I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STCOR 3/2018 (Tribunal de Corts, 25 janvier 2018)
Décision commentée : STCOR 3/2018, ECLI:AD:TCORAD:2018:3 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le Tribunal de Corts d'Andorre-la-Vieille était saisi, dans la cause n° 6000098/2016, de poursuites exercées par le Ministère public contre M. Corbacho pour le délit mineur de mauvais traitements dans le cadre domestique et pour la contravention pénale de lésions dolosives. Les faits remontent au 6 août 2013, au domicile commun de l'intéressé et de sa compagne, Mme Bueno. Une discussion a éclaté entre les deux partenaires, au cours de laquelle Mme Bueno a poussé M. Corbacho. Celui-ci l'a saisie par les bras et l'a repoussée à son tour. Mme Bueno a heurté la cuisse gauche contre un meuble bas de la chambre, puis est tombée sur le lit.
Les lésions constatées consistent en des ecchymoses aux bras, à la cuisse gauche et à la région de la crête iliaque droite. Elles n'ont nécessité ni assistance médicale ni traitement. Le tribunal relève par ailleurs que Mme Bueno avait été condamnée par ordonnance pénale du 17 mars 2016 pour avoir frappé M. Corbacho d'une gifle, lors d'une autre altercation survenue le 2 juillet 2013.
Dans son acte d'accusation provisoire, le Ministère public retenait également les faits du 2 juillet 2013 et sollicitait une qualification de délit continué. À l'audience, il a retiré l'accusation relative à ces derniers faits et a abandonné le caractère continué de l'infraction. La défense concluait à l'acquittement, en soutenant que son client avait agi en légitime défense au sens de l'article 27.1 du Code pénal. Mme Bueno, régulièrement citée, n'a pas comparu.
Question de droit
La juridiction devait déterminer si la réaction de M. Corbacho, qui a repoussé sa compagne après avoir été poussé par elle, pouvait être couverte par la cause d'exclusion de la responsabilité pénale qu'est la légitime défense propre (article 27.1 du Code pénal). Plus précisément, il lui fallait apprécier si les conditions de cette cause d'exclusion étaient réunies, en particulier l'existence d'une agression illégitime, la nécessité rationnelle du moyen employé, la proportionnalité de la défense et l'absence de provocation suffisante de la part du défenseur.
Le Ministère public avait écarté la légitime
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal de Corts, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« VIST en judici oral i públic pel Molt Il·lustre Tribunal de Corts, la causa núm. 6000098/2016, seguida pel presumpte delicte menor de maltractaments en l'àmbit domèstic i per la presumpta contravenció penal de lesions doloses contra Corbacho, nascut el 21 de desembre de 1974 a Barcelona (Espanya), fill de Cepeda i de Galan, de nacionalitat espanyola; és defensat pel lletrat Sr. ENTITY_7; és part acusadora el Ministeri Fiscal representat pel Sr. ENTITY_8; és ponent i redactora de la sentència, la Magistrada Sra. Ann… »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal de Corts devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STCOR ANDORRA, a 25 de gener del 2018 - ROJ: STCOR 3/2018 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal de Corts consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (rejet), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal de Corts procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« RESULTANT PRIMER : Són fets provats i així es declara, que en data 6 d'agost de 2.013, el processat Corbacho es trobava al domicili que compartia amb la seva parella Bueno, quan s'inicià una discussió entre ambdós a conseqüència de la qual Bueno es dirigí vers el processat empentant-lo. En Corbacho per treure's a na Bueno de sobre i impedir cap altra agressió, l'agafà aleshores pels braços i l'empentà al seu torn, donant-se na Bueno un cop a la cuixa esquerra contra un moble baix de l'habitació, caient finalment sobre el llit.… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra sentència jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal de Corts à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal de Corts en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal de Corts avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 25 janvier 2018 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
S E N T È N C I A
Magistrats Srs.
Josep Maria Pijuan Canadell
Jacques Richiardi
Anna Estragués Armengol
Andorra la Vella, vint-i-cinc de gener del dos mil divuit.
VIST en judici oral i públic pel Molt Il·lustre Tribunal de Corts, la causa núm. 6000098/2016, seguida pel presumpte delicte menor de maltractaments en l'àmbit domèstic i per la presumpta contravenció penal de lesions doloses contra Corbacho, nascut el 21 de desembre de 1974 a Barcelona (Espanya), fill de Cepeda i de Galan, de nacionalitat espanyola; és defensat pel lletrat Sr. ENTITY_7; és part acusadora el Ministeri Fiscal representat pel Sr. ENTITY_8; és ponent i redactora de la sentència, la Magistrada Sra. Anna Estragués Armengol.
Antecedents de fet
RESULTANT PRIMER : Són fets provats i així es declara, que en data 6 d'agost de 2.013, el processat Corbacho es trobava al domicili que compartia amb la seva parella Bueno, quan s'inicià una discussió entre ambdós a conseqüència de la qual Bueno es dirigí vers el processat empentant-lo. En Corbacho per treure's a na Bueno de sobre i impedir cap altra agressió, l'agafà aleshores pels braços i l'empentà al seu torn, donant-se na Bueno un cop a la cuixa esquerra contra un moble baix de l'habitació, caient finalment sobre el llit.