I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STCOR 61/2023 (ECLI:AD:TCORAD:2023:61)
Décision commentée : STCOR 61/2023, Tribunal de Corts, Andorre, 21 juin 2023 (ECLI:AD:TCORAD:2023:61) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le prévenu, de nationalité andorrane, était poursuivi pour le délit mineur de harcèlement prévu à l'article 139 bis du Code pénal, à la suite de la fin d'une relation d'amitié avec la plaignante. Selon l'acte d'accusation, entre janvier et mars 2020, il aurait tenté de la contacter de manière continue et réitérée, par téléphone, auprès de ses proches, par de nombreux messages, dont certains contenaient des expressions menaçantes ou injurieuses. Il lui est également reproché de s'être présenté de façon répétée à son lieu de travail et à son domicile, d'avoir accédé à son compte d'une plateforme dont il connaissait le mot de passe, et d'avoir, à une occasion, suivi la plaignante en voiture alors qu'elle promenait son chien, ce qui l'aurait conduite à regagner son domicile en courant.
La plaignante a bloqué le prévenu, s'est désabonnée de la plateforme concernée et a déposé plainte auprès du Service de police, sans toutefois se constituer partie civile. Le ministère public, à l'audience, a maintenu sa qualification de délit mineur de harcèlement et requis une peine de huit mois de prison assortie d'un sursis qualifié, avec interdiction de contact avec la victime pendant quatre ans et un délai de suspension de quatre ans. La défense a conclu à l'acquittement, faisant valoir que le prévenu n'avait envoyé des messages que pour obtenir des explications sur la fin de la relation, et qu'il n'était pas établi que la plaignante ait ressenti une crainte.
Le Tribunal de Corts, dans la composition des magistrats Carolina Bailen Vila (rapporteur), Anna Estragués Armengol et Cançolic Mingorance Cairat, a rendu un jugement d'acquittement.
Question de droit
La question posée au tribunal est de savoir si les faits établis par l'instruction et les débats réunissent les éléments constitutifs du délit mineur de harcèlement de l'article 139 bis du Code pénal, dans sa rédaction en vigueur à la date des faits.
Le texte applicable incrimine « el qui, amb la intenció d'instil·lar a
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal de Corts, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« VIST en judici oral i públic pel Tribunal de Corts, la causa núm. 6000100/2021, seguida pel presumpte delicte menor d'assetjament, contra Salamanca, nascut el 3 de maig de 1990 a la Massana, fill de Querol i Peña, de nacionalitat andorrana, amb antecedents penals, en situació de llibertat provisional per raó de la present causa, defensat per la lletrada Sra. Nuñez. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal de Corts devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STCOR ANDORRA, a 21 de juny del 2023 - ROJ: STCOR 61/2023 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal de Corts consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (rejet), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal de Corts procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« És part acusadora el Ministeri Fiscal representat pels Srs. Carretero i Sanç. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Acte seguit i mitjançant diligència de compareixença es notifica la present sentència al Ministeri Fiscal i a les demés parts compareixents. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal de Corts à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal de Corts en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal de Corts avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 21 juin 2023 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
SENTÈNCIA
Magistrades Sres.
Anna Estragués Armengol
Canòlic Mingorance Cairat
Carolina Bailen Vila (Ponent)
Andorra la Vella, 21 de juny del 2023.
VIST en judici oral i públic pel Tribunal de Corts, la causa núm. 6000100/2021, seguida pel presumpte delicte menor d'assetjament, contra Salamanca, nascut el 3 de maig de 1990 a la Massana, fill de Querol i Peña, de nacionalitat andorrana, amb antecedents penals, en situació de llibertat provisional per raó de la present causa, defensat per la lletrada Sra. Nuñez.
És part acusadora el Ministeri Fiscal representat pels Srs. Carretero i Sanç.
És ponent de la sentència la Magistrada Sra. Carolina Bailen Vila.
Antecedents de fet
RESULTANT PRIMER.- Són fets objecte d'acusació que entre els mesos de gener i febrer i fins el 16 de març del 2020, el processat Salamanca, nascut el 3 de maig de 1990, de nacionalitat andorrana i amb antecedents penals no computables a efectes de reincidència per raó de la present causa, mantingué una relació d'amistat amb Barba.