I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STCOR 118/2017 (ECLI:AD:TCORAD:2017:118)
Décision commentée : STCOR 118/2017, Tribunal de Corts, Penal, 19 décembre 2017, ECLI:AD:TCORAD:2017:118 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le 20 avril 2015, vers 20 h 10, Conde, de nationalité andorrane, né le 31 mai 1994, et un mineur, également prénommé Conde dans la décision, pénètrent dans l'enceinte du restaurant « la B. P. » à Andorre-la-Vieille. Ils franchissent d'abord un mur ou une porte, puis pénètrent dans le bâtiment alors en travaux par un orifice situé sous une porte en bois. À l'intérieur, ils fouillent, à l'aide d'une source lumineuse dont la nature demeure incertaine, les effets personnels des salariés suspendus près de la porte d'entrée. Ils ne trouvent rien à dérober et quittent les lieux.
Le perjudicat, M. Macias, a renoncé à toute réclamation. Le ministère public, qui rectifie à l'audience l'article applicable de son acte de qualification, retient le délit majeur de vol par escalade en tentative (article 199.1 b) du Code pénal), avec la circonstance atténuante de minorité (article 21). Il requiert huit mois de prison conditionnelle, assortis d'un sursis de quatre ans, ainsi que les dépens. Il précise qu'aucune responsabilité civile n'est en cause.
La défense admet partiellement les faits mais soutient qu'ils procèdent d'une partie de football : le prévenu et le mineur auraient pénétré dans le restaurant pour rechercher un ballon perdu. Elle ajoute que l'intention de voler ne serait apparue qu'après l'entrée, que la valeur des objets convoités n'a pu être établie et qu'elle ne saurait excéder 600 euros au bénéfice du doute (in dubio pro reo). À titre subsidiaire, elle propose une qualification de contravention de vol en tentative (article 481.1 du Code pénal), avec une peine maximale de sept jours d'arrêt domiciliaire.
La décision est rendue par le Tribunal de Corts, formation composée de MM. Jacques Richiardi Martel (rapporteur), Josep Maria Pijuan Canadell et Enric Anglada Fors, dans la cause n° 6000005/2017, issue de l'affaire d'origine n° 5000672/2015.
Question de droit
Le tribunal devait trancher trois points :
- La qualification pénale des faits. Les actes accomplis constituent-ils un vol par escalade au sens de l'article 199.1 b) du Code pénal, en tentative, ou relèvent-ils d'une simple contravention au sens de l'article 481.1 ? La question suppose de déter
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal de Corts, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Delictes Majors 6000005/2017 ORÍGEN: 5000672/2015 - 00 NIG: 5300543220150002717 »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal de Corts devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STCOR ANDORRA, a 19 de desembre del 2017 - ROJ: STCOR 118/2017 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal de Corts consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (reformation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal de Corts procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« VIST en judici oral i públic pel Molt Il·lustre Tribunal de Corts, la causa núm. 6000005/2017 seguida pel presumpte delicte major furt mitjançant escalament en grau de temptativa, contra Conde, nascut el dia 31 de maig del 1994 a Andorra La Vella, fill d'Rius i d'Pulido, de nacionalitat andorrana, pres per raó d'altra causa, i defensat per la Lletrada Sra. Zurita, sent part acusadora el Ministeri Fiscal, representat per la Sra. Galván, i actuant de ponent i redactor de la sentència, el Magistrat Sr. Jacques Richiardi.… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal de Corts à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal de Corts en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal de Corts avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 19 décembre 2017 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
Tribunal de Corts
Delictes Majors 6000005/2017 ORÍGEN: 5000672/2015 - 00 NIG: 5300543220150002717
S E N T È N C I A
Magistrats Srs.
Josep Maria Pijuan Canadell
Enric Anglada Fors
Jacques Richiardi
Andorra la Vella, 19 de desembre de 2017.
VIST en judici oral i públic pel Molt Il·lustre Tribunal de Corts, la causa núm. 6000005/2017 seguida pel presumpte delicte major furt mitjançant escalament en grau de temptativa, contra Conde, nascut el dia 31 de maig del 1994 a Andorra La Vella, fill d'Rius i d'Pulido, de nacionalitat andorrana, pres per raó d'altra causa, i defensat per la Lletrada Sra. Zurita, sent part acusadora el Ministeri Fiscal, representat per la Sra. Galván, i actuant de ponent i redactor de la sentència, el Magistrat Sr. Jacques Richiardi.
Antecedents de fet
RESULTANT PRIMER : Són fets provats que en data 20 d'abril del 2015, vers les 20 hores 10, el processat Conde, nascut el 31 de maig del 1994, de nacionalitat andorrana i amb antecedents penals no computables a efectes de reincidència, i el menor Conde, a fi d'obtenir un benefici patrimonial il·lícit, accediren primerament al recinte del restaurant "la B. P." de la vila d'Andorra la Vella, saltant un mur o una porta, i posteriorment a l'interior de l'edifici aleshores en reformes, per un forat existent a sota d'una porta de fusta, lloc on regiraren, amb l'ajut d'un objecte indeterminat donant llum, els efectes personals dels treballadors de l'establiment que es trobaven penjats a proximitat de la porta d'entrada, no trobant però res del seu interès a furtar i marxant seguidament.