STCOR ANDORRA, a 21 de setembre del 2017 - ROJ: STCOR 78/2017
reformation
JuridictionTribunal de Corts
Niveauappel
Date du prononcé21 septembre 2017
Numéro6000093/2016
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# Tribunal de Corts (Andorra), 21 septembre 2017, n° 6000093/2016 (STCOR 78/2017)
> Décision commentée : Tribunal de Corts (Andorra la Vella), 21 septembre 2017, n° 6000093/2016, ROJ : STCOR 78/2017 ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
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## I. Le contexte factuel et procédural
### A. Les faits à l'origine du litige
L'affaire soumise au Tribunal de Corts de la Principauté d'Andorre s'inscrit dans le cadre classique, mais techniquement complexe, des fraudes transfrontalières au compteur kilométrique commises lors de l'importation de véhicules d'occasion.
Il résulte des constatations souveraines de la juridiction répressive qu'en date du 13 avril 2007, l'entreprise D.-A., établie à l'étranger (non précisé dans la décision quant à la ville exacte) et gérée par M. Montenegro, a procédé à l'acquisition d'un véhicule d'occasion de marque BMW, modèle 530D, auprès du concessionnaire B. A. J.B. L. Lors de cette transaction initiale, le véhicule présentait un kilométrage certifié de 142 376 kilomètres, pour un prix de 19 537 euros.
Quelques jours plus tard, le 19 avril 2007, le prévenu, M. Azorin — agissant en sa qualité de gérant de l'entité commerciale A. R. —, s'est rendu personnellement dans les locaux de l'entreprise D.-A. afin de prendre possession dudit véhicule. Cette acquisition avait été préalablement négociée par voie électronique (via Internet) pour le compte d'un client final andorran, M. Puig. Lors de la remise du bien à M. Azorin, le compteur kilométrique affichait une distance légèrement supérieure au relevé initial, augmentée seulement de 350 à 500 kilomètres selon les constatations techniques et documentaires versées aux débats. La facture d'exportation correspondante, d'un montant de 20 250 euros, fut alors établie directement au nom de M. Puig. Le prévenu a ensuite lui-même acheminé le véhicule jusqu'en Principauté d'Andorre en le conduisant sur le réseau routier.
Cependant, avant de présenter le véhicule, le 23 avril 2007, au contrôle technique réglementaire du Service de contrôle technique des véhicules (Inspecció Tècnica de Vehicles - ITV) dépendant du Département de l'Industrie et des Transports du Gouvernement d'Andorre — formalité préalable indispensable à son immatriculation au sein de la Principauté —, M. Azorin a procédé à la manipulation frauduleuse du compteur kilométrique. Lors de cette inspection officielle, le dispositif n'affichait plus que 53 494 kilomètres, soit une minoration substantielle de près de 90 000 kilomètres par rapport à la réalité mécanique de l'automobile.
Une fois ces démarches administratives accomplies, le véhicule fut remis à l'acquéreur, M. Puig, lequel s'est acquitté d'un prix total de 30 500 euros, réglé au moyen de deux virements bancaires échelonnés : l'un de 15 000 euros émis le 23 avril 2007, et le second de 15 500 euros exécuté le 26 avril 2007. Postérieurement à cette acquisition, le prévenu a en outre fait procéder, le 7 mai 2007, à la reprogrammation électronique du véhicule auprès du concessionnaire officiel BMW en Andorre aux fins de modifier la configuration linguistique de l'ordinateur de bord (pour le paramétrer en espagnol), facture établie au nom de M. Azorin lui-même pour un montant de 180,83 euros.
Le véhicule est demeuré entre les mains de M. Puig pendant près de trois années. Le 11 mars 2010, M. Puig a cédé l'automobile à une société tierce, l'entreprise M., pour le montant de 15 500 euros, l'odomètre affichant alors 95 000 kilomètres. Dès le lendemain, 12 mars 2010, l'entreprise M. a revendu le véhicule à M. Pla pour la somme de 18 000 euros.
C'est au cours du mois de juin 2010 que la supercherie a été mise au jour : à l'occasion d'une révision mécanique dans un atelier de réparation, M. Pla a été informé par les techniciens que le véhicule comptabilisait en réalité plus de 200 000 kilomètres. Les outils de diagnostic électronique du garage avaient en effet identifié une alerte mécanique spécifique — relative à la nécessité de remplacer le filtre à particules du pot catalytique —, alerte programmée par le constructeur pour n'apparaître qu'au-delà de ce seuil kilométrique. Une expertise réalisée par l'entreprise P. M. a conclu que, compte tenu du kilométrage réel du bien au moment de son acquisition par M. Pla, sa valeur vénale marchande n'excédait pas 3 000 euros, caractérisant un différentiel patrimonial négatif direct de 15 000 euros pour ce dernier acquéreur.
### B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
À la suite de la découverte de cette minoration kilométrique, une instruction pénale a été ouverte sous le numéro de dossier 4900043/2014 (NIG : 5300543220140000929), instruite par le Batlle instructeur. L'affaire a ensuite été renvoyée devant la juridiction de jugement compétente en matière répressive collégiale, le Tribunal de Corts, sous la référence des délits majeurs n° 6000093/2016.
Le Ministère public (*Ministeri Fiscal*) a formalisé ses réquisitions en qualifiant les faits reprochés à M. Azorin sous une double incrimination :
1. Un délit majeur d'escroquerie qualifiée (*delicte major d'estafa qualificada*), caractérisé par un préjudice patrimonial supérieur au seuil de 6 000 euros, prévu et réprimé par l'article 209.1 e) du Code pénal andorran ;
2. Un délit mineur d'altération d'enregistrement technique (*delicte menor d'alteració d'enregistrament tècnic*), prévu et réprimé par l'article 443 du Code pénal.
Le Ministère public soutenait que ces deux infractions se trouvaient dans un rapport de concours idéal médial (*concurs medial*), le prévenu devant être déclaré pénalement responsable en qualité d'auteur principal, sans le bénéfice de circonstances atténuantes ou modificatives de la responsabilité pénale. Sur le plan de la répression publique, l'accusation requérait le prononcé d'une peine de trois années d'emprisonnement avec sursis probatoire assorti d'un délai de suspension de quatre ans, outre la condamnation aux entiers dépens de la procédure. Sur le plan de l'action civile indemnitaire accessoire, le Parquet sollicitait la condamnation de M. Azorin à verser à la victime finale, M. Pla, la somme de 15 000 euros au titre de la réparation de son préjudice financier, somme correspondant exactement à la différence entre le prix payé (18 000 euros) et la valeur vénale effective du véhicule (3 000 euros). Ces réquisitions ont été intégralement réitérées à l'audience de jugement.
Le prévenu, M. Azorin, a fait le choix délibéré de ne pas comparaître à l'audience publique bien qu'ayant été régulièrement cité à personne ou à domicile conformément aux règles de procédure. Il a en conséquence été jugé selon la procédure par défaut (*en rebel·lia processal*), assisté et représenté par son conseil, Me Nogués.
La défense contestait formellement tant la matérialité des faits exposés que leur qualification pénale. M. Azorin soutenait n'avoir jamais été partie au contrat de vente initial, affirmant que l'opération de vente avait été directement conclue entre l'entreprise allemande D.-A. et M. Puig, et que ce dernier avait lui-même pris possession du véhicule à l'étranger. Invoquant les pièces du dossier d'instruction, la défense plaidait la relaxe pure et simple du prévenu pour l'ensemble des chefs d'accusation, réitérant cette posture lors des débats oraux.
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## II. La question de droit et la solution de la juridiction
### A. Le problème juridique posé
Le Tribunal de Corts se trouvait confronté à une problématique juridique double, touchant d'une part à la caractérisation matérielle et probatoire du délit d'altération de support technique dans le commerce transfrontalier, et d'autre part à la délimitation structurelle des éléments constitutifs de l'infraction d'escroquerie au regard de la chaîne de transmission contractuelle d'un bien meuble corporel.
La première question portait sur l'imputabilité matérielle de la falsification du compteur kilométrique : en l'absence d'aveux du prévenu et compte tenu de ses allégations tendant à reporter la manipulation sur l'acheteur ou sur le vendeur originaire, le faisceau d'indices documentaires, bancaires et testimononiaux recueillis — notamment par voie de commission rogatoire internationale — était-il suffisant pour établir, au-delà de tout doute raisonnable, que le professionnel de l'automobile avait lui-même procédé ou fait procéder à la réduction du kilométrage avant le contrôle d'homologation ?
La seconde question, de nature dogmatique, résidait dans l'articulation de la notion de tromperie déterminante (*engany bastant*) avec le principe de la relativité de la relation d'escroquerie : le professionnel ayant falsifié un compteur kilométrique peut-il être reconnu coupable du délit d'escroquerie à l'encontre d'un acquéreur sous-jacent et éloigné dans le temps (le troisième sous-acquéreur dans la chaîne contractuelle), avec lequel il n'a entretenu aucune relation juridique directe ni aucun échange précontractuel ?
Enfin, sur le terrain de la responsabilité civile dérivée de l'infraction (*responsabilitat civil ex delicto*), la juridiction devait trancher le point de savoir si la relaxe prononcée au titre de l'escroquerie envers le dernier acquéreur faisait obstacle à l'indemnisation de son préjudice financier sur le fondement de la responsabilité issue du délit résiduel d'altération d'enregistrement technique.
### B. Le raisonnement et la motivation de la cour
Le Tribunal de Corts a articulé son raisonnement en opérant une distinction analytique rigoureuse entre la matérialité de l'atteinte à la véracité technique et la typicité stricte du délit patrimonial d'escroquerie.
#### 1. La matérialité indiscutable de l'altération de l'enregistrement technique (article 443 du Code pénal)
Dans un premier temps, la juridiction s'est attachée à reconstituer méticuleusement la chronologie technique et contractuelle du véhicule afin de déterminer avec certitude l'auteur de la falsification :
- *La certitude de la manipulation temporelle* : Les pièces du dossier d'instruction démontrent de manière irréfutable que le compteur du véhicule affichait 142 376 kilomètres lors de sa cession par le concessionnaire allemand le 13 avril 2007, alors qu'il n'en présentait plus que 53 494 lors de sa présentation au centre ITV andorran le 23 avril 2007. La falsification est donc intervenue avec certitude dans cet intervalle de dix jours.
- *L'exclusion de la responsabilité des tiers amont* : L'audition, par commission rogatoire internationale exécutée le 11 septembre 2015 par les services de police de Vaihingen, du dirigeant de l'entreprise intermédiaire allemande (M. Montenegro), corrobore que le véhicule a été cédé avec son kilométrage d'origine augmenté seulement d'un trajet résiduel (environ 350 à 500 km), la facture d'exportation reflétant un prix conforme à cette usure (20 250 euros contre 19 537 euros lors du rachat). M. Montenegro a par ailleurs attesté que M. Azorin s'était présenté en personne pour acquérir plusieurs véhicules et qu'il avait pris la route au volant de la BMW litigieuse en direction de l'Andorre.
- *Le rejet des dénégations du prévenu* : Lors de son interrogatoire
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STCOR ANDORRA, a 21 de setembre del 2017 - ROJ: STCOR 78/2017
Tribunal de Corts (Andorra), 21 septembre 2017, n° 6000093/2016 (STCOR 78/2017)
Reproduction verbatim
Décision commentée : Tribunal de Corts (Andorra la Vella), 21 septembre 2017, n° 6000093/2016, ROJ : STCOR 78/2017 (Lire sur source officielle)
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I. Le contexte factuel et procédural
A. Les faits à l'origine du litige
L'affaire soumise au Tribunal de Corts de la Principauté d'Andorre s'inscrit dans le cadre classique, mais techniquement complexe, des fraudes transfrontalières au compteur kilométrique commises lors de l'importation de véhicules d'occasion.
Il résulte des constatations souveraines de la juridiction répressive qu'en date du 13 avril 2007, l'entreprise D.-A., établie à l'étranger (non précisé dans la décision quant à la ville exacte) et gérée par M. Montenegro, a procédé à l'acquisition d'un véhicule d'occasion de marque BMW, modèle 530D, auprès du concessionnaire B. A. J.B. L. Lors de cette transaction initiale, le véhicule présentait un kilométrage certifié de 142 376 kilomètres, pour un prix de 19 537 euros.
Quelques jours plus tard, le 19 avril 2007, le prévenu, M. Azorin — agissant en sa qualité de gérant de l'entité commerciale A. R. —, s'est rendu personnellement dans les locaux de l'entreprise D.-A. afin de prendre possession dudit véhicule. Cette acquisition avait été préalablement négociée par voie électronique (via Internet) pour le compte d'un client final andorran, M. Puig. Lors de la remise du bien à M. Azorin, le compteur kilométrique affichait une distance légèrement supérieure au relevé initial, augmentée seulement de 350 à 500 kilomètres selon les constatations techniques et documentaires versées aux débats. La facture d'exportation correspondante, d'un montant de 20 250 euros, fut alors établie directement au nom de M. Puig. Le prévenu a ensuite lui-même acheminé le véhicule jusqu'en Principauté d'Andorre en le conduisant sur le réseau routier.
Cependant, avant de présenter le véhicule, le 23 avril 2007, au contrôle technique réglementaire du Service de contrôle technique des véhicules (Inspecció Tècnica de Vehicles - ITV) dépendant du Département de l'Industrie et des Transports du Gouvernement d'Andorre — formalité préalable indispensable à son immatriculation au sein de la Principauté —, M. Azorin a procédé à la manipulation frauduleuse du compteur kilométrique. Lors de cette inspection officielle, le dispositif n'affichait plus que 53 494 kilomètres, soit une minoration substantielle de près de 90 000 kilomètres par rapport à la réalité mécanique de l'automobile.
Une fois ces démarches administratives accomplies, le véhicule fut remis à l'acquéreur, M. Puig, lequel s'est acquitté d'un prix total de 30 500 euros, réglé au moyen de deux virements bancaires échelonnés : l'un de 15 000 euros émis le 23 avril 2007, et le second de 15 500 euros exécuté le 26 avril 2007. Postérieurement à cette acquisition, le prévenu a en outre fait procéder, le 7 mai 2007, à la reprogrammation électronique du véhicule auprès du concessionnaire officiel BMW en Andorre aux fins de modifier la configuration linguistique de l'ordinateur de bord (pour le paramétrer en espagnol), facture établie au nom de M. Azorin lui-même pour un montant de 180,83 euros.
Le véhicule est demeuré entre les mains de M. Puig pendant près de trois années. Le 11 mars 2010, M. Puig a cédé l'automobile à une société tierce, l'entreprise M., pour le montant de 15 500 euros, l'odomètre affichant alors 95 000 kilomètres. Dès le lendemain, 12 mars 2010, l'entreprise M. a revendu le véhicule à M. Pla pour la somme de 18 000 euros.
C'est au cours du mois de juin 2010 que la supercherie a été mise au jour : à l'occasion d'une révision mécanique dans un atelier de réparation, M. Pla a été informé par les techniciens que le véhicule comptabilisait en réalité plus de 200 000 kilomètres. Les outils de diagnostic électronique du garage avaient en effet identifié une alerte mécanique spécifique — relative à la nécessité de remplacer le filtre à particules du pot catalytique —, alerte programmée par le constructeur pour n'apparaître qu'au-delà de ce seuil kilométrique. Une expertise réalisée par l'entreprise P. M. a conclu que, compte tenu du kilométrage réel du bien au moment de son acquisition par M. Pla, sa valeur vénale marchande n'excédait pas 3 000 euros, caractérisant un différentiel patrimonial négatif direct de 15 000 euros pour ce dernier acquéreur.
B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
À la suite de la découverte de cette minoration kilométrique, une instruction pénale a été ouverte sous le numéro de dossier 4900043/2014 (NIG : 5300543220140000929), instruite par le Batlle instructeur. L'affaire a ensuite été renvoyée devant la juridiction de jugement compétente en matière répressive collégiale, le Tribunal de Corts, sous la référence des délits majeurs n° 6000093/2016.
Le Ministère public (Ministeri Fiscal) a formalisé ses réquisitions en qualifiant les faits reprochés à M. Azorin sous une double incrimination :
Un délit majeur d'escroquerie qualifiée (delicte major d'estafa qualificada), caractérisé par un préjudice patrimonial supérieur au seuil de 6 000 euros, prévu et réprimé par l'article 209.1 e) du Code pénal andorran ;
Un délit mineur d'altération d'enregistrement technique (delicte menor d'alteració d'enregistrament tècnic), prévu et réprimé par l'article 443 du Code pénal.
Le Ministère public soutenait que ces deux infractions se trouvaient dans un rapport de concours idéal médial (concurs medial), le prévenu devant être déclaré pénalement responsable en qualité d'auteur principal, sans le bénéfice de circonstances atténuantes ou modificatives de la responsabilité pénale. Sur le plan de la répression publique, l'accusation requérait le prononcé d'une peine de trois années d'emprisonnement avec sursis probatoire assorti d'un délai de suspension de quatre ans, outre la condamnation aux entiers dépens de la procédure. Sur le plan de l'action civile indemnitaire accessoire, le Parquet sollicitait la condamnation de M. Azorin à verser à la victime finale, M. Pla, la somme de 15 000 euros au titre de la réparation de son préjudice financier, somme correspondant exactement à la différence entre le prix payé (18 000 euros) et la valeur vénale effective du véhicule (3 000 euros). Ces réquisitions ont été intégralement réitérées à l'audience de jugement.
Le prévenu, M. Azorin, a fait le choix délibéré de ne pas comparaître à l'audience publique bien qu'ayant été régulièrement cité à personne ou à domicile conformément aux règles de procédure. Il a en conséquence été jugé selon la procédure par défaut (en rebel·lia processal), assisté et représenté par son conseil, Me Nogués.
La défense contestait formellement tant la matérialité des faits exposés que leur qualification pénale. M. Azorin soutenait n'avoir jamais été partie au contrat de vente initial, affirmant que l'opération de vente avait été directement conclue entre l'entreprise allemande D.-A. et M. Puig, et que ce dernier avait lui-même pris possession du véhicule à l'étranger. Invoquant les pièces du dossier d'instruction, la défense plaidait la relaxe pure et simple du prévenu pour l'ensemble des chefs d'accusation, réitérant cette posture lors des débats oraux.
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II. La question de droit et la solution de la juridiction
A. Le problème juridique posé
Le Tribunal de Corts se trouvait confronté à une problématique juridique double, touchant d'une part à la caractérisation matérielle et probatoire du délit d'altération de support technique dans le commerce transfrontalier, et d'autre part à la délimitation structurelle des éléments constitutifs de l'infraction d'escroquerie au regard de la chaîne de transmission contractuelle d'un bien meuble corporel.
La première question portait sur l'imputabilité matérielle de la falsification du compteur kilométrique : en l'absence d'aveux du prévenu et compte tenu de ses allégations tendant à reporter la manipulation sur l'acheteur ou sur le vendeur originaire, le faisceau d'indices documentaires, bancaires et testimononiaux recueillis — notamment par voie de commission rogatoire internationale — était-il suffisant pour établir, au-delà de tout doute raisonnable, que le professionnel de l'automobile avait lui-même procédé ou fait procéder à la réduction du kilométrage avant le contrôle d'homologation ?
La seconde question, de nature dogmatique, résidait dans l'articulation de la notion de tromperie déterminante (engany bastant) avec le principe de la relativité de la relation d'escroquerie : le professionnel ayant falsifié un compteur kilométrique peut-il être reconnu coupable du délit d'escroquerie à l'encontre d'un acquéreur sous-jacent et éloigné dans le temps (le troisième sous-acquéreur dans la chaîne contractuelle), avec lequel il n'a entretenu aucune relation juridique directe ni aucun échange précontractuel ?
Enfin, sur le terrain de la responsabilité civile dérivée de l'infraction (responsabilitat civil ex delicto), la juridiction devait trancher le point de savoir si la relaxe prononcée au titre de l'escroquerie envers le dernier acquéreur faisait obstacle à l'indemnisation de son préjudice financier sur le fondement de la responsabilité issue du délit résiduel d'altération d'enregistrement technique.
B. Le raisonnement et la motivation de la cour
Le Tribunal de Corts a articulé son raisonnement en opérant une distinction analytique rigoureuse entre la matérialité de l'atteinte à la véracité technique et la typicité stricte du délit patrimonial d'escroquerie.
1. La matérialité indiscutable de l'altération de l'enregistrement technique (article 443 du Code pénal)
Dans un premier temps, la juridiction s'est attachée à reconstituer méticuleusement la chronologie technique et contractuelle du véhicule afin de déterminer avec certitude l'auteur de la falsification :
La certitude de la manipulation temporelle : Les pièces du dossier d'instruction démontrent de manière irréfutable que le compteur du véhicule affichait 142 376 kilomètres lors de sa cession par le concessionnaire allemand le 13 avril 2007, alors qu'il n'en présentait plus que 53 494 lors de sa présentation au centre ITV andorran le 23 avril 2007. La falsification est donc intervenue avec certitude dans cet intervalle de dix jours.
L'exclusion de la responsabilité des tiers amont : L'audition, par commission rogatoire internationale exécutée le 11 septembre 2015 par les services de police de Vaihingen, du dirigeant de l'entreprise intermédiaire allemande (M. Montenegro), corrobore que le véhicule a été cédé avec son kilométrage d'origine augmenté seulement d'un trajet résiduel (environ 350 à 500 km), la facture d'exportation reflétant un prix conforme à cette usure (20 250 euros contre 19 537 euros lors du rachat). M. Montenegro a par ailleurs attesté que M. Azorin s'était présenté en personne pour acquérir plusieurs véhicules et qu'il avait pris la route au volant de la BMW litigieuse en direction de l'Andorre.
Le rejet des dénégations du prévenu : Lors de son interrogatoire
Andorra la Vella, vint-i-un de setembre de dos mil disset.
VIST en judici oral i públic pel Molt Il·lustre Tribunal de Corts, la causa núm. 6000093/2016 seguida pels presumptes delictes major d'estafa qualificada quin perjudici tingui un valor superior a 6.000 euros i menor d'alteració d'enregistrament tècnic, contra D. Azorin, nascut el dia 20 d'abril de 1972 a XXXX, fill d'Ermenegildo i d'Eugènia de nacionalitat portuguesa, jutjat en rebel·lia processal per no haver comparegut malgrat haver estat degudament citat i defensat per la Lletrada Sra. Nogués, sent part acusadora el Ministeri Fiscal representat pel Sr. Alcalá i actuant de ponent i redactor de la sentència, el Magistrat Sr. Jacques Richiardi.
Antecedents de fet
RESULTANT PRIMER : Són fets provats que en data 13 d'abril del 2007, l'empresa D.-A. radicada a XXXX, propietat de Montenegro, va comprar al concessionari B.
A. J.B. L.de XXXX un vehicle d'ocasió BMW 530D, presentant aleshores un quilometratge de 142.376.
En data 19 d'abril del 2007, el processat Azorin, nascut el 20 d'abril del 1972, de nacionalitat portuguesa i amb antecedents penals no computables als efectes de reincidència en el marc de la present causa, en la seva qualitat de gerent de l'empresa A. R., es desplaçà a l'empresa D.-A. a fi de recollir el referit vehicle que havia adquirit prèviament per Internet per un client seu, Puig.
El vehicle fou entregat al processat amb un quilometratge una mica superior al quilometratge precitat, essent establerts els documents per a l'exportació i especialment la factura d'un import de 20.250 EUR al nom de Puig.
Abans de presentar el 23 d'abril del 2007 el vehicle a la Inspecció Tècnica de Vehicles del Departament d'Indústria i Transports del Govern d'Andorra per poder procedir a la seva matriculació al Principat, el processat va manipular el comptador quilomètric, presentant aquest al moment de la revisió 53.494 km.
Posteriorment, el processat va lliurar el vehicle a Puig, el qual va pagar el preu de 30.500 EUR per dos transferències bancàries de 15.000 EUR i de 15.500 EUR en dates dels 23 i 26 d'abril del 2007.
En data 11 de març del 2010, Puig va vendre pel preu de 15.500 EUR el vehicle, amb matricula XXXX i que presentava al comptador un quilometratge de 95.000, a l'empresa M., la qual va vendre al seu torn l'endemà el vehicle pel preu de 18.000 EUR a Pla.
Corrent del mes de juny del 2010, a conseqüència d'una revisió mecànica, Pla va ser informat que el vehicle tindria més de 200.000 km, havent detectat electrònicament el garatge una menció (substitució del filtre de partícules del catalitzador) que apareix a partir de l'esmentat quilometratge.
Compte tingut del quilometratge real del vehicle al moment de la seva adquisició per Pla, el preu del mercat era d'aproximadament 3.000 EUR.
RESULTANT SEGON : El Ministeri Fiscal qualifica els fets com a constitutius d'un delicte major d'estafa qualificada quin perjudici tingui un valor superior a 6.000 EUR tipificat a l'article 209.1 e) del Codi Penal en concurs medial amb un delicte menor d'alteració d'enregistrament tècnic tipificat a l'article 443 del mateix text legal, dels quals el processat és responsable penalment en concepte d'autor, sense la concurrència de circumstàncies modificatives de la responsabilitat penal.
Demana que li sigui imposada a Azorin la pena de tres anys de presó condicional amb un termini de suspensió de la condemna de quatre anys, així com el pagament de les despeses processals causades.
En concepte de responsabilitat civil, sol·licita que el processat indemnitzi el perjudicat Pla en la suma de 15.000 EUR, diferència entre el preu pagat pel vehicle (18.000 EUR) i el preu real al moment de la seva adquisició (3.000 EUR).
A l'acte del judici oral, ratifica les seves conclusions provisionals.
RESULTANT TERCER : La defensa del processat Azorin manifesta el seu desacord amb l'exposició dels fets i la qualificació jurídica del Ministeri Fiscal.
Fa valdre que el seu defensat no va realitzar la compravenda del vehicle, essent aquesta realitzada directament per Puig a qui fou entregat en persona el vehicle per l'empresa alemanya D.-A..
Sol·licita l'absolució del seu defensat.
A l'acte del judici oral, ratifica les seves conclusions provisionals, invocant els documents figurant al sumari.
Fonaments de dret
CONSIDERANT PRIMER : Els fets declarats provats són legalment constitutius d'un delicte menor d'alteració d'enregistrament tècnic tipificat a l'article 443 del Codi Penal, havent manipulat el processat el comptador quilomètric del vehicle BMW 530D adquirit a Alemanya de l'empresa D.-A., baixant-lo d'aproximadament 90.000 km i doncs alterant un enregistrament tècnic autèntic, abans de lliurar el vehicle al comprador Puig.
En primer lloc, compte tingut dels documents figurant al sumari (folis 28, 32, 125, 126, 152 i 153), és una cosa segura que el comptador del vehicle fou objecte d'una manipulació entre la venda en data 13 d'abril del 2007 pel concessionari B.
A. J.B. L.(142.376 km) i la revisió en data 23 d'abril del 2007 per la Inspecció Tècnica de Vehicles del Departament d'Indústria i Transports del Govern d'Andorra (53.494 km).
En segon lloc, en la seva audició en data 11 de setembre del 2015 pel comissari de policia de Vaihingen sobre comissió rogatòria internacional, Montenegro, gerent de l'empresa D.-
A. i comprador del vehicle al concessionari precitat, va manifestar (folis 123 i 150) "Crec que el vehicle tenia aproximadament entre 110.000-150.000 kilòmetres en el moment de la venda al senyor Puig. Hi ha documents a aquest respecte. Els faré arribar aquests documents per correu electrònic", precisant en el seu correu electrònic del mateix dia (folis 124 i 151) "Com pot veure en el document adjunt, vam comprar el vehicle amb un quilometratge de 142.376, i el vam vendre amb 350 o 500 km més en el comptaquilòmetres" i remetent la factura d'adquisició en data 13 d' abril del 2007.
Aquestes declaracions, que són acreditades per l'import de 20.250 EUR mencionat sobre la factura en data 19 d'abril del 2007 per a l'exportació del vehicle (folis 129 i 158) i la declaració d'exportació (folis 128 i 157), import a confrontar a el preu de 19.537 EUR figurant sobre la factura d'adquisició, permeten d'excloure tota responsabilitat de Montenegro en la manipulació del comptador.
En tercer lloc, en la seva audició en data 12 de gener del 2015 pel batlle instructor (folis 91, 92 i 93), Azorin, que no ha comparegut a la vista oral malgrat haver estat degudament citat, tot negant d'haver modificat els quilometratges de cap dels vehicles adquirits per vendre, i tot indicant no recordar d'haver efectuar la venda del vehicle BMW a Puig, va manifestar que "en ocasions els propis clients anaven a Alemanya a cercar el vehicle, no sabent si aquest va ser el cas, degut a que quan el vehicle li arribava al compareixent la sol·licitud de matriculació de vehicle, constava al Registre del M.I. Govern a A. R., i posteriorment es feia el traspàs al comprador, creu que en aquest cas el vehicle el va anar a buscar el propi comprador per quan la sol·licitud de matriculació va a nom del comprador i no de A. R.".
No obstant això, aquesta darrera al·legació és contradita per les precisions donades per Montenegro en el seu correu electrònic en data 11 de setembre del 2015, les quals confirmen les declaracions de Puig que seran citades posteriorment : "El vehicle el van triar els mateixos senyors per Internet i nosaltres el vam comprar i vam portar a terme els tràmits de duanes per al vehicle. Un senyor de nom Azorin i altres persones estaven aquí en aquell moment i ens van comprar diversos vehicles (més de 7 vehicles) que aleshores vam transportar cap a Andorra amb una empresa de transports (en un camió). Aquestes persones van conduir el BMW 530d que teníem al local elles mateixes cap a Andorra".
En quart lloc, Puig, que tampoc no ha comparegut a la vista oral, va declarar :
el 15 de desembre del 2010 davant el Servei de policia (folis 14 i 15) :
"... En el mes d'abril de l'any 2007, creient que va ésser el 27, vaig adquirir el vehicle mara BMW model 530 D matrícula XXXX a l'establiment comercial A, D, de la vila de Sta. Coloma, essent la persona amb la qual vaig efectuar tots els tràmits per la compra del vehicle amb el gerent o propietari de l'establiment, un tal D. de nacionalitat portuguesa. Tinc que dir que aquest vehicle el vaig comprar d'ocasió, havent-lo dut al Principat l'esmentat D. provenint d'Alemanya, estant matriculat en aquest país prèviament, i tenint un quilometratge fet al volant dels 51.000 km..."
el 21 de febrer del 2011 davant el batlle instructor (folis 65 i 66) :
"... Que el compareixent va parlar Azorin, propietari o gerent del negoci A. D. de XXXX. Que aquell li mostrà per Internet un anunci d'un vehicle de segona mà... que segons indicava aquell cotxe tenia 51.000 km aproximadament, Que en Azorin li va demanar una copia del DNI al compareixent per tal de fer tota la documentació per portar el cotxe des d'Alemanya... que el dit Azorin va efectuar tots els tràmits de duana, etc. Que el compareixent no en signà cap document al respecte, efectuant igualment tots els tràmits d'inscripció al registre de vehicles i matriculació. Que quan el cotxe d'autes marca BMW model 530D arribà al Principat, Azorin l'avisà, que li consta al compareixent que fou aquest qui l'anà a buscar a Alemanya, portant-lo circulant al Principat. Que li va donar a provar al compareixent amb les plaques alemanyes. Que Azorin volia cobrar en efectiu, això no obstant el compareixent li digué que li pagaria mitjançant dues transferències bancàries, segons fotocopies que adjunta a la present. Que entre transferència i transferència, Azorin efectuà tots els tràmits de canvi de matriculació i d'inscripció del vehicle a Andorra a nom del compareixent. Que el compareixent després que Azorin li donés el vehicle matriculat, el va dur al concessionari oficial BMW d'Andorra per tal que li canviessin l'idioma de l'ordinador, compte tingut que venia en alemany... Reitera que en cap moment ha manipulat, ni ha fet manipular el vehicle d'autes, de forma que aquell mostrés menys quilometres dels que realment tenia, es més el compareixent es sent igualment enganyat, per quan en el seu dia pagà 30.500 EUR...".
Aquestes declaracions expliquen de manera molt clara tot el procés de compravenda del vehicle i especialment tots els documents figurant al sumari establerts al nom de Puig, com la manifestació de Montenegro pel que fa el nom del comprador, essent interessant d'observar que el processat ja ha estat condemnat per sentència de data 30 de gener del 2013 per un delicte major de creació mediata de document inveraç per particular.
A més, són corroborades per la factura en data 7 de maig del 2007, d'un import de 180,83 EUR, de l'empresa ORG_0, concessionari BMW a Andorra, concernint la reprogramació de l'ordinador del vehicle per canviar l'idioma (espanyol), establerta al nom de Azorin (foli 52) i els document bancàries produïts per Puig (folis 72, 73 i 74 : extracte de compte i ordres de transferència de 15.000 EUR el 23 d'abril i de 15.500 EUR el 26 d'abril del 2007), elements demostrant de manera complementària que contràriament a la posició expressada en defensa per la representació lletrada, el processat fou efectivament el venedor del vehicle a aquest darrer.
En darrer lloc i sobretot, la hipòtesi d'una manipulació del comptador per Puig abans la revisió del vehicle per la ITV no té cap sentit, mentre que la manipulació efectuada apareix en relació evident amb el preu de 30.500 EUR sol·licitat pel processat, igualment condemnat per sentència de data 22 de febrer del 2012 per un delicte menor d'us d'enregistrament tècnic inautèntic o alterat.
El conjunt d'elements anteriors prova doncs, sense cap dubte, que el processat era l'autor o al mínim, el responsable de la manipulació.
Per contra, Azorin ha de ser absolt del delicte major d'estafa qualificada quin perjudici tingui un valor superior a 6.000 EUR, en relació amb la venda del vehicle a Pla, delicte imputat pel Ministeri Fiscal.
En efecte, segons la definició de l'article 208 del Codi Penal, el delicte d'estafa, per ser constituït, necessita, independentment de l'ànim de lucre, l'existència d'un engany suficient per produir error en una persona i induir-la a realitzar un acte de disposició patrimonial en perjudici propi o aliè; així, la constitució del delicte suposa una actuació delictiva exercitada contra una persona i afectant directament la seva voluntat, doncs una relació directa entre autor i víctima; en conseqüència, en el cas d'un engany utilitzat pel venedor en el marc de la venda d'un vehicle, únicament pot ser víctima d'una estafa el seu comprador però no el comprador posterior, a defecte de relació directa entre els interessats; altrament dit i concretament pel cas d'autes, un delicte d'estafa podria ser constituït envers Puig, comprador del processat, però no Pla, tercer comprador del vehicle.
CONSIDERANT SEGON : Per aplicació dels articles 20 i 21 del Codi Penal, el processat és responsable penalment del delicte menor d'alteració d'enregistrament tècnic en concepte d'autor per haver realitzat personalment l'acte punible, culpabilitat demostrada pels elements susdits.
CONSIDERANT TERCER : No existeixen en la causa circumstàncies modificatives de la responsabilitat penal
Per l'apreciació de la pena a imposar, cal tenir en compte la gravetat dels fets comesos per un professional en detriment de la seguretat del comerç automòbil, amb repercussions molt perjudicials per a diverses persones.
La pena de quinze mesos de presó condicional amb un termini de suspensió de la condemna de dos anys serà doncs una justa sanció.
CONSIDERANT QUART : Si no pot existir una estafa comesa pel processat envers Pla, per contra, la seva actuació delictiva consistint en la manipulació del comptador quilomètric ha produït un efecte directe en el marc de la venda del vehicle per l'empresa M. a Pla, pagant aquest un preu de 18.000 EUR en raó del quilometratge afixat, quan el preu del mercat era d'aproximadament 3.000 EUR pel quilometratge real segons l'avaluació de l'empresa P. M..
En conseqüència, per aplicació de l'article 94 del Codi Penal, el processat, responsable penalment, ho és també civilment, i ha doncs de pagar a Pla la suma de 15.000 EUR en reparació del perjudici financer sofert.
CONSIDERANT CINQUE : De conformitat als articles 174 i 175 del Codi de Procediment Penal, el processat ha de fer front al pagament de les despeses processals causades.
VIST
les disposicions legals aplicables en la causa, el Molt Il·lustre Tribunal de Corts,
FALLEM :
Que hem d'absoldre i absolem Azorin del delicte major d'estafa qualificada quin perjudici tingui un valor superior a 6.000 EUR, imputat pel Ministeri Fiscal,
Hem de condemnar i condemnem Azorin com a responsable penalment en concepte d'autor d'un delicte menor d'alteració d'enregistrament tècnic, sense la concurrència de circumstàncies modificatives de la responsabilitat penal, a la pena de QUINZE MESOS DE PRESO CONDICIONAL, amb un termini de suspensió de la condemna de dos anys, així com al pagament de les despeses processals causades.
En concepte de responsabilitat civil, hem de condemnar i condemnem Azorin a pagar a Pla la suma de 15.000 EUR.
Contra la present resolució les parts poden interposar recurs d'apel·lació, davant del Tribunal de Corts en el termini de quinze dies següents a la notificació, de conformitat amb el què disposen els articles 195 i següents del Codi de Procediment Penal, salvat el processat, que podrà formular recurs d'audiència atenent a la seva situació de rebel·lia processal, en un termini de quinze dies a comptar del lliurament personal de la còpia de la sentència de conformitat amb el què disposen els articles 247 i següents del Codi de Procediment Penal.
Així per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem.