I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Tribunal de Corts (Andorre), 25 juillet 2018, STCOR 107/2018
Décision commentée : Tribunal de Corts (Andorre), sentence du 25 juillet 2018, STCOR 107/2018, ECLI:AD:TCORAD:2018:107 (Lire sur source officielle)
Note : la référence canonique fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, elle a été reconstituée à partir du texte intégral de la décision (en-tête et métadonnées ROJ/ECLI).
Faits et procédure
Le 3 juin 2017, vers 5 h 30, M. P., ressortissant espagnol né en 1973, conduisait un véhicule Citroën C3 dans la rue de la Unió à Andorre-la-Vieille. Il fut contrôlé par les agents du Service de police alors qu'il circulait sans feux. Les agents constatèrent chez le conducteur des symptômes évidents d'imprégnation alcoolique. Le test d'alcoolémie révéla un taux de 2,01 grammes d'alcool par litre de sang (ci-après « g/l »).
Le Ministère public qualifia les faits de délit mineur de conduite d'un véhicule automobile avec un taux d'alcoolémie supérieur à 0,8 g/l, prévu à l'article 268.1 du Code pénal. Il requit une peine d'un mois d'arrêt nocturne conditionnel, assorti d'un sursis de deux ans, ainsi que deux ans de retrait du permis de conduire et le paiement des frais de procédure.
La défense accepta la qualification juridique et la matérialité des faits. Elle contesta toutefois la proportionnalité de la peine requise. Elle se prévalut de deux décisions antérieures du même tribunal (causes n° 6000053/2016 et 6000052/2015), dans lesquelles, malgré un taux supérieur, la peine prononcée était inférieure. Elle fit également valoir l'absence d'antécédents pénaux, le respect scrupuleux des conditions imposées lors de la mise en examen, et l'absence de toute pathologie ou dépendance alcoolique selon un rapport psychiatrique. Enfin, elle sollicita une durée maximale de quinze mois de retrait du permis et, en tout état de cause, une autorisation de conduire pour les besoins de son activité professionnelle de gérant d'une entreprise de dix-huit salariés.
Le Tribunal de Corts statua en jugement oral et public. Sa sentence est rendue en premier ressort, avec voie d'appel ouverte.
Question de droit
La décision soulève, de manière implicite, deux questions.
La première est celle de la détermination de la peine applicable à un délit mineur de conduite en état d'alcoolémie, en particulier de la proportionnalité de la privation du permis de conduire au regard du taux constaté et des circonstances de l'espèce. Le tribunal doit apprécier si la peine requise est adéquate, alors même que la défense en conteste le quantum par référence à une jurisprudence antérieure plus clémente.
La seconde tient à la portée des précédents invoqués par la défense et, plus largement, à la prise en compte de l'évolution des pratiques décisionnelles. Le tribunal doit déterminer si la divergence entre les peines prononcées dans des affaires antérieures et la peine requise dans la présente affaire est justifiable en droit.
Le tribunal écarte la question de la qualification
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal de Corts, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Delicte Menor 6000139/2017 ORÍGEN: 5000496/2017 - 00 NIG: 5300516220170000175 »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal de Corts devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STCOR ANDORRA, a 25 de juliol del 2018 - ROJ: STCOR 107/2018 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal de Corts consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (reformation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal de Corts procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« VIST en judici oral i públic pel Molt Il·lustre Tribunal de Corts, la causa núm. 6000139/2017 seguida pel presumpte delicte menor de conducció de vehicle automòbil amb un grau d'alcoholèmia superior a 0,8 g/l, contra Pla, nascut el dia 31 de gener del 1973 a Salamanca (Espanya), fill de Josep i de Maria Creu, de nacionalitat espanyola i defensat pel Lletrat Sr. Moliner, sent part acusadora el Ministeri Fiscal, representat per la Sra. Mena, i actuant de ponent i redactora de la sentència, la Magistrada Sra. Concepció Baron Mora.… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal de Corts à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal de Corts en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal de Corts avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 25 juillet 2018 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
Delicte Menor 6000139/2017 ORÍGEN: 5000496/2017 - 00 NIG: 5300516220170000175
S E N T È N C I A
Magistrats Srs.
Enric Anglada Fors
Concepció Baron Mora
Anna Estragués Armengol
Andorra la Vella, vint-i-cinc de juliol de dos mil divuit .
VIST en judici oral i públic pel Molt Il·lustre Tribunal de Corts, la causa núm. 6000139/2017 seguida pel presumpte delicte menor de conducció de vehicle automòbil amb un grau d'alcoholèmia superior a 0,8 g/l, contra Pla, nascut el dia 31 de gener del 1973 a Salamanca (Espanya), fill de Josep i de Maria Creu, de nacionalitat espanyola i defensat pel Lletrat Sr. Moliner, sent part acusadora el Ministeri Fiscal, representat per la Sra. Mena, i actuant de ponent i redactora de la sentència, la Magistrada Sra. Concepció Baron Mora.
Antecedents de fet
RESULTANT PRIMER .-SÓN FETS PROVATS: vers les 05.30 hores del dia 3 de juny del 2017, Pla, nascut el 31 de gener de 1973, de nacionalitat espanyola, circulava conduint el seu vehicle marca Citroën C3, matrícula XXXX pel carrer de la Unió de la vila d'Andorra la Vella, sent controlat pels agents del Servei de Policia ja que ho feia sense les llums.