I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (Tribunal de Corts, STCOR 143/2016, ECLI:AD:TCORAD:2016:143) (Lire sur source officielle)
Juridiction andorrane, — (Tribunal de Corts, STCOR 143/2016)
Décision commentée : Tribunal de Corts, Sentència penal, 27 décembre 2016, recours n° 6000180/2016, ROJ STCOR 143/2016, ECLI:AD:TCORAD:2016:143, juge unique Josep Maria Pijuan Canadell. Titre : « Amenaces lleus ».
Observation préalable : l'en-tête de la décision mentionne « Andorra la Vella, vint-i-set de desembre del dos mil setze », alors que la date de résolution indiquée dans les métadonnées et le titre est le 27 décembre 2016. Il s'agit vraisemblablement d'une erreur matérielle, que le présent commentaire retient comme date de la décision (non précisé dans la décision pour toute autre hypothèse).
Faits et procédure
La prévenue, Daza, a entretenu avec la plaignante, Escudero, deux échanges via la messagerie Messenger les 20 et 21 février 2016. Le premier échange faisait suite à une discussion relative à l'ex-compagnon de la plaignante, devenu le compagnon de la prévenue. Le texte de la décision retient que, dans ce premier échange, la prévenue a déclaré en substance qu'elle ne « permettrait » plus que le sujet soit clos autrement, qu'elle n'avait pas besoin de menacer et qu'elle allait « casser la figure » de son interlocutrice. Le second échange, du lendemain, contient des propos injurieux et des formules annonçant un préjudice futur, notamment l'expression selon laquelle le visage de la plaignante serait « arrangé ». La décision ne reproduit pas l'intégralité de ces messages et ne fait pas état de leur contexte plus large.
La poursuite porte sur une contravention pénale d'amenaces légères, le ministère public étant partie accusatrice, représenté par Mme Raya. La prévenue, régulièrement citée, n'a pas comparu. Le jugement est donc rendu en « rebel·lia processal », c'est-à-dire par défaut au sens de la procédure andorrane. La plaignante, entendue à l'audience de jugement oral et public, a ratifié le contenu des conversations ; elle n'a formulé aucune demande d'indemnisation. Le dossier comporte les pièces relatives aux conversations (fos 7 à 27).
Question de droit
Le juge devait déterminer si des messages écrits adressés via une messagerie privée, dont le contenu est établi par les déclarations de la victime et les pièces du dossier, constituent une contravention d'amenaces légères au sens de l'article 478.2 du Codi Penal. Il lui fallait également établir la responsabilité pénale de la prévenue absente, puis fixer la peine et statuer
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal de Corts, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« VIST en judici oral i públic la Causa núm. 6000180/2016, seguida per una presumpta contravenció penal d'amenaces, contra Daza, nascuda el 16 d'abril de 1995 a Escaldes-Engordany, filla de Arcos i de Martin, de nacionalitat andorrana, jutjada en rebel·lia processal per no haver comparegut malgrat haver estat degudament citada, sent part acusadora el Ministeri Fiscal representat per la Sra. Raya, i ponent el Magistrat Sr. Josep Maria Pijuan Canadell. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal de Corts devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STCOR ANDORRA, a 27 de desembre del 2016 - ROJ: STCOR 143/2016 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal de Corts consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (rejet), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal de Corts procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« RESULTANT PRIMER. SÓN FETS PROVATS I AIXÍ ES DECLARA: el dia 20 de febrer del 2016 la denunciada Daza, major d'edat, mantingué una conversa via Messenger amb Escudero, per causa d'haver parlat aquesta amb el seu ex company sentimental, actual company de la denunciada, i en el curs de la conversa la denunciada li digué a Escudero Mira L. de vdd tw digo que no calientes más la olla porque como explote vas a flipar vale o no vale?....Pos no te digo que voy a permitir zanjar ningún tema más y si sigues pos yo no necesitó amenaçar voy y te parto la puta cara te queda claro ya de… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta meva sentencia, definitivament jutjant, ho mano i signo. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal de Corts à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal de Corts en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal de Corts avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 27 décembre 2016 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
S E N T È N C I A
Magistrat Sr. Josep Maria Pijuan Canadell
Andorra la Vella, vint-i-set de desembre del dos mil setze.
VIST en judici oral i públic la Causa núm. 6000180/2016, seguida per una presumpta contravenció penal d'amenaces, contra Daza, nascuda el 16 d'abril de 1995 a Escaldes-Engordany, filla de Arcos i de Martin, de nacionalitat andorrana, jutjada en rebel·lia processal per no haver comparegut malgrat haver estat degudament citada, sent part acusadora el Ministeri Fiscal representat per la Sra. Raya, i ponent el Magistrat Sr. Josep Maria Pijuan Canadell.
Antecedents de fet
RESULTANT PRIMER. SÓN FETS PROVATS I AIXÍ ES DECLARA: el dia 20 de febrer del 2016 la denunciada Daza, major d'edat, mantingué una conversa via Messenger amb Escudero, per causa d'haver parlat aquesta amb el seu ex company sentimental, actual company de la denunciada, i en el curs de la conversa la denunciada li digué a Escudero Mira L. de vdd tw digo que no calientes más la olla porque como explote vas a flipar vale o no vale?....Pos no te digo que voy a permitir zanjar ningún tema más y si sigues pos yo no necesitó amenaçar voy y te parto la puta cara te queda claro ya de una vez o no ??....N me vacil·les si me da igual tus putas intenciones venga va que ya subiré a verte y ya te intentarw acer entender las cosas a buenas o a males deuu!
Al següent dia 21 en una altra conversa via Messenger també amb Escudero, la denunciada li digué Das asco puta niñata mucho asco!!...Y te asseguro que te vas a arrepentir por lo que as conseguido eeh te juro que si...No me extraña sabes que tengo razón que eres una puta niñata de mierda y que tranki que esto lo arreglo yo a ostias Jajajaja que por las buenas soy la tia más buena que puedes encontrarte pero por las males te aseguro que soy la más hija de puta que te puedas exar por la cara...Que sepa que ya puedes ir a denunciarme o lo que te salga de los cojones no te servirà de nada y por mucho que me diga tu súper novio el que asta ace poco tratabas como una mierda te va a servir de bien poco guapita de cara pporque esa carita te la voy a dejar bonita..Vengaaa xaau!