STSJAD 5/2003 (Tribunal superior de justícia d'Andorra, 23 janvier 2003)
Décision commentée : STSJAD 5/2003, Tribunal superior de justícia d'Andorra, Sala Penal, 23 janvier 2003 (ECLI:AD:TSJAD:2003:5) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le requérant, M. Montenegro, de nationalité espagnole, saisit la Batllia de Guàrdia le 19 novembre 2002 d'une demande fondée sur la procédure urgente et préférente prévue à l'article 41.1 de la Constitution andorrane (CA), et sur son article 15. Il sollicitait qu'il soit ordonné, en urgence, l'autorisation de procéder à l'interception de la ligne téléphonique numéro 339246, dont il est titulaire. L'objectif affiché était de constater que son ex-épouse, Mme Hoyos, l'empêchait d'entrer en communication avec leur fille mineure, résidant à Santander, et d'exercer son droit de visite, en violation du jugement de divorce du 28 octobre 2002.
À l'appui de sa demande, le requérant invoquait ce jugement, l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme ainsi qu'un arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme du 25 février 1992, selon lequel les conversations téléphoniques entre membres d'une même famille relèvent de la notion de vie familiale et de correspondance.
Le ministère public s'opposa à la demande le 27 novembre 2002. Il soutint que les questions soulevées relevaient de la juridiction ordinaire et ne justifiaient pas l'ouverture d'une procédure urgente et préférente, en se référant à un arrêt de la Sala administrativa du Tribunal supérieur de justice du 6 juillet 1998.
Par un aute du 6 décembre 2002, le Batlle rejeta la demande en reprenant ces arguments, ainsi que la loi transitoire sur les procédures judiciaires du 21 décembre 1993, qui régit spécifiquement la procédure urgente et préférente. Le requérant interjeta appel devant la Sala Penal. Après audience (le 15 du mois courant, la date mensuelle n'étant pas précisée dans la décision), la cause fut mise en délibéré.
Question de droit
La question posée était de savoir si la procédure urgente et préférente de l'article 41.1 CA peut servir à obtenir l'autorisation judiciaire d'intercepter sa propre ligne téléphonique, afin de constituer un élément de preuve relatif au non-respect d'une décision de justice relative à un droit de visite.
Cette question en recouvre deux autres : (i) celle de l'objet de la procédure protectrice, et plus précisément celle de savoir si elle peut être mobilisée pour la violation de tout droit, y compris de nature constitutionnelle ; (ii) celle de l'articulation entre cette procédure et les voies de droit ordinaires, ainsi que la tutelle pénale.
Solution et dispositif
La Sala Penal rejette l'appel. Son raisonnement repose sur trois propositions.
Premièrement, la Cour rappelle, en se référant à son arrêt n° 01-95 du 22 février 1995, que la procédure urgente et préférente « n'est pas conçue pour réagir contre la violation de n'importe quel droit, même lorsqu'il revêt une signification constitutionnelle » (l'affaire de 1995 portait sur le droit à la juridiction).
Deuxièmement, lorsque la violation alléguée s'est produite, ou se produirait, dans le cadre d'un procès judiciaire, comme en l'espèce où il est question de l'inexécution d'une
Sentència
SENTÈNCIA 06-03 DE 23 DE GENER DE 2003
ANTECEDENTS DE FET
I.-RESULTANT: Que Montenegro, major d’edat, de nacionalitat espanyola, amb domicili a XXXX, sota la representació i defensa de la Lletrat Arnau, presentà davant la Batllia de Guàrdia en data 19 de novembre de 2002 un escrit en el que promovia el procediment Urgent i Preferent previst a l’article 41.1 , i l’article 15 de la Constitució d’Andorra sol·licitant que el Batlle acordés amb caràcter urgent autoritzar la intervenció del núm. de telèfon 339246, del que n’és titular el propi Montenegro, a fi de poder constatar que la ex esposa del sol·licitant, Hoyos, impedeix al seu ex marit establir comunicació telefònica amb la seva filla menor (darrerament residents a Santander) impedint-li també exercir el seu dret de visita, en els termes acordats en la sentència dictada en el procés judicial de divorci del citat matrimoni de data 28 d’octubre de 2002. El sol·licitant fonamentà la seva demanda en la referida sentència de divorci (que acompanyà a la demanda), així com en l’article 8è del Conveni Europeu de Drets Humans i Llibertats Fonamentals (“tota persona te dret al respecte de la seva vida privada i familiar i de la seva correspondència”) i en una sentència del TEDH de 25 de febrer de 1992 que establí que “les converses telefòniques entre membres d’una família es troben englobades en les nocions de vida familiar i correspondència de l’article 8 del Conveni”.
II.-RESULTANT: Que, rebuda la demanda, la Batllia conferí trasllat al Ministeri Fiscal, que contestà mitjançant escrit de 27 de novembre de 2002, oposant-se a la concessió de l’autorització judicial sol·licitada per a la intervenció del núm. telefònic indicat, argumentant que les qüestions en les que es fonamenta el sol·licitant pertanyen a l’àmbit jurisdiccional ordinari i per tant no són de les que justifiquen la incoació del procediment urgent i preferent al que ha acudit. En aquest sentit, el Ministeri Fiscal invoca la sentència de la Sala Administrativa d’aquest Tribunal Superior de Justícia de 6 de juliol de 1998 interessant la desestimació íntegra de la demanda formulada per resultar impertinent la via processal utilitzada.