I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STCOR 52/2015 (ECLI:AD:TCORAD:2015:52)
Décision commentée : STCOR 52/2015 (ECLI:AD:TCORAD:2015:52) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par une sentence du 22 avril 2015, rendue en matière pénale dans l'affaire n° 2400119/2013 et portée devant la formation de jugement du Tribunal de Corts siégeant à Andorre-la-Vieille (magistrats Enric Anglada Fors, rapporteur, et Anna Estragués Armengol, le troisième magistrat étant identifié comme « Bernat »), le tribunal a statué sur les poursuites engagées contre M. Briones, de nationalité espagnole, pour délit majeur de menaces conditionnelles d'un mal constitutif de délit.
Selon les faits tenus pour établis, le 31 juillet 2013, le prévenu s'est présenté au domicile de son ex-compagne, Mme Canales, pour récupérer leur fille mineure âgée de neuf ans. Mme Canales étant descendue sans l'enfant afin de réclamer la restitution d'objets personnels de celle-ci, une discussion s'est engagée. Mme Canales a appelé son amie, Mme Tamarit, qui a entendu, par téléphone, des insultes proférées par le prévenu ainsi que la menace de lui « trancher le cou » si elle ne lui remettait pas l'enfant. La victime a par ailleurs déclaré avoir vu le prévenu effectuer, au même moment, un geste de la main passé sous le cou. Mme Canales a finalement remis l'enfant avant l'arrivée d'une patrouille de police qu'elle avait elle-même appelée.
Le ministère public a qualifié ces faits de délit majeur de menaces conditionnelles, prévu et puni par l'article 140.1 du Code pénal, et requis quinze mois de prison conditionnelle assortis d'un sursis de quatre ans. La défense a conclu à la relaxe absolue, soutenant que les faits ne constituaient pas une infraction pénale. La victime a renoncé à toute action civile.
Le prévenu n'a pas comparu à l'audience, bien que régulièrement cité personnellement. Le jugement a donc été rendu en situation de rébellion processuelle, le conseil du prévenu ayant toutefois été présent à l'audience.
Question de droit
La décision soulève, en substance, trois questions :
- Qualification : les propos tenus, consistant à menacer de « trancher le cou » afin d'obtenir la remise d'un enfant mineur, réunissent-ils les éléments constitutifs d'une menace conditionnelle d'un mal constitutif de délit au sens de l'article 140.1 du Code pénal ?
- Preuve : la déclaration de la victime, corroborée par un témoignage et par des éléments objectifs, suffit-elle à établir la matérialité de la menace et l'élément intentionnel en l'abs
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal de Corts, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« VIST en judici oral i públic pel Molt Il·lustre Tribunal de Corts, la Causa núm. 2400119/2013 seguida pel presumpte delicte major d'amenaces condicionals d'un mal constitutiu de delicte, contra Briones, nascut el dia 21 d'agost del 1966 a Terrassa-Barcelona (Espanya), fill de Manuel i de Maria Teresa, de nacionalitat espanyola, domiciliat a Andorra la Vella, jutjat en rebel·lia processal per no haver comparegut malgrat haver estat degudament citat i defensat pel Lletrat Sr. Somoza, sent part acusadora el Ministeri … »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal de Corts devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STCOR ANDORRA, a 22 d'abril del 2015 - ROJ: STCOR 52/2015 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal de Corts consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (reformation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal de Corts procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« RESULTANT PRIMER : són fets provats i així es declara que, en data 31 de juliol del 2013, el processat Briones, nascut el dia 21 d'agost del 1966, de nacionalitat espanyola i sense antecedents penals, es personà al domicili de la seva exparella Canales, radicat a la XXXX, per tal de recollir la filla menor d'ambdós de 9 anys d'edat. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal de Corts à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal de Corts en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal de Corts avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 22 avril 2015 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
S E N T È N C I A
Magistrats Srs.
Enric Anglada Fors
Anna Estragués Armengol
Bernat
Andorra la Vella, vint-i-dos d'abril del dos mil quinze.
VIST en judici oral i públic pel Molt Il·lustre Tribunal de Corts, la Causa núm. 2400119/2013 seguida pel presumpte delicte major d'amenaces condicionals d'un mal constitutiu de delicte, contra Briones, nascut el dia 21 d'agost del 1966 a Terrassa-Barcelona (Espanya), fill de Manuel i de Maria Teresa, de nacionalitat espanyola, domiciliat a Andorra la Vella, jutjat en rebel·lia processal per no haver comparegut malgrat haver estat degudament citat i defensat pel Lletrat Sr. Somoza, sent part acusadora el Ministeri Fiscal representat pel Sr. Campillo, i actuant de ponent i redactor de la sentència el Magistrat Sr. Enric Anglada Fors.
Antecedents de fet
RESULTANT PRIMER : són fets provats i així es declara que, en data 31 de juliol del 2013, el processat Briones, nascut el dia 21 d'agost del 1966, de nacionalitat espanyola i sense antecedents penals, es personà al domicili de la seva exparella Canales, radicat a la XXXX, per tal de recollir la filla menor d'ambdós de 9 anys d'edat.
Que seguidament i havent baixat Canales del domicili sense la menor a fi de demanar al processat Briones el retorn de diversos objectes personals de la nena, començaren a discutir, trucant aleshores aquella a la seva amiga Tamarit, la qual escoltà a través del telèfon diversos insults que el processat Briones digué a Canales, com també va poder sentir com aquest li deia que si no li baixava la seva filla li tallaria el coll, veient Canales com al mateix moment aquest feia el gest de passar-se la mà per sota del coll.