Juridiction andorrane, — (STSJAD 15/1999, 22 juillet 1999)
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (Lire sur source officielle)
Identifiants figurant dans le texte source : ROJ STSJAD 15/1999 ; ECLI:AD:TSJADAD:1999:15 ; recours n° 6/99 ; ponente Marie Conte.
Faits et procédure
Le Tribunal de Corts a condamné, par jugement du 20 janvier 1999, Caro, en qualité d'auteur, pour un délit majeur de lésions dolosives commis au préjudice de son épouse, Mme Espada. Le juge retient la circonstance atténuante tirée de l'exemption incomplète de trouble mental transitoire. La peine prononcée est d'un an et trois mois de prison ferme. Le condamné est déclaré responsable civil. Il doit indemniser la victime, verser une provision de fonds et rembourser à la Caisse andorrane de sécurité sociale une somme déterminée, ainsi que les frais futurs de traitement médical ou chirurgical liés à la perte d'audition de la victime, dont le montant sera fixé au stade de l'exécution.
Le jugement précise que, la date des faits étant antérieure, les effets de l'indult accordé le 15 septembre 1997 par les Coprinces s'appliqueront une fois la décision définitive.
L'avocat du condamné interjette appel. Il sollicite la révocation de la peine de prison ferme et son remplacement par une peine de prison intégralement assortie du sursis. Il soutient que le tribunal de première instance n'a pas tiré les conséquences de l'exemption incomplète retenue. Il invoque l'évolution positive de son client, qui aurait surmonté son alcoolisme et présenterait, selon un certificat psychiatrique, une amélioration notable de son état psychique. Il fait valoir que l'incarcération, après deux mois de détention préventive, compromettrait sa réinsertion et priverait ses trois enfants de ressources.
Le ministère public conclut à la confirmation intégrale du jugement. Il souligne la gravité particulière des violences, commises en présence des enfants, et rappelle que l'article 193 du Code pénal prévoit une peine pouvant atteindre huit ans de prison.
Question de droit
La Sala Penal du Tribunal supérieur de justice d'Andorre était saisie de deux questions. La première porte sur la proportionnalité de la peine de prison ferme au regard de l'exemption incomplète de trouble mental transitoire, dont l'incidence sur la culpabilité n'est pas contestée. La seconde concerne la faculté d'aménager l'exécution de la peine, en fractionnant la partie ferme et la partie assortie du sursis, afin de concilier la répression des violences conjugales avec les perspectives de réinsertion du condamné.
Le considérant 1 pose le cadre de l'appréciation : les faits sont « particulièrement graves », s'agissant de violences exercées sur l'épouse du prévenu, en présence des enfants, et ayant causé des lésions corporelles importantes (fracture de la clavicule droite, perforation tympanique). Ces éléments justifient, selon la Cour, le prononcé d'une peine de prison ferme.
Le considérant 2 intègre cependant l'état psychologique du prévenu. Celui-ci présentait, au moment des faits, un trouble d'anxiété généralisée compensé par une consommation abusive d'alcool, et avait consommé des boissons alcoolisées la nuit même des faits. C'est cet état qui avait conduit le Tribunal de Corts à retenir l'atténuation.
Le considérant 3 fonde l'aménagement de la peine sur deux éléments : un certificat psychiatrique du 20 mai 1999 attestant que le condamné suit un traitement destiné à améliorer son état psychique et à combattre son alcoolisme, et la volonté de réinsertion manifestée par le prévenu. La Cour retient que, pour tenir compte de cette volonté et s'assurer de sa réalité, il convient de subordonner à la poursuite d'un traitement médical et à l'indemnisation de la victime l'exécution d'une partie de la peine.
Solution et dispositif
La
Sentència
Sentència 15-99 DE 22 DE JULIOL DE 1999
ANTECEDENTS DE FET
RESULTANT: que el Tribunal de Corts va dictar sentència en data 20 de gener de 1999 en la causa núm. 58- 3/97, amb la següent part dispositiva: "FALLEM: que hem de condemnar i condemnem a l'acusat Caro com a responsable penalment, en concepte d'autor, d'un delicte major de lesions doloses, amb la concurrència de la circumstància atenuant en relació a l'eximent incompleta de trastorn mental transitori, a la pena de UN ANY I TRES MESOS DE PRESÓ FERMA, i al pagament de les despeses processals causades. I com a responsable civil el condemnem a indemnitzar a la Sra. Espada en la quantitat que es fixi en període d'execució de sentència, a abonar-li des d'ara, en concepte de provisió de fons, la quantitat de dues centes mil pessetes, i a abonar a la Caixa Andorrana de Seguretat Social la quantitat de 514.712 pessetes, així com la quantitat que es fixi en període d'execució de sentència pel que fa a les despeses futures amb motiu del tractament mèdic i/o quirúrgic tributari per a la definitiva consolidació de la pèrdua de l'audició que pateix la perjudicada.
Atesa la data del delicte objecte d'aquest sumari, un cop ferma aquesta sentència s'aplicaran els beneficis de l'Indult atorgat en data 15 de setembre de 1997 per SS. EE. els Coprínceps d'Andorra".
RESULTANT: que contra l'esmentada sentència interposa recurs d'apel·lació el Lletrat Galan, advocat defensor de Caro, demanant a aquesta Sala Penal revocar la sentència dictada pel Tribunal de Corts imposant la pena de presó condicional en la seva totalitat.
Sosté que, al pronunciar una pena de presó ferma de 15 mesos el Tribunal de Corts no ha vist les conseqüències de la circumstància d'eximent incompleta de trastorn mental transitori retinguda en benefici del condemnat.