STSJAD 7/1999, Penal, 10 février 1999 (ECLI:AD:TSJADAD:1999:7)
Décision commentée : STSJAD 7/1999, Penal, 10 février 1999 (ECLI:AD:TSJADAD:1999:7) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Un immeuble de Pas de la Casa, dont la conciergerie était assurée par la prévenue, est le cadre d'un accident survenu le 27 février (1994, selon les considérants). Des plaques de neige et de glace accumulées sur la toiture sont tombées sur la voie publique et ont blessé deux personnes, M. Alcalá et sa fille Raya.
Par jugement du Tribunal de Corts du 16 juin 1998 (causa n° 54-2/95, confirmant un jugement antérieur du 4 novembre 1997), la prévenue a été déclarée coupable, en qualité d'auteur, d'un délit majeur de lésions par imprudence et d'une contravention pénale de dommages par imprudence, sans circonstances modificatives. Elle a été condamnée à deux mois de prison conditionnelle et aux dépens. Le jugement a également retenu la responsabilité civile solidaire de la prévenue et de son assureur, ainsi que la responsabilité civile subsidiaire de la copropriété de l'immeuble. Les indemnisations ont été fixées au profit des victimes et de la compagnie MAIF, subrogée dans les droits de l'une d'elles.
La prévenue a formé un recours de Suplicació (appel) fondé sur deux moyens : l'erreur dans l'appréciation des preuves et la violation de la présomption d'innocence, au sens de l'article 3.5 du Décret du 13 juillet 1990. Le recours portait notamment sur la date de l'opération de déneigement, que la défense situait au plus tard le 23 ou le 24 février, et soutenait que tout doute sur la chronologie devait profiter à la prévenue. Le ministère public s'est opposé au recours, en faisant valoir que, si le déneigement avait été effectué peu après la chute de neige, la neige ne se serait pas transformée en glace.
Question de droit
La Sala Penal du Tribunal superior de Justícia devait trancher deux questions :
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Question probatoire : la juridiction de jugement a-t-elle correctement apprécié les éléments de preuve, notamment la chronologie des faits, et le doute éventuel sur la date du déneigement doit-il bénéficier à la prévenue au regard de la présomption d'innocence ?
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Question de fond : la prévenue a-t-elle commis une faute d'imprudence au sens des incriminations retenues, c'est-à-dire a-t-elle manqué à une obligation de précaution dont la violation est en lien causal avec le dommage ?
Sur le second point, la décision commence par identifier la source de l'obligation : la prévenue était tenue, selon l'Avís du Comú d'Encamp du 26 octobre 1992, de faire procéder à l'enlèvement de la neige et de la glace accumulées sur la toiture dans un délai maximal de 48 heures après une chute de neige. Le tribunal relève que la dernière chute remontait au 21 février, et qu'à la date de l'accident, la prévenue n'avait pas exécuté cette obligation.
Solution et dispositif
La Sala Penal rejette le recours et confirme intégralement le jugement de première instance. Les motifs se limitent à deux considérants.
Le premier considérant pose les constats factuels : les circonstances de l'accident, exposées dans le jugement de première instance, n'ont pas été contestées ; l'obligation de déneigement dans le délai de 48 heures est établie ; la prévenue, « à la qual li corresponia arribat el cas buscar els serveis d'una empresa especialista o al menys l'ajuda d'un tercer, si ella sola no aconseguia netejar la teulada », a manqué à cette obligation. Le tribunal conclut que cette carence est « a l'origen directe de les lesions i danys soferts pel perjudicat ».
Le second considérant énonce que « la sentència ha fet una exacta apreciació de la prova, i convé confirmar-la íntegrament ».
Le dispositif, traduit en français, est reproduit ci-après :
« Vu la Constitution, le Code pénal,
Sentència
SENTÈNCIA 07-99 DE 10 DE FEBRER DE 1999
ANTECEDENTS DE FET
RESULTANT: que el Tribunal de Corts dictà sentència en data 16 de juny de 1998 en la causa núm. 54-2/95, amb la següent part dispositiva: "FALLEM: que desestimant el recurs d'audiència interposat per l'acusada Pastor contra la sentència de data 4 de novembre de 1997 dictada per aquest M.I. Tribunal, CONFIRMEM ÍNTEGRAMENT dita sentència i la condemna de l'esmentada acusada com a responsable penalment en el concepte d'autora d'un delicte major de lesions per imprudència i d'una contravenció penal de danys per imprudència, sense la concurrència de circumstàncies modificatives de la responsabilitat penal, a la pena de DOS MESOS DE PRESÓ CONDICIONAL, així com també al pagament de les despeses processals causades, així com la condemna de l'acusada i de la companyia d'assegurances ORG_1, com a responsables civils solidaris i de la Comunitat de Propietaris Edifici Sporting del Carrer Sant Jordi núm. 6 del Pas de la Casa, com a responsable civil subsidiària, a indemnitzar al Sr. Alcalá i la seva filla Raya, per les lesions sofertes, en la quantitat que es fixi en execució de sentència; a indemnitzar al Sr. Alcalá en la quantitat de 5.000 F.F.; i a indemnitzar a la Cia. ORG_2 (MAIF) en la quantitat de 19.648,81 F.F. més en la quantitat que es fixi en execució de sentència pel que fa a les despeses per prestacions proporcionals abonades per dita companyia al Sr. Alcalá per incapacitat total transitòria, mantenint la provisió de fons fixada en dita sentència a favor del Sr. Alcalá i de la seva filla Raya en la quantitat de 10.000 F.F. a cadascun d'ells".
RESULTANT: que contra l'esmentada sentència s'interposà recurs de Suplicació pel Lletrat Canales, substituït a la Vista oral pel Lletrat Pera, advocat defensor de Pastor, el qual al·lega com a motius del recurs l'error en l'apreciació de la prova i la violació del dret a la presumpció d'innocència (art. 3.5 del Decret de 13 de juliol de 1990).