I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STCOR 106/2019 (ECLI:AD:TCORAD:2019:106)
Décision commentée : STCOR 106/2019, Tribunal de Corts, 24 mai 2019, ECLI:AD:TCORAD:2019:106 (Lire sur source officielle)
Note de fiche : la référence canonique figurant dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence ROJ/ECLI reproduite dans le texte intégral est retenue.
Faits et procédure
Par résolution du Secrétariat d'État à la Justice et à l'Intérieur, notifiée personnellement le 29 juillet 2017, le prévenu, M. Porras, né en 1997, a fait l'objet d'une suspension administrative de son permis de conduire de quinze jours. Le considérant premier précise que la suspension courait « des del dia 1 d'agost a les 0 hores, fins al dia 15 del mateix mes » (non précisé dans la décision : l'articulation entre la date de notification et la date d'effet n'est pas tranchée par le texte, les antécédents de fait évoquant « a comptar del 29 de juliol »).
Le 1er août 2017, l'intéressé a été contrôlé en train de conduire et placé en détention. Le même jour, il a accepté une ordonnance pénale le déclarant coupable de désobéissance grave à l'autorité administrative, assortie d'une amende de 500 euros. Le permis a été retenu par le Service de police afin de garantir l'exécution de la suspension.
Le 11 août 2017, M. Porras a déclaré auprès du Service de police la perte de son permis, en indiquant une date et un lieu indéterminés. Le même jour, il a sollicité au Service des démarches du Gouvernement un duplicata, qui lui a été délivré immédiatement, les services administratifs n'ayant pas relevé la suspension en vigueur. À l'expiration de la suspension, les agents de police ont dû l'appeler à trois reprises pour qu'il vienne récupérer le permis original. Il n'a jamais signalé l'existence du duplicata.
Le Ministère public a requalifié les faits en délit majeur de création médiate et d'usage de document faux par particulier, prévu et puni par l'article 438, apartats 1 et 2, du Code pénal. Il a requis une peine d'un an de prison conditionnelle, avec un délai de suspension de deux ans, en retenant l'atténuante de minorité d'âge (moins de 21 ans à la date des faits), ainsi que la condamnation aux dépens. La défense a soutenu que le prévenu croyait de bonne foi avoir perdu son permis, que celui-ci lui avait été restitué par la Batllia selon une pratique habituelle, et a demandé l'acquittement faute d'élément intentionnel.
Le Tribunal de Corts, statuant en jugement oral et public, a retenu la qualification proposée.
Question de droit
La question centrale était de savoir si les éléments constitutifs de l'article 438 du Code pénal étaient réunis, en particulier :
- l'existence d'une création médiate de document faux, c'est-à-dire la production d'un acte inexact par un agent public à la suite d'une déclaration mensongère du particulier ;
- l'usage de ce document faux par le même particulier ; 3
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal de Corts, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« VIST en judici oral i públic pel Molt Il·lustre Tribunal de Corts, la causa núm. 6000187/2018, seguida pel presumpte delicte major de creació mediata i ús de document inveraç per particular, contra Porras, nascut el 8 de febrer de 1997 a La Massana (Andorra), fill de Ramirez i Alcalá, de nacionalitat andorrana,; defensat pel lletrat Sr. ENTITY_7; és part acusadora el Ministeri Fiscal representat per la Sra. ENTITY_8; és ponent i redactora de la sentència la Magistrada Sra. Canòlic Mingorance Cairat.… »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal de Corts devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STCOR ANDORRA, a 24 de maig del 2019 - ROJ: STCOR 106/2019 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal de Corts consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (reformation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal de Corts procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« RESULTANT PRIMER.- Són fets provats i així es declara, que Porras fou objecte d'una suspensió governativa del permís de conduir de 15 dies, a comptar del 29 de juliol del 2017, data en que li fou notificada la resolució. Malgrat l'ordre ans esmentada, l'1 d'agost del 2017 Porras fou detingut per haver estat controlat conduint. En la mateixa data de la seva detenció, Porras fou condemnat per Ordenança penal com a autor responsable d'un delicte menor de desobediència greu a l'autoritat administrativa, retornant la Batlle el permís de conduir al servei de policia per a garanti… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Contra la present resolució es pot interposar recurs d'apel·lació, davant del Tribunal de Corts en el termini de quinze dies naturals següents a la notificació, de conformitat amb el què disposen els articles 195 i següents del Codi de Procediment Penal. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal de Corts à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal de Corts en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal de Corts avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 24 mai 2019 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
SENTÈNCIA
Magistrats Srs.
Enric Anglada Fors
Anna Estragués Armengol
Canòlic Mingorance Cairat
Andorra la Vella, 24 de maig del 2019
VIST en judici oral i públic pel Molt Il·lustre Tribunal de Corts, la causa núm. 6000187/2018, seguida pel presumpte delicte major de creació mediata i ús de document inveraç per particular, contra Porras, nascut el 8 de febrer de 1997 a La Massana (Andorra), fill de Ramirez i Alcalá, de nacionalitat andorrana,; defensat pel lletrat Sr. ENTITY_7; és part acusadora el Ministeri Fiscal representat per la Sra. ENTITY_8; és ponent i redactora de la sentència la Magistrada Sra. Canòlic Mingorance Cairat.
Antecedents de fet
RESULTANT PRIMER.- Són fets provats i així es declara, que Porras fou objecte d'una suspensió governativa del permís de conduir de 15 dies, a comptar del 29 de juliol del 2017, data en que li fou notificada la resolució. Malgrat l'ordre ans esmentada, l'1 d'agost del 2017 Porras fou detingut per haver estat controlat conduint. En la mateixa data de la seva detenció, Porras fou condemnat per Ordenança penal com a autor responsable d'un delicte menor de desobediència greu a l'autoritat administrativa, retornant la Batlle el permís de conduir al servei de policia per a garantir el compliment de la suspensió imposada governativament, i que finalitzava el 15 d'agost del 2017.