causées avec un objet présentant un danger de lésions plus graves (article 115.2 du Code pénal) et de délit majeur de mauvais traitements dans le cadre domestique (article 114.2). Il requiert deux ans d'emprisonnement avec sursis, un délai de suspension de quatre ans, et le paiement des dépens. Il réclame, au titre de la responsabilité civile, 61,47 EUR au profit de la Caisse andorrane de sécurité sociale, la victime ayant renoncé à toute demande en son nom propre.
La défense accepte la qualification de mauvais traitements mais conteste celle de lésions dolosives. Elle soutient que le prévenu voulait seulement mettre fin à la discussion, sans intention de nuire, et subsidiairement que les faits relèveraient de lésions par imprudence. Elle invoque l'atténuante d'emportement et d'état passionnel (article 29.9 du Code pénal) et sollicite une peine maximale de six mois d'emprisonnement avec sursis pour le délit majeur, assortie d'une peine de six mois d'arrêt avec sursis pour le délit mineur, avec un délai de suspension d'un an.
Question de droit
La décision soulève principalement trois questions :
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L'élément intentionnel. Le fait de lancer ou de laisser tomber un verre en direction d'une personne caractérise-t-il un dol, et plus précisément un dol éventuel, ou bien une négligence susceptible de fonder une qualification d'imprudence ?
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**L'atténuation
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal de Corts, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« VIST en judici oral i públic pel Molt Il·lustre Tribunal de Corts, la causa núm. 5400063/2013 seguida pels presumptes delictes majors de lesions doloses causades amb arma, objectes o mitjans amb perill de causar la mort o lesions més greus a la víctima i maltractament en l'àmbit domèstic, contra Duque, nascut el dia 27 d'abril del 1975 a Lisboa (Portugal), fill de Vendrell i d'Estany, de nacionalitat portuguesa, casat, de professió magatzemista, i defensat pel Lletrat Sr. Plaza, sent part acusadora el Ministeri Fis… »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal de Corts devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STCOR ANDORRA, a 28 de gener del 2015 - ROJ: STCOR 16/2015 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal de Corts consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (reformation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal de Corts procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« són fets provats que, el processat Duque, nascut el dia 27 d'abril del 1975, de nacionalitat portuguesa i amb antecedents penals, vers les 15.00 hores del dia 2 de juny del 2013, sent al domicili familiar, amb la seva esposa Garzón, s'inicià una discussió entre ambdós en el decurs de la qual el processat, que era assegut en el sofà prenent una beguda, s'aixecà, i dirigint-se vers on era la seva esposa Garzón, asseguda en altre sofà davant, deixà caure el seu got vers el plat d'ella de manera que l'impactà el front, causant-li una ferida que va requerir assistència mèdica d'… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal de Corts à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal de Corts en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal de Corts avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 28 janvier 2015 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
S E N T È N C I A
Magistrats Srs.
Enric Anglada Fors
Concepció Baron Mora
Jacques Richiardi
Andorra la Vella, vint-i-vuit de de gener del dos mil quinze.
VIST en judici oral i públic pel Molt Il·lustre Tribunal de Corts, la causa núm. 5400063/2013 seguida pels presumptes delictes majors de lesions doloses causades amb arma, objectes o mitjans amb perill de causar la mort o lesions més greus a la víctima i maltractament en l'àmbit domèstic, contra Duque, nascut el dia 27 d'abril del 1975 a Lisboa (Portugal), fill de Vendrell i d'Estany, de nacionalitat portuguesa, casat, de professió magatzemista, i defensat pel Lletrat Sr. Plaza, sent part acusadora el Ministeri Fiscal representat per la Sra. Machado i actuant de ponent i redactor de la sentència, la Magistrada Sra. Concepció Baron Mora.
RESULTANT:
són fets provats que, el processat Duque, nascut el dia 27 d'abril del 1975, de nacionalitat portuguesa i amb antecedents penals, vers les 15.00 hores del dia 2 de juny del 2013, sent al domicili familiar, amb la seva esposa Garzón, s'inicià una discussió entre ambdós en el decurs de la qual el processat, que era assegut en el sofà prenent una beguda, s'aixecà, i dirigint-se vers on era la seva esposa Garzón, asseguda en altre sofà davant, deixà caure el seu got vers el plat d'ella de manera que l'impactà el front, causant-li una ferida que va requerir assistència mèdica d'urgències i posterior tractament per la seva consolidació.