STCOR 79/2023 (Tribunal de Corts, Penal, 27 septembre 2023)
Décision commentée : STCOR 79/2023, Tribunal de Corts, 27 septembre 2023, ECLI:AD:TCORAD:2023:79 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Les faits retenus par l'accusation se situent dans la nuit du 13 septembre 2020, vers 00h10, à proximité du bar « Juventus », dans la rue Sant Esteve d'Andorre-la-Vieille. Le prévenu, M. Guerrero, aurait réclamé à M. Marti une somme de 20 euros. Les deux hommes seraient entrés dans l'ascenseur de l'immeuble de la victime, où le prévenu aurait porté à celle-ci un coup de tête au nez, puis l'aurait saisie au cou avec une clé de bras. Il en serait résulté une fracture des os propres du nez, ayant nécessité une radiographie.
Le prévenu, de nationalité colombienne et déjà condamné par ordonnance pénale du 15 novembre 2016 pour un délit majeur de lésions dolosives, était détenu au Centre pénitentiaire pour une autre cause au moment du jugement.
Le ministère public, représenté à l'audience par Mme Bonet, a maintenu en définitive sa qualification de délit mineur de lésions dolosives au sens de l'article 113.1 du Code pénal. Il a requis six mois d'arrêts nocturnes fermes, complétés par une peine assortie du sursis, une obligation de ne pas entrer en contact avec la victime pendant quatre ans, une amende de 2 000 euros et les frais de procédure. Il relevait une circonstance aggravante de récidive au sens de l'article 30.7 du Code pénal. Aucune demande d'indemnisation civile n'était formulée.
La défense, assurée par Me Manzanares, a contesté l'imputation. Selon elle, les lésions étaient imputables à une chute liée à la pratique du skateboard, et la plainte aurait été déposée par la victime par esprit de vengeance. Elle a sollicité une relaxe pleine et entière et la mise des frais de procédure à la charge de l'État.
Question de droit
La question posée au Tribunal de Corts était de savoir si l'accusation de lésions dolosives, fondée sur les seules déclarations de la victime et sur les constats médicaux, pouvait être tenue pour établie au regard de la présomption d'innocence. Plus précisément, il s'agissait de déterminer si la preuve rapportée à l'audience était suffisante pour renverser cette présomption, alors que le prévenu niait les faits depuis l'origine et que la victime, entendue à l'audience, revenait sur ses déclarations initiales.
Le raisonnement du Tribunal s'organise autour de deux points. Le premier concerne le standard probatoire applicable en matière pénale : la déclaration de culpabilité doit reposer sur une activité probatoire suffisante et valablement constituée. Le second concerne l'appréciation concrète des éléments produits.
Solution et dispositif
Le Tribunal de Corts relaxe le prévenu. Il rappelle que, selon l'article 10.2 de la Constitution, la présomption d'innocence impose que toute déclaration de culpabilité repose sur une activité probatoire suffisante, régulièrement constituée, pratiquée dans le respect des garanties processuelles et appréciée de manière raisonnable. Il vise l'article 160 du Code de procédure pénale, qui confie au juge l'appréciation des preuves selon sa conviction, la preuve étant celle administrée à l'audience dans le respect des principes d'oralité, d'immédiateté et de contradiction.
Le Tribunal relève que le prévenu n'a jamais reconnu les faits et que, à l'audience, la victime a « exculpé » le prévenu en niant qu'il l'eût frappée. Celle-ci a expliqué avoir exagéré sous l'effet de la colère, évoqué une simple poussée sans gravité, et attribué ses blessures à une chute en skateboard. Elle a également indiqué ne pas se souvenir de sa déclaration antérieure, qu'elle aurait faite dans le se
Sentència
SENTÈNCIA
Magistrades Sres.
Anna Estragués Armengol
Canòlic Mingorance Cairat
Carolina Bailen Vila (Ponent)
Andorra la Vella, 27 de setembre del 2023.
VIST en judici oral i públic pel Tribunal de Corts, la causa núm. 6000008/2023, seguida pel presumpte delicte menor de lesions doloses, contra Guerrero, nascut el 26 de març de 1993 a Valle (Colòmbia), fill d'Adriana i Carlos Humberto, de nacionalitat colombiana, actualment ingressat al Centre Penitenciari per raó d'una altra causa, el qual ha comparegut degudament, defensat pel lletrat Sr. Manzanares.
És part acusadora el Ministeri Fiscal representat per la Sra. Bonet.
És ponent de la sentència la Magistrada Sra. Carolina Bailen Vila.
Antecedents de fet
RESULTANT PRIMER.- Són fets objecte d'acusació que en data 13 de setembre del 2020, vers les 00h10, el processat Guerrero, nascut el 26 de març de 1993, de nacionalitat colombiana i amb antecedents penals consistents, entre altres, en l'ordenança penal dictada en data 15 de novembre del 2016 per la qual se'l condemna com autor responsable del delicte major de lesions doloses, es trobà amb Marti a proximitats del bar "Juventus" radicat al carrer Sant Esteve de la vila d'Andorra la Vella, reclamant-li el processat Guerrero 20EUR que Marti li devia tot dient-li d'anar fins al domicili d'aquest situat al mateix carrer Sant Esteve, entrant ambdós a l'ascensor on el processat Guerrero propinà a Marti un fort cop de cap al nas i l'agafà pel coll fent-li una clau, causant-li una fractura dels ossos propis del nas per la qual requerí una radiografia.