STCOR 11/2019 (Tribunal de Corts, 25 janvier 2019)
Décision commentée : STCOR 11/2019, Tribunal de Corts, Andorra la Vella, 25 janvier 2019, recours n° 6000081/2017 (ECLI:AD:TCORAD:2019:11) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Un ressortissant français, né en 1984, a séjourné à l'hôtel A.P.H. à compter du 14 octobre 2017. À son arrivée, il a remis, en garantie de paiement, une carte de crédit VISA dont la date d'expiration était fixée à avril 2019. Le lendemain, il a quitté l'établissement sans avertir la direction et sans régler sa note, d'un montant total de 224,83 euros. Il ressort du texte que la carte remise n'était pas opérative.
Le Ministère public a qualifié les faits de contravention pénale d'escroquerie privilégiée pour une valeur n'excédant pas 600 euros, prévue par l'article 482.1 du Code pénal. Il a retenu la qualité d'auteur et l'absence de circonstances modificatives de responsabilité. Il a requis une peine d'amende de 200 euros, les frais de procédure et une réparation civile de 224,83 euros au profit de l'hôtel.
Le prévenu, dûment cité, n'a pas comparu. La juridiction a rendu une sentence à l'issue d'un jugement oral et public, en le condamnant « en rebellion processuelle ». La procédure relève du Tribunal de Corts, sous la présidence de la magistrate Anna Estragués Armengol.
Question de droit
La question centrale est celle de savoir si la simple dissimulation de solvabilité, sans autre manœuvre, suffit à constituer la tromperie exigée par l'escroquerie privilégiée lorsque le bénéficiaire de services d'hôtellerie quitte l'établissement sans paiement.
Une question subsidiaire se pose quant à l'imputation de l'infraction. Il s'agit de déterminer si la participation personnelle du prévenu est suffisamment établie par les éléments produits, en particulier lorsque ce dernier ne comparaît pas.
Solution et dispositif
Sur le premier point, le tribunal rappelle que le tipus pénal suppose, comme l'escroquerie de droit commun, la réunion de la tromperie, de l'intention de profit et du déplacement patrimonial. Il relève toutefois que l'infraction vise des secteurs précis de l'activité économique, à savoir l'hôtellerie,
Sentència
S E N T È N C I A
Magistrat Sra. Anna Estragués Armengol
Andorra la Vella, 25 de gener del 2019
VIST en judici oral i públic, la causa núm. 6000081/2017, seguida per una presumpta contravenció penal d'estafa privilegiada, contra Calatayud, nascut el 15 d'octubre de 1984 a Melun (França), de nacionalitat francesa, el qual no compareix malgrat haver estat degudament citat; és part acusadora el Ministeri Fiscal, representat per la Sra. ENTITY_3; és ponent, la Magistrada Sra. Anna Estragués Armengol.
Antecedents de fet
RESULTANT PRIMER : Són fets provats i així es declara que Calatayud s'allotjà el dia 14 d'octubre del 2017, a l'XXXX, donant en arribar i en garantia de pagament, la tarja de crèdit VISA núm. XXXXXX amb caducitat a l'abril del 2019.
L'endemà, abandonà l'establiment sense avisar ni fer efectiu l'import corresponent al seu allotjament, d'un total de 224,83 EUR, no sent la tarja de crèdit que havia lliurat, operativa.
RESULTANT SEGON: El Ministeri Fiscal qualifica els fets com essent constitutius d'una contravenció penal d'estafa privilegiada per valor no superior a 600 EUR, prevista i penada a l'article 482.1 del Codi Penal de la que Calatayud és responsable en concepte d'autor, i no concorrent circumstàncies modificatives de la responsabilitat penal, demana que se li imposi una pena de multa de 200 euros així com el pagament de les costes processals causades.