I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 17/1999 (ECLI:AD:TSJADAD:1999:17)
Décision commentée : STSJAD 17/1999 (ECLI:AD:TSJADAD:1999:17) (Lire sur source officielle)
Juridiction : Tribunal supérieur de justice d'Andorre, Sala Penal (chambre pénale), siège d'Andorre-la-Vieille Date : 23 juillet 1999 | Recours : n° 4/99 | Rapporteur : Josep Lluís Vazquez Sotelo Mots-clés (descripteurs de la décision) : chèque sans provision ; éléments constitutifs de l'infraction ; remise « pour quelque motif que ce soit » ; retard de présentation du chèque ; prescription de l'action pénale ; responsabilité civile subsidiaire ; prête-nom
Faits et procédure
Le gérant d'un commerce andorran, M. Puig, a émis, le 20 octobre 1993, un chèque de 4 000 000 de pesetas tiré sur un compte bancaire, en paiement de marchandises livrées par une société barcelonaise, la société TEXSA. Présenté à l'encaissement, le chèque n'a pas été payé, faute de provision suffisante. Le titulaire formel du commerce, M. Salcedo, est présenté dans la décision comme un prête-nom.
Par sentence du 5 novembre 1998, le Tribunal de Corts a condamné M. Puig, en qualité d'auteur d'un délit majeur d'émission de chèque sans provision, à quatre mois d'emprisonnement et aux dépens. Il l'a condamné à indemniser TEXSA à hauteur de 4 000 000 de pesetas et a déclaré la responsabilité civile subsidiaire de M. Salcedo. Le jugement de première instance mentionnait l'application du décret d'indulto du 1er mars 1994.
Les deux condamnés ont interjeté appel. M. Puig soutenait que le chèque n'avait été présenté qu'un mois après son émission, que les parties avaient poursuivi leurs relations commerciales et soldé la dette, et que l'action pénale était prescrite, la plainte ayant été déposée en 1996. M. Salcedo soutenait qu'il n'avait tiré aucun bénéfice des opérations et que sa seule qualité de titulaire formel ne pouvait fonder sa responsabilité. Le ministère public a conclu au rejet des recours. TEXSA a également demandé la confirmation du jugement.
Question de droit
La chambre pénale devait trancher plusieurs questions :
- Constitution de l'infraction. Le délit prévu à l'article 249.1 du Code pénal andorran est-il caractérisé lorsque le chèque a été remis « pour quelque motif que ce soit », alors que la provision faisait défaut et que les relations commerciales ont continué entre les parties ?
- Retard de présentation. Un délai d'un mois entre l'émission et la présentation du chèque peut-il exclure la responsabilité pénale ?
- Prescription. Quel est le délai de prescription de l'action pénale applicable à ce délit ? Le requérant invoquait un délai d'un an, la juridiction retenant un
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« RESULTANT: Que en la causa de referència es va dictar pel M.I. Tribunal de Corts sentència de data 5 de novembre de 1998, que conté la següent part dispositiva: "FALLEM: que hem de condemnar i condemnem a l'acusat Puig, com a responsable penalment en el concepte d'autor d'un delicte major d'emissió de xec sense provisió de fons, sense la concurrència de circumstàncies modificatives de la responsabilitat penal, a la pena de QUATRE MESOS DE PRESÓ, i al pagament de les despeses processals causades. I com a responsable… »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 23 de juliol del 1999 - ROJ: STSJAD 17/1999 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (rejet), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« Atesa la data del delicte objecte d'aquest sumari, un cop ferma aquesta sentència s'aplicaran els beneficis de l'indult atorgat en data 1 de març de 1994 per SS.EE. Els Coprínceps d'Andorra". »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 23 juillet 1999 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
Sentència 17-99 DE 23 DE JULIOL DE 1999
ANTECEDENTS DE FET
RESULTANT: Que en la causa de referència es va dictar pel M.I. Tribunal de Corts sentència de data 5 de novembre de 1998, que conté la següent part dispositiva: "FALLEM: que hem de condemnar i condemnem a l'acusat Puig, com a responsable penalment en el concepte d'autor d'un delicte major d'emissió de xec sense provisió de fons, sense la concurrència de circumstàncies modificatives de la responsabilitat penal, a la pena de QUATRE MESOS DE PRESÓ, i al pagament de les despeses processals causades. I com a responsable civil el condemnem a abonar a TECNICAS ELECTRONICA AUXILIAR S.A (TEXSA) la quantitat de 4.000.000 de pessetes, declarant la responsabilitat civil subsidiària de Salcedo.
Atesa la data del delicte objecte d'aquest sumari, un cop ferma aquesta sentència s'aplicaran els beneficis de l'indult atorgat en data 1 de març de 1994 per SS.EE. Els Coprínceps d'Andorra".
RESULTANT: Que la precedents condemna té com a base els següents fets provats: l'acusat Puig, nascut el dia 13 de febrer de 1946, de nacionalitat espanyola i sense antecedents penals, resident al Principat, en la qualitat de gerent del negoci anomenat "JORDI 2000" d'Andorra la Vella, negoci del que n'era titular administratiu Salcedo, estengué contra el seu compte corrent núm. 41.313-8 de BANCA REIG, en data 20 d'octubre de 1993, el xec num. 7-006.001 per un import de 4.000.000 de pessetes, xec que l'acusat va lliurar a l'empresa TECNICAS ELECTRONICA AUXILIAR S.A. (TEXSA) de Barcelona en pagament de mercaderies que li foren servides i que en ser presentat al cobrament no fou pagat per manca de provisió de fons suficients en el compte de l'acusat.
RESULTANT: Que contra l'esmentada sentència van interposar recurs en Puig i en Salcedo. El recurs del Sr. Puig, reconeixent que és cert el fet de que va lliurar el xec per import de 4.000.000 de pessetes, i que va resultar impagat, al·lega que la sentència no té en compte que el xec va ser presentat al cobrament un mes després de la data del seu lliurament, per la qual cosa va ser retornat per manca de fons degut a que el negoci passava per un moment difícil, ometent també la sentència que durant aquell temps es van realitzar diversos pagaments de mercaderies adquirides, havent arribat les parts a un acord de liquidació del deute pendent entre elles, al·legant també que l'acció penal havia prescrit perquè des de la presentació del xec al cobrament fins a la reclamació va transcórrer un termini superior a un any, en concret dos anys i mig, sostenint que el delicte es va produir a finals de l'any 1994, mentre la querella es va interposar l'any 1996, per a concloure que el processat no pot ser condemnat perquè ja va satisfer l'import del xec l'any 1994 i molt menys quan l'acció penal per a perseguir el delicte ja havia prescrit. En l'acte de la vista, va insistir el recorrent en els seus raonaments així con en les manifestacions obrant en el judici oral de que entre les parts es van continuar realitzant subministres i pagaments de mercaderies "a compte de la factura", sol·licitant la revocació de la sentència i la seva lliure absolució.