STCOR 67/2018 (Tribunal de Corts d'Andorre, 21 juin 2018)
Décision commentée : Tribunal de Corts, Andorra la Vella, 21 juin 2018, ROJ STCOR 67/2018 (ECLI:AD:TCORAD:2018:67) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le prévenu, de nationalité arménienne, est contrôlé à quatre reprises à la frontière franco-andorrane par les agents du Service de police : les 22 septembre 2009, 11 février et 29 avril 2011, puis le 21 avril 2016. Les trois premiers contrôles donnent lieu à la présentation d'un permis de conduire de la Fédération de Russie, daté du 13 mars 2005. Lors du dernier contrôle, l'intéressé présente un document intitulé « Demande de permis de conduire », délivré par la préfecture de l'Ariège le 16 novembre 2015. Il explique avoir remis son permis russe aux autorités françaises en vue de son homologation.
Les vérifications établissent que les autorités russes n'ont jamais délivré le permis portant le numéro indiqué, qui constitue donc un document faux. La décision relève que le document comporte « diverses irregularitats », détaillées dans un rapport d'expertise (folios 134 et suivants), sans que le texte reproduise ces irrégularités.
Le ministère public retient la qualification de délit majeur d'usage de document public inauthentique (article 435.2 du Code pénal) et requiert deux ans de prison conditionnelle, avec un sursis de quatre ans. La défense, qui ne conteste pas les faits, sollicite six mois avec un sursis d'un an. Le prévenu n'ayant pas comparu alors qu'il avait été régulièrement cité, la procédure est menée en rébellion (en rebel·lia processal). Le Tribunal de Corts, composé des magistrats Anna Estragués Armengol (rapporteure), Concepció Barón Mora et Enric Anglada Fors, statue en jugement oral et public dans la cause n° 6000181/2017.
Question de droit
La décision pose, de manière implicite, une double question.
La première porte sur la qualification pénale. Il s'agit de déterminer si l'usage répété, à l'occasion de contrôles frontaliers, d'un permis de conduire étranger falsifié, pour s'identifier auprès d'agents de la force publique, relève de l'article 435.2 du Code pénal, et si cet usage réitéré constitue une infraction continuée. Le Tribunal retient que « els fets declarats provats són constitutius d'un delicte major continuat d'ús de document públic inautèntic », en se fondant sur le caractère falsifié du permis que le prévenu « se serví reiteradament, per identificar-se ».
La seconde porte sur la détermination de la peine et l'évaluation de la responsabilité. Il s'agit de savoir comment la gravité des faits, combinée à l'absence d'antécédents et aux circonstances de l'espèce, justifie le quantum de la peine et l'octroi d'un sursis, au regard de l'article 56 du Code pénal.
Solution et dispositif
Le Tribunal retient la responsabilité pénale du prévenu en qualité d'auteur, au sens des articles 20 et 21 du Code pénal, « per haver realitzat personalment els fets punibles ». Il n'admet aucune circonstance modificative de la responsabilité pénale. Pour fix
Sentència
S E N T È N C I A
Magistrats Srs.
Enric Anglada Fors
Concepció Baron Mora
Anna Estragués Armengol
Andorra la Vella, 21 de juny del 2018.
VIST en judici oral i públic pel Molt Il·lustre Tribunal de Corts, la causa núm. 6000181/2017, seguida per un presumpte delicte major d'ús de document públic inautèntic, contra Almansa nascut el 24 de juliol de 1987 a Djermouk (Armènia), fill de Canales i de Pina, de nacionalitat armènia, amb passaport núm., el qual no compareix malgrat haver estat degudament citat, és defensat per la lletrada Sra. Canales. És part acusadora el Ministeri Fiscal representat pel Sr. Viñas. És ponent i redactora de la sentència la Magistrada Sra. Anna Estragués Armengol.
Antecedents de fet
RESULTANT PRIMER : Són fets provats i així és declara que en dates 22 de setembre de 2009, 11 de febrer, 29 d'abril de 2011 i 21 d'abril de 2016, Almansa fou controlat per Agents del Servei de Policia, a la frontera del XXXX, identificant- se les tres primeres vegades amb un permís de conduir de la Federació Russa amb número, de data 13 de març de 2005, i la darrera amb una "Demande de permis de conduire" lliurada per la Préfecture de l'Ariège el 16 de novembre de 2015, explicant en Almansa que havia lliurat el seu permís de conduir rus a les autoritats franceses, per poder obtenir-ne la homologació.