STCOR 48/2016 (ECLI:AD:TCORAD:2016:48)
Décision commentée : STCOR 48/2016 (ECLI:AD:TCORAD:2016:48) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le 24 janvier 2015, vers 16 h 50, la prévenue, Mme Pombo, de nationalité russe, sans antécédents pénaux, est contrôlée par des agents du Servei de Policia alors qu'elle entre dans la Principauté par la frontière du Riu Runer. Elle voyage comme passagère d'un véhicule BMW série 5. Sommée de s'identifier, elle présente un passeport slovaque qui s'avère faux.
Les agents relèvent plusieurs irregularités, détaillées dans un rapport d'expertise ratifié à l'audience par l'agent qui l'a établi. Une réponse d'Interpol Bratislava, versée au dossier, indique que le passeport n'a été délivré à personne et que la prévenue ne figure pas dans sa base de données.
Le Ministère public qualifie les faits de délit majeur d'usage de document public inauthentique, au sens de l'article 435.2 du Code pénal, et requiert une peine d'un an d'emprisonnement avec sursis, assortie d'un délai d'épreuve de quatre ans. La défense conclut à l'acquittement. Elle soutient que la prévenue ignorait la fausseté du document. Elle expose que l'intéressée s'était procuré le passeport par l'intermédiaire de sa grand-mère (àvia), qui avait elle-même fait appel à des intermédiaires et perçu 4 000 EUR. Elle ajoute que les données figurant sur le document sont identiques à celles de la prévenue et qu'aucune usurpation d'identité n'est établie.
La prévenue ne comparaît pas, bien que régulièrement citée. Elle est jugée par défaut (en rebel·lia processal). Le Tribunal de Corts, siégeant à Andorra la Vella en formation de trois magistrats (MM. Enric Anglada Fors, ponent, et Josep Maria Pijuan Canadell, Mme Anna Estragués Armengol, rédactrice), rend sa sentence le 23 mars 2016 dans la cause n° 6000101/2015.
Question de droit
La décision soulève une question classique en matière d'usage de faux : l'infraction supposée-t-elle que l'auteur ait connaissance du caractère faux du document ? Plus précisément, le juge doit déterminer comment établir l'élément intentionnel lorsque le prévenu prétend avoir été trompé sur l'origine du titre qu'il utilise, et si les circonstances de son acquisition permettent d'écarter cette allégation d'ignorance.
Une seconde question, de nature procédurale et probatoire, concerne la preuve de la falsification elle-même : le document est-il établi comme inauthentique par des éléments suffisants ?
Solution et dispositif
Le Tribunal retient la qualification de l'article 435.2 du Code pénal. Il juge que le caractère falsifié du passeport est établi par le rapport d'expertise, ratifié à l'audience, et par la réponse d'Interpol Bratislava.
S'agissant de l'élément intentionnel, le Tribunal écarte l'argument de la défense. Il relève que la prévenue reconnaît avoir obtenu le document auprès d'un tiers, et que ce mode d'acquisition, contre une somme de 4 000 EUR, constitue en lui-même un indice décisif. Pour le juge, un prix de cet ordre ne correspond pas à un document authentique obtenu par la voie officielle, de sorte que la prévenue « ne pouvait ignorer » la fausseté du titre.
La responsabilité est retenue en qualité d'auteur, la prévenue ayant person
Sentència
S E N T È N C I A
Magistrats Srs.
Josep Maria Pijuan Canadell
Enric Anglada Fors
Anna Estragués Armengol
Andorra la Vella, vint-i-tres de març del dos mil setze.
VIST en judici oral i públic pel Molt Il·lustre Tribunal de Corts, la Causa núm. 6000101/2015, seguida per un presumpte delicte major de creació i ús de document públic inautèntic contra Pombo, nascuda el 10 d'agost de 1989 a Kaliningrad, filla de Palmer i de Vélez, de nacionalitat russa, defensada pel lletrat Sr. Narváez i jutjada en rebel·lia processal per no haver comparegut malgrat haver estat degudament citada; és part acusadora el Ministeri Fiscal representat per la Sra. Benítez, i actua de ponent el Magistrat Sr. Enric Anglada Fors, havent designat el Tribunal ponent per la redacció de la sentència, la Magistrada Sra. Anna Estragués Armengol.
Antecedents de fet
RESULTANT PRIMER : Són fets provats i així és declara que en data 24 de gener del 2015, vers les 16h50, la processada Pombo, sense antecedents penals, fou controlada per agents del Servei de Policia quan entrava al Principat per la frontera del Riu Runer, circulant de passatgera a l'interior del vehicle BMW sèrie 5 (E) XXXXXXX.