I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STCOR 9/2018 (ECLI:AD:TCORAD:2018:9)
Décision commentée : STCOR 9/2018, Tribunal de Corts, Andorra la Vella, 14 février 2018 (ECLI:AD:TCORAD:2018:9) (Lire sur source officielle)
Note : la référence canonique transmise (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la présente fiche reprend les identifiants figurant dans le texte de la décision (ROJ STCOR 9/2018, ECLI:AD:TCORAD:2018:9, recours n° 6000206/2017).
Faits et procédure
Le 3 septembre 2016, vers 19 h 30, dans un atelier de la commune de Sant Julià de Lòria, une altercation oppose l'acusat Carnero à deux personnes, Zurita et Vélez, dans un contexte conflictuel lié à un GPS. Selon les faits déclarés prouvés, Carnero gifle Zurita à la joue droite et le pousse à l'épaule droite. Au cours d'un corps-à-corps avec Vélez, il lui porte un coup de poing au niveau de la bouche.
Zurita présente un érythème à la zone malaire droite et une érosion à l'épaule droite. Vélez présente une plaie contuse à la lèvre inférieure et un traumatisme labial. Aucune de ces lésions n'a nécessité d'assistance médicale pour sa guérison. Le rapport médico-légal du 3 avril 2017 qualifie le préjudice dolosif subi par Zurita de « très léger » (0,5/7).
La CASS (organisme de sécurité sociale andorran) réclame le remboursement de 122,94 EUR de prestations médicales avancées pour le compte des victimes.
Le Ministère public qualifie les faits de deux contraventions pénales de lésions dolosives, prévues à l'article 476.2 du Code pénal, et requiert trois mois d'arrêt nocturne conditionnel, avec sursis du même délai. Il sollicite également des indemnisations : 20,49 EUR pour Vélez ; 20,49 EUR de frais médicaux et 750 EUR au titre du pretium doloris pour Zurita ; 122,94 EUR pour la CASS.
L'accusé soutient, pour l'essentiel, avoir été insulté à plusieurs reprises, n'avoir donné qu'une légère poussée et s'être battu avec Vélez en le saisissant par le cou sans le frapper. Il nie la gifle portée à Zurita, affirme avoir lui-même été blessé et déclare ne pas avoir voulu porter plainte. Il ne formule aucune observation sur la qualification, la peine ou la demande civile.
Le Tribunal de Corts, siégeant en matière pénale en juridiction de première instance, rend une sentence en date du 14 février 2018, rédigée par le magistrat Jacques Richiardi Martel.
Question de droit
La décision soulève principalement trois questions.
La première porte sur la qualification pénale des faits. Il s'agit de déterminer si les coups portés à deux personnes, ayant entraîné des lésions sans nécessité de soins médicaux, constituent deux infractions distinctes au sens de l'article 476.2 du Code pénal, et si l'auteur doit en répondre en qualité d'auteur direct.
La deuxième concerne la détermination de la peine. Le Tribunal doit apprécier une sanction unique tenant compte de la gravité relative des faits, des antécedents pénals de l'accusé et des circonstances particulières de l'espèce, en application de l'article 58.3 du Code pénal.
La troisième est relative à la réparation civile, et plus précisément à la prise en compte du pretium doloris et des débours de la CASS, au regard de l'article 94 du Code pénal, qui fonde la responsabilité civile de l'auteur d'
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal de Corts, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« VIST en judici oral i públic la causa núm. 6000206/2017 seguida per la presumpta contravenció penal de lesions doloses, contra Carnero, nascut el dia 15 de setembre de 1977 a Valença (Portugal), fill de Alcalá i d'Machado, de nacionalitat portuguesa, domiciliat a XXXX, sent part acusadora el Ministeri Fiscal representat per la Sra. Plana i actuant de ponent i redactor de la sentència el Magistrat Sr. Jacques Richiardi. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal de Corts devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STCOR ANDORRA, a 14 de febrer del 2018 - ROJ: STCOR 9/2018 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal de Corts consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (reformation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal de Corts procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« RESULTANT PRIMER : Són fets provats que el dia 3 de setembre del 2016, vers les 19.30 hores, al taller A. C. de la vila de Sant Julià de Lòria, en el marc d'una situació conflictiva relativa a un GPS, l'acusat Carnero, nascut el 15 de setembre del 1977, de nacionalitat portuguesa i ja condemnat per ordenança penal de data 22 de desembre del 2009 per delictes menors d'exportació il·lícita de tabac per un valor superior a 18.000 EUR i desobediència greu a l'autoritat, va agredir d'una part Zurita, donant-li una bufetada a la part dreta de la cara i una empenta a nivell de l'e… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta meva sentència, definitivament jutjant, ho decideixo i signo. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal de Corts à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal de Corts en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal de Corts avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 14 février 2018 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
Tribunal de Corts
Contravencions Penals 6000206/2017
ORÍGEN: 2000852/2016 - 00
NIG: 5300543220160003192
S E N T È N C I A
Magistrats Srs. Jacques Richiardi
Andorra la Vella, catorze de febrer de dos mil divuit.
VIST en judici oral i públic la causa núm. 6000206/2017 seguida per la presumpta contravenció penal de lesions doloses, contra Carnero, nascut el dia 15 de setembre de 1977 a Valença (Portugal), fill de Alcalá i d'Machado, de nacionalitat portuguesa, domiciliat a XXXX, sent part acusadora el Ministeri Fiscal representat per la Sra. Plana i actuant de ponent i redactor de la sentència el Magistrat Sr. Jacques Richiardi.
Antecedents de fet
RESULTANT PRIMER : Són fets provats que el dia 3 de setembre del 2016, vers les 19.30 hores, al taller A. C. de la vila de Sant Julià de Lòria, en el marc d'una situació conflictiva relativa a un GPS, l'acusat Carnero, nascut el 15 de setembre del 1977, de nacionalitat portuguesa i ja condemnat per ordenança penal de data 22 de desembre del 2009 per delictes menors d'exportació il·lícita de tabac per un valor superior a 18.000 EUR i desobediència greu a l'autoritat, va agredir d'una part Zurita, donant-li una bufetada a la part dreta de la cara i una empenta a nivell de l'espatlla dreta, d'altra part, durant un forceig entre ells, Vélez, donant-li un cop de puny a nivell de la boca.