I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STCOR 6/2025 (Tribunal de Corts, Andorre, 1er octobre 2025)
Décision commentée : STCOR 6/2025, Tribunal de Corts, Andorra la Vella, 1er octobre 2025, ECLI:AD:TCORAD:2025:6 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Une salariée, employée comme cambrière dans un restaurant appartenant à M. Tur, est poursuivie pour une contravention pénale de vol (furt) au sens de l'article 481.1 du Code pénal andorran. Pendant les mois de février et mars 2024, elle travaille dans l'établissement. Le 15 mars 2024, vers 16 h 59, elle y pénètre au moyen des clés qui lui ont été confiées pour l'ouverture et la fermeture du local, sans l'accord de son employeur, et prélève 408,90 euros dans le fonds de caisse. Elle ne fournit aucune explication et ne se présente plus au travail jusqu'au 19 mars 2024, date à laquelle elle adresse à M. Tur un message WhatsApp indiquant qu'elle a pris l'argent et qu'il suffit de le déduire de son solde de tout compte.
La somme est effectivement retenue lors de la liquidation des droits de la salariée. Le plaignant n'introduit donc aucune réclamation distincte, le préjudice ayant été réparé. Le ministère public qualifie les faits de contravention de vol pour une valeur non supérieure à 600 euros, aggravée par l'abus de confiance (art. 30.3 du Code pénal). Il requiert deux mois d'arrêt nocturne ferme et les dépens. La défense, qui n'est pas d'accord avec cette qualification, soutient que la prévenue a informé son supérieur et qu'il a accepté la situation, et sollicite l'acquittement.
L'accusée, citée mais non comparante, est jugée en rébellion processuelle. Le Tribunal de Corts, par la magistrate Núria Garcia Val, statue en jugement oral et public. La décision est susceptible d'appel par le ministère public dans un délai de quinze jours ouvrables suivant la notification, la condamnée disposant, en raison de sa situation de rébellion, d'un recours d'audience (recurs d'audiència).
Question de droit
La juridiction devait trancher trois questions :
- Le fait, pour une salariée disposant des clés du local, de prélever des fonds de caisse sans autorisation constitue-t-il la contravention de vol prévue à l'article 481
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal de Corts, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« VIST en judici oral i públic, la causa número 6000060/2025, seguida per una presumpta contravenció penal de furt, tipificada a l'article 481.1 del Codi Penal. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal de Corts devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STCOR ANDORRA, a 01 d'octubre del 2025 - ROJ: STCOR 6/2025 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal de Corts consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (reformation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal de Corts procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« És acusada Narváez, nascuda el 23 de novembre de 1990 a XXXX, filla de Mena i Girona, de nacionalitat andorrana, amb passaport número XXXX, jutjada en rebel·lia processal per no haver comparegut malgrat haver estat degudament citada, essent defensada per la lletrada Sra. Estany. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Acte seguit i mitjançant diligència de compareixença, es notifica la precedent sentència al Ministeri Fiscal i a les demés parts compareixents. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal de Corts à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal de Corts en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal de Corts avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 01 octobre 2025 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
S E N T È N C I A
Magistrada Sra.
Núria GARCIA VAL
Andorra la Vella, a la data consignada al marge,
VIST en judici oral i públic, la causa número 6000060/2025, seguida per una presumpta contravenció penal de furt, tipificada a l'article 481.1 del Codi Penal.
És acusada Narváez, nascuda el 23 de novembre de 1990 a XXXX, filla de Mena i Girona, de nacionalitat andorrana, amb passaport número XXXX, jutjada en rebel·lia processal per no haver comparegut malgrat haver estat degudament citada, essent defensada per la lletrada Sra. Estany.
És denunciant perjudicat el Sr. Tur.
És part acusadora el Ministeri Fiscal representat pel Fiscal adjunt Sr. Pérez.
És ponent la Magistrada Sra. Núria GARCIA VAL
Antecedents de fet
RESULTANT PRIMER.- Són fets provats i així es declara que durant el mes de febrer i fins a mitjans del mes de març de 2024 l'encausada Narváez treballava com a cambrera al ORG_0 propietat del Sr. Tur, en data 15 de març del 2024 vers les 16:59 hores va accedir al restaurant i va sustreure 408,90 euros que hi havia del fons de caixa, no donant cap explicació ni presentar-se els dies següents a la feina, fins al dia 19 de març en què l'encausada envià un missatge WhatsApp a Tur dient-li que havia agafat els diners i que només li havia de treure de la seva quitança.