Résumé éditorial
# STCOR 150/2017 (ECLI:AD:TCORAD:2017:150)
> Décision commentée : STCOR 150/2017 (ECLI:AD:TCORAD:2017:150) ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
## Faits et procédure
Par une sentence du 24 novembre 2017, le Tribunal de Corts (Andorre-la-Vieille), statuant en matière pénale (recours n° 6000121/2015, rapporteure Anna Estragués Armengol), a été saisi de poursuites du chef de délit mineur d'escroquerie privilégiée, prévu et réprimé par l'article 211 du Code pénal.
Les faits déclarés prouvés sont les suivants. Le 27 octobre 2014, le prévenu, sachant qu'il ne disposait pas des fonds suffisants pour régler la dépense, a contacté téléphoniquement un employé d'une station-service afin que du gazole lui soit livré à son domicile, en précisant qu'il paierait la facture en espèces. Après le plein de la citerne, il a indiqué qu'il ne disposait pas des 1 670 euros dus et a donné rendez-vous à l'employé dans un hôtel, où il ne se présenta pas. Il reconnut finalement par téléphone ne pas pouvoir payer. La société créancière réclame le montant impayé.
Selon la décision, le déroulement antérieur à la livraison est également établi par le témoignage du sous-directeur de la station : quelques jours plus tôt, l'épouse du prévenu s'était renseignée sur l'ouverture d'un compte client, ce qui impliquait une domiciliation bancaire et un aval bancaire, et avait remis une carte bancaire au nom d'un tiers, sans jamais fournir l'aval promis. Après les faits, le prévenu n'a répondu ni aux appels ni aux messages de la société, et n'a versé, le 18 juin 2015, qu'une somme de 50 euros.
Le ministère public a qualifié les faits d'escroquerie privilégiée, requis deux mois d'arrêt nocturne conditionnel avec un délai de suspension de deux ans, les dépens et l'indemnisation de la société à hauteur de 1 670 euros. La défense a conclu à l'absolution, soutenant que le prévenu n'avait usé d'aucune tromperie et qu'il s'agissait d'un simple impayé lié à des difficultés économiques, sans intention de ne pas payer. Elle contestait également toute responsabilité civile.
## Question de droit
La question posée au tribunal était double.
En premier lieu, il s'agissait de déterminer si les éléments constitutifs de l'escroquerie privilégiée de l'article 211 du Code pénal étaient réunis, et en particulier si l'engagement de payer, donné dans des conditions où l'auteur savait ne pas pouvoir s'acquitter de la dette, constituait une tromperie au sens de ce texte. Le tribunal rappelle d'abord que ce tipus pénal suppose les éléments de l'escroquerie de base (tromperie, intention de profit et déplacement patrimonial), mais précise que, s'agissant de secteurs spécialement protégés par le législateur (hôtellerie, restauration, transports et stations-service), « l'engagement de la tromperie est constitué par le seul fait de simuler la solvabilité » du bénéficiaire de la prestation.
En second lieu, se posait la question de la preuve de l'intention de ne pas payer au moment de la prestation (dol), que la défense présentait comme une simple insolvabilité postérieure.
## Solution et dispositif
Le tribunal retient la culpabilité du prévenu. Il relève que celui-ci, « fingint solvència », a obtenu la livraison de 2 000 litres de gazole pour 1 670 euros, et qu'il savait, au moment de la livraison, ne pas disposer des