Tribunal de Corts d'Andorre, STCOR 106/2015 du 29 septembre 2015
Décision commentée : Tribunal de Corts (Andorre), sentence pénale n° 106/2015, 29 septembre 2015, ROJ STCOR 106/2015, ECLI:AD:TCORAD:2015:106, recours n° 6000011/2014 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le 4 janvier 2014, vers 11 h 45, un ressortissant français, né en 1994, sans antécédents pénaux et non résident de la Principauté, s'est présenté avec deux autres personnes dans un supermarché de la vila de Canillo, où ils ont acheté quinze cartons de tabac pour 395 euros. Sa part, soit cent euros, a été réglée au moyen de cinq billets de 20 euros qui se sont révélés faux, portant tous le même numéro de série. Les responsables de l'établissement ont retenu ces billets jusqu'à l'arrivée des agents du Service de police, qui ont procédé à l'arrestation de l'intéressé.
Le ministère public a qualifié les faits de délit majeur de mise en circulation de monnaie contrefaite, prévu à l'article 431.2 du Code pénal, en retenant la circonstance atténuante de minorité pénale (article 26). Il a requis douze mois de prison conditionnelle, assortis d'un sursis de quatre ans, ainsi que l'expulsion pour une durée de dix ans, requête formulée à l'audience. La défense a contesté l'élément intentionnel et sollicité l'acquittement.
Le prévenu, cité régulièrement, n'a pas comparu. Le Tribunal de Corts a donc statué en son absence, en état de rébellion procédurale (« en rebel·lia processal »). Le dossier comporte notamment un rapport du Centro Nacional de Análisis du Banco de España établissant la fausseté des billets (fos 63 à 67).
Question de droit
La question posée au Tribunal était double. Il lui fallait d'abord vérifier si les éléments constitutifs de l'infraction de mise en circulation de monnaie contrefaite étaient réunis, en particulier l'élément subjectif, c'est-à-dire la connaissance de la fausseté des billets. La défense soutenait que cet élément faisait défaut, le prévenu ayant prétendu avoir reçu les billets la veille dans un bureau de tabac et ignorer leur caractère contrefait.
Il lui fallait ensuite déterminer le régime des conséquences pénales : application de la circonstance atténuante de minorité, peine complémentaire d'expulsion et sort des objets saisis.
Solution et dispositif
Le Tribunal retient la responsabilité pénale de l'intéressé en qualité d'auteur, sur le fondement des articles 20 et 21 du Code pénal. S'agissant de l'élément intentionnel, il écarte la version du prévenu en relevant plusieurs indices concordants : le déplacement depuis une ville éloignée pour un achat de tabac ; le change inutile de cent euros en cinq billets de vingt ; et surtout la réaction du prévenu lors de la découverte de la contrefaçon, qualifiée d'« en gens compatible amb qui actua de bona fe » (« en rien compatible avec celui qui agit de bonne foi »). Le témoignage du gérant, qui décrit une menace et une insistance pour récupérer les billets, conduit le Tribunal à considérer que l'intéressé cherchait à recouvrer des billets faux afin de les écouler ailleurs.
Le Tribunal applique la minorité pénale à titre de circonstance atténuante, réduit la peine en conséquence et prononce une peine d'un an de prison conditionnelle, avec un sursis de trois ans, ainsi que l'expulsion pour dix ans, fondée sur l'article 38.1 du Code pénal. Il ordonne enfin la confiscation des billets saisis, sur le fondement de l'article 70 du Code pénal.
Sentència
S E N T È N C I A
Magistrats Srs.
Josep Maria Pijuan Canadell
Jacques Richiardi
Anna Estragués Armengol
Andorra la Vella, vint-i-nou de setembre del dos mil quinze.
VIST en judici oral i públic pel Tribunal de Corts la Causa núm. 6000011/2014, seguida pel presumpte delicte de posada en circulació de moneda inautèntica, contra l'acusat Villalba, nascut el 22 de desembre de 1994 a Mont-Saint-Aignan (França), fill de Lahouicine i de Hjaiba, de nacionalitat francesa, no resident al Principat, en llibertat provisional en la present causa, sense antecedents penals, defensat per la Lletrada Sra. Hoyos, jutjat en rebel·lia processal per no haver comparegut malgrat haver estat degudament citat, sent part acusadora el Ministeri Fiscal representat per la Sra. Porras, i actuant de ponent el Magistrat Sr. Jacques Richiardi, havent designat el Tribunal, ponent per la redacció de la sentència el Magistrat Sr. Josep Maria Pijuan Canadell.
Antecedents de fet
RESULTANT PRIMER. SÓN FETS PROVATS I AIXÍ ES DECLARA: vers les 11:45 hores del dia 4 de gener del 2014 l'acusat Villalba, nascut el 22 de desembre de 1994, de nacionalitat francesa i sense antecedents penals, junt amb altres dos individus va comprar quinze cartrons de tabac al supermercat "H. P. 3" radicat a la vila del XXXX per un import que ascendia a 395 euros, pagant l'acusat la seva part, que ascendia a cent euros, amb cinc bitllets de 20 euros que han resultant ésser falsos, tenint tots la mateixa numeració XXXXXXXXXXX, bitllets que foren retinguts pels responsables de l'establiment fins l'arribava dels agents del Servei de Policia que procediren a la detenció de l'acusat.