I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STCOR 114/2013 (ECLI:AD:TCORAD:2013:114)
Décision commentée : STCOR 114/2013 (ECLI:AD:TCORAD:2013:114) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le litige naît d'un incident survenu la nuit du 27 avril 2016, vers 1 h 31, dans un commerce situé à XXXX. Ribes, inquiète de ne pas voir rentrer son mari auquel elle avait adressé plusieurs appels restés sans réponse, se rend sur les lieux accompagnée de son frère, Sancho. Une femme, Sarabia, y est découverte, venue en taxi de La Seu d'Urgell à l'invitation du gérant du commerce pour y accomplir des services sexuels. Une altercation oppose Ribes et Sarabia.
Les faits retenus comme établis par le juge sont les suivants. Il n'est pas suffisamment démontré que Ribes ait porté un coup à Sarabia. En revanche, Sancho a frappé celle-ci de deux coups de poing au visage et lui a porté, avec un vase, un coup au nez qui a provoqué une chute et un saignement. Sancho a déjà été condamné pour ces faits par ordonnance pénale du 28 avril 2016.
Le ministère public qualifie les faits de contravention de maltraitement au sens de l'article 476.1 du Code pénal, et retient Ribes comme auteur. Il requiert une peine d'un mois d'arrêt nocturne avec sursis. Aucune action civile n'est engagée, la victime n'ayant rien réclamé. La défense conclut à la relaxe pure et simple, en soulignant le caractère contradictoire des versions et l'absence de preuve, la victime n'ayant pas comparu à l'audience.
La décision est rendue par le magistrat Enric Anglada Fors, « Magistrat », à l'issue d'un procès oral et public. Le numéro de cause est 6000195/2016, et le numéro d'origine 4102122/2013 - 00. Les métadonnées de la décision indiquent comme organe le Tribunal de Corts et comme date de résolution le 17/04/2013. Ces indications sont incohérentes avec le corps du jugement, qui est daté « Andorra la Vella, tretze d'abril del dos mil disset » (13 avril 2017) et qui vise des faits de 2016. La date de 2013 figurant dans l'intitulé ne correspond donc pas à celle de la décision. Le présent commentaire retient la date et les éléments du texte lui-même. La qualité exacte de la juridiction (juge unique ou Tribunal de Corts) n'est pas clairement établie, le texte mentionnant à la fois un « Magistrat » et « le Molt Il·lustre Tribunal de Corts ».
Question de droit
La question posée est de savoir si la culpabilité de la prévenue peut être retenue pour une contravention de maltraitement lorsque la seule preuve à charge repose sur une version contradictoire de la victime, que celle-ci n'a pas confirmée à l'audience, et lorsque l'auteur matériel des violences a déjà été condamné.
Le juge doit donc déterminer si les éléments versés aux débats constituent une preuve de charge suffisante au regard du principe de présomption d'innocence. Ce principe est garanti par l'article 3.4 de la Constitution andorrane, en conformité avec l'article 6.2 de la Convention européenne des droits de l'homme. Selon le premier considérant, il implique que toute personne accusée d'une infraction est présumée innocente tant que sa culpabilité n'a pas été légal
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal de Corts, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« VIST en judici oral i públic la Causa núm. 6000195/2016, seguida per la contravenció penal de maltractaments, contra Ribes, nascuda el dia 17 d'agost de 1980 a Ksar El Hebir (Marroc), fill d'Ramirez i de Ruiz, de nacionalitat marroquina, domiciliada XXXX, defensada pel lletrat Sr. Badía, sent part acusadora el Ministeri Fiscal representat per la Sra. Ruiz, i ponent el Magistrat Sr. Enric Anglada Fors. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal de Corts devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STCOR ANDORRA, a 17 d'abril del 2013 - ROJ: STCOR 114/2013 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal de Corts consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (rejet), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal de Corts procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« RESULTANT PRIMER. SÓN FETS PROVATS I AIXÍ ES DECLARA.- En data 27 d'abril del 2016, vers les 01:31 hores, Ribes al veure que el seu marit no arribava a casa desprès d'haver- li efectuat varies trucades negatives, es desplaçà junt amb el seu germà Sancho al comerç Z., radicat a XXXX, del quin n'és gerent el seu espòs Alcalá, el qual al veure-la arribar sortí de l'interior de la botiga disposat a marxar amb ella cap a casa. Al veure aquesta que quedava una llum oberta a l'interior de la botiga, li digué d'entrar a tancar-la, moment en el que va veure l'ombra d'una persona que… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta meva sentencia, definitivament jutjant, ho mano i signo. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal de Corts à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal de Corts en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal de Corts avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 17 avril 2013 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
Contravencions Penals 6000076/2016
ORÍGEN: 4102122/2013 - 00
NIG: 5300543220140001150
S E N T È N C I A
Magistrat Sr. Enric Anglada Fors
Andorra la Vella, tretze d'abril del dos mil disset.
VIST en judici oral i públic la Causa núm. 6000195/2016, seguida per la contravenció penal de maltractaments, contra Ribes, nascuda el dia 17 d'agost de 1980 a Ksar El Hebir (Marroc), fill d'Ramirez i de Ruiz, de nacionalitat marroquina, domiciliada XXXX, defensada pel lletrat Sr. Badía, sent part acusadora el Ministeri Fiscal representat per la Sra. Ruiz, i ponent el Magistrat Sr. Enric Anglada Fors.
Antecedents de fet
RESULTANT PRIMER. SÓN FETS PROVATS I AIXÍ ES DECLARA.- En data 27 d'abril del 2016, vers les 01:31 hores, Ribes al veure que el seu marit no arribava a casa desprès d'haver- li efectuat varies trucades negatives, es desplaçà junt amb el seu germà Sancho al comerç Z., radicat a XXXX, del quin n'és gerent el seu espòs Alcalá, el qual al veure-la arribar sortí de l'interior de la botiga disposat a marxar amb ella cap a casa. Al veure aquesta que quedava una llum oberta a l'interior de la botiga, li digué d'entrar a tancar-la, moment en el que va veure l'ombra d'una persona que resultà ésser Sarabia, la qual havia pujat amb un taxi des de La Seu d'Urgell contractada per Alcalá per realitzar amb ell serveis sexuals. En entrar Ribes a la botiga va trobar-se a dita noia amagada darrera unes caixes de cartró iniciant-se una discussió entre ambdues, sense que hagi quedat suficientment acreditat que Ribes donés cap tipus de cop a Sarabia, cosa que si realitzà Sancho, el qual donà dos cops de puny a la galta dreta de Sarabia i amb un gerro de la botiga li propinà a aquesta un fort cop al nas, el que provocà que caigués a caure a terra i li sagnés el nas, fets pels quals ja ha estat condemnat per Ordenança Penal de data 28 d'abril del 2016.