STCOR 84/2015
Décision commentée : STCOR 84/2015, Tribunal de Corts (Andorre), Délictes Majors, 28 juillet 2015 (ECLI:AD:TCORAD:2015:84) (Lire sur source officielle)
Note préliminaire : la référence canonique transmise (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence retenue est celle figurant dans le texte intégral (ROJ STCOR 84/2015, recours n° 1400073/2013).
Faits et procédure
Le 22 juin 2013, vers 3 h 26, M. Manzano, de nationalité andorrane et sans antécédents pénaux, se présente dans une salle de fêtes pour demander des explications à un groupe de jeunes gens ayant eu une altercation avec son frère. Un échange de bousculades s'ensuit et l'intéressé est expulsé de l'établissement.
À l'extérieur, dans un contexte d'incidents multiples, il saisit une clé de fer qu'il avait préalablement dissimulée près d'une jardinière, destinée au changement de roues de son véhicule. Il tente de frapper M. Hoyos, organisateur des fêtes et membre de la Commission des fêtes, lequel n'était impliqué dans aucun des incidents. M. Hoyos parvient à esquiver le coup puis à maîtriser l'auteur jusqu'à l'arrivée des agents de police.
Le ministère public retient la qualification de délit majeur de tentative de lésions dolosives commises avec objets ou moyens présentant un risque de lésions plus graves pour la victime, prévu à l'article 115.2 du Code pénal, et requiert douze mois d'emprisonnement conditionnel, un délai de sursis de quatre ans et le paiement des frais de procédure, sans demande de responsabilité civile, le perjudicat n'ayant formulé aucune réclamation.
La défense conteste la relation des faits et la qualification. Elle soutient que M. Manzano, craignant le groupe, n'avait brandi la clé qu'à des fins d'intimidation, sans intention de frapper quiconque. Elle sollicite l'acquittement et, à titre subsidiaire, la prise en compte des circonstances de l'article 56 du Code pénal pour la détermination de la peine.
L'accusé ayant été jugé par défaut (en rebeŀlia processal), la procédure s'est déroulée en son absence, la défense ayant toutefois été assurée. Le Tribunal de Corts, composé de trois magistrats, rend une sentence après audience publique.
Question de droit
La décision soulève principalement deux questions.
Première question : les faits établis, consistant pour l'auteur à s'emparer d'une clé de fer et à se diriger vers la victime en la brandissant, constituent-ils une tentative de lésions dolosives commises avec un objet, au sens de l'article 115.2 du Code pénal, alors que la défense invoque une simple intention d'intimidation ?
Seconde question : comment le juge établit-il l'élément intentionnel et la participation de l'auteur lorsque la version de l'accusé diverge de celle de la victime, et quelles conséquences tirer, en matière de peine et de dévolution des biens, de la commission de l'infraction avec un instrument ?
Solution et dispositif
Sur la qualification et l
Sentència
Tribunal de Corts
Delictes Majors 1400073/2013
S E N T È N C I A
Magistrats Srs.
Josep Maria Pijuan Canadell
Concepció Baron Mora
Anna Estragués Armengol
Andorra la Vella, vint-i-vuit de juliol del dos mil quinze.
VIST en judici oral i públic pel Molt Il·lustre Tribunal de Corts, la causa núm. 1400073/2013 seguida pel presumpte delicte major de temptativa d'ocasionar lesions doloses amb objectes o mitjans amb perill de causar lesions més greus a la víctima, contra Manzano, nascut el dia 15 de maig del 1992 a Sant Julià de Lòria, de nacionalitat andorrana, solter, de professió cambrer, domiciliat a Sant Julià de Lòria, jutjat en rebel·lia processal per no haver comparegut malgrat haver estat degudament citat i defensat per la Lletrada Sra. Calderón, sent part acusadora el Ministeri Fiscal representat per la Sra. Manso i actuant de ponent i redactor de la sentència, la Magistrada Sra. Concepció Baron Mora.
Antecedents de fet
RESULTANT PRIMER: són fets provats que el processat Manzano, nascut el dia 15 de maig del 1992, de nacionalitat andorrana i sense antecedents penals, el dia 22 de juny del 2013, vers les 3:26 hores, va accedir a la sala de festes del P. E. E. per tal de demanar explicacions a un grup de nois que s'haurien barallat amb el seu germà, produint-se aleshores un altercat amb empentes, provocant que l'acusat fos expulsat del local.