I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STCOR 86/2023 (Tribunal de Corts, 31 octobre 2023)
Décision commentée : STCOR 86/2023, ECLI:AD:TCORAD:2023:86, Tribunal de Corts, Andorra la Vella, 31 octobre 2023, recours n° 6000063/2023 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le 15 janvier 2023, vers 11 h 50, des agents du Servei de Policia contrôlent, à la frontière du Riu Runer, un ressortissant brésilien, M. Mercader, qui entre dans la Principauté à bord d'un véhicule Ford Transit Kombi-Van. Informé par les agents de la législation andorrane en matière de stupéfiants, l'intéressé est soumis à une recherche assistée d'un chien dressé à la détection de drogues. Celle-ci révèle la présence, dans son sac de voyage, de 48 grammes de marihuana, qu'il déclare destiner à sa consommation personnelle.
Le ministère public qualifie les faits de contravention pénale d'introduction de cannabis ou de drogue de toxicité similaire pour consommation personnelle, prévue par l'article 499 du Code pénal. Il requiert un mois d'arrêts domiciliaires conditionnels, assortis d'un sursis d'un mois, une amende de huit cents euros, la confiscation et la destruction de la substance, ainsi que les frais de procédure.
La défense ne conteste ni les faits ni leur qualification. Elle sollicite la peine minimale, en faisant valoir l'absence d'antécédents, la collaboration de l'intéressé et le fait qu'il s'est déplacé spécialement depuis son lieu de résidence pour assister à l'audience.
La juge unique Anna Estragués Armengol statue en jugement oral et public. La décision est rendue sous la forme d'une sentence, qui mentionne la possibilité d'un recours d'appel dans un délai de quinze jours à compter de la notification, sur le fondement des articles 195 et 199 du Code de procédure pénale.
Question de droit
La juridiction devait déterminer, d'une part, si les faits établis relevaient de la contravention de l'article 499 du Code pénal et, d'autre part, selon quels critères fixer la peine applicable à cette contravention.
Sur le premier point, la juge retient que la culpabilité est pleinement démontrée par trois éléments concordants : la reconnaissance des faits par le prévenu, les témoignages des deux agents ayant procédé au contrôle, et la saisie matérielle des 48 grammes de marihuana, versés au dossier. Elle relève ensuite que le prévenu a réalisé personnellement les faits punissables, ce qui fonde sa responsabilité en qualité d'auteur au sens des articles 20
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal de Corts, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« VIST en judici oral i públic, la causa núm. 6000063/2023, seguida per una presumpta contravenció penal d'introducció de cànnabis o droga de toxicitat similar per al consum propi. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal de Corts devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STCOR ANDORRA, a 31 d'octubre del 2023 - ROJ: STCOR 86/2023 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal de Corts consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (reformation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal de Corts procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« És acusat Mercader, nascut el 13 de febrer de 1989 a XXXX, fill de Calatayud i de Castillo, de nacionalitat brasilera,. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Acte seguit i mitjançant diligència de compareixença, es notifica la precedent sentència al Ministeri Fiscal i a les demés parts compareixents. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal de Corts à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal de Corts en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal de Corts avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 31 octobre 2023 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
S E N T È N C I A
Magistrat
Anna Estragués Armengol
Andorra la Vella, 31 d'octubre del 2023.
VIST en judici oral i públic, la causa núm. 6000063/2023, seguida per una presumpta contravenció penal d'introducció de cànnabis o droga de toxicitat similar per al consum propi.
És acusat Mercader, nascut el 13 de febrer de 1989 a XXXX, fill de Calatayud i de Castillo, de nacionalitat brasilera,.
És part acusadora el Ministeri Fiscal, representat per la Sra. Gálvez.
Antecedents de fet
RESULTANT PRIMER.- Són fets provats i així es declara, que en data 15 de gener del 2023, vers les 11H50, Agents del Servei de Policia controlaren a Mercader, quan entrava al Principat per la Frontera del Riu Runer, a l'interior del vehicle marca Ford, model Transit Kombi-Van, matrícula XXXX. Informat pels Agents de Policia sobre la legislació del Principat en matèria de productes estupefaents, i efectuat un control amb l'ajuda dels gos ensinistrat en la recerca de drogues, Mercader fou trobat en possessió de 48 grams de marihuana que duia a l'interior de la seva bossa de viatge i que destinava al seu propi consum.
RESULTANT SEGON.- El Ministeri Fiscal qualifica els fets com essent constitutius d'una contravenció penal d'introducció de cànnabis o droga de toxicitat similar per al consum propi, tipificada a l'article 499 del Codi penal, i essent-ne Mercader responsable en concepte d'autor, no concorrent circumstàncies modificatives de la responsabilitat penal, demana que se li imposi una pena d'un mes d'arrest domiciliari condicional, amb un termini de suspensió de la pena d'un mes, multa en la quantia de vuit-cents euros i el pagament de les despeses processals causades.